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>> CHANSON : "Coupo Santo" / "Guihaume, Tòni, Pèire"

 

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Cette chanson est l'hymne provençal (paroles écrites par Frédéric MISTRAL en 1867 ; musique issue d'un célèbre Noël du 17ème siècle : "Guihaume, Tòni, Pèire" attribué à Nicolas SABOLY mais qui serait en fait d'un certain frère Sérapion)

Choisissez : en provençal (graphie mistralienne / graphie classique), traduction en français, ...

Pour nous écrire : >> N'hésitez pas à nous écrire si vous connaissez encore d'autres versions !


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ANALYSE proposée par Thibaut PLANTEVIN :

* LE NOËL : "Guihaume, Tòni, Pèire"

Composé par Nicolas SABOLY ou le Frère SÉPARION milieu XVIIème siècle ?, ce Noël rythmé et dynamique ...

Tempo rapide : "Courrès vite ..."


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* L'HYMNE : "Coupo Santo" (1867)

Origine :

Cette chanson est l'hymne de la Provence. Les paroles sont du célèbre prix Nobel de littérature Frédéric MISTRAL (1830-1914) et ont été écrites en 1867 (et publiées dans "L'Armana Prouvençau" l'année suivante, c'est en 1876 qu'elle sera insérée dans "Lis Isclo d'Or"). La musique est issue d'un Noël traditionnel de Nicolas SABOLY (Guihaume, Tòni, Pèire).

En remerciement de l’accueil réservé en Provence au poète catalan Victor BALAGUER, exilé politique, les félibres catalans offrirent aux félibres provençaux le 30 juillet 1867 une coupe en argent que Frédéric MISTRAL consacra par la Chanson de la Coupo, devenue depuis lors l’hymne du Félibrige et de l’ensemble des pays de langue d’oc. Ainsi, cette chanson illustre l'amitié entre Catalans et Provençaux liés par un même combat culturel quant à leurs langues. La Coupe Sainte de la chanson est la possession du Capoulié du Félibrige qui en est donc le dépositaire officiel. (Actuellement : J.MOUTET) Bref, il en existe deux : une en Provence, l'autre en Catalogne.

Historique : En 1866, les Félibres (académiciens de Provence) reçurent quelques temps à Avignon le poète catalan Victor BALAGUER, exilé pour cause politique.
Pour témoigner leur gratitude et rendre hommage aux liens étroits qui ont toujours rapproché la Catalogne et la Provence, les proches de Victor Balaguer et les Félibres catalans offrirent aux Félibres un magnifique présent.
Une coupe d'argent ciselée, symbole de l'union entre les deux pays représentant une conque de forme antique soutenue par un palmier. Debout, deux femmes au costume latin, le sein nu, figurent la Catalogne et la Provence, unies comme deux sœurs.
Au pied de chacune, il y a dans un écusson les armoiries de son pays.
Un jour du mois d'août 1867, la coupe fut remise à la fin d'un banquet qui réunissait les Félibres des deux pays à Avignon.
Pour remercier les Catalans, Frédéric MISTRAL, levant la coupe pour la première fois, la consacra en chantant LA "Coupo Santo" qu'il avait écrite pour la circonstance sur un vieil air provençal attribué à Nicolas SABOLY.
Au dernier couplet "Pèr la glòri dou terraire...", invitant les catalans à communier dans la même foi, les Provençaux se levèrent pour honorer leurs invités.
Peu à peu ce chant est devenu l'hymne de tout le Pays d'Oc.
On se lève donc seulement au dernier couplet, que l'on chante généralement après le deuxième, pour raccourcir le chant. (De même qu'il ne viendrait à personne l'idée de chanter en entier les 12 couplets de la Marseillaise lors d'une rencontre sportive...)
En principe, la Coupo Santo étant un hymne, on n'applaudit pas à la fin... Mais qui pourrait s'offusquer d'un tel témoignage d'amitié ?

Prononciation des paroles en provençal : Attention, le "O" final ne se prononce pas comme en Français. Sa prononciation est celle d'un "E" méridional, c'est à dire bien accentué !!! En bref, dites "Coupe Sante" avec l'accent de chez nous, et vous maîtriserez parfaitement le "O" final de la langue provençale...

Cette chanson est construite sur une forme rondo (ABACADA ...) Alternance du refrain et des couplets. Elle possède 7 couplets car toute sa vie Mistral a tout misé sur le chiffre 7, porte bonheur et tellement symbolique (les 7 jours de la semaine, les 7 nains, les 7 pêchés capitaux, les 7 planètes, les 7 merveilles du monde, ...)
Mistral, felibre, frederi > 7 lettres.
[Les Sept de Font-Ségugne étaient Frédéric MISTRAL, Joseph ROUMANILLE, Théodore AUBANEL, Jean BRUNET, Paul GIERA, Anselme MATHIEU, Alphonse TAVAN.]

Précisons : La chanson commence par un couplet et fini par le refrain. On ne chante traditionnellement que le premier, le deuxième et le dernier couplet pour que ce soit moins long. Pour le dernier couplet, il est coutume de se lever et de le chanter debout, plus lentement, avant de reprendre le tempo de départ (plus rapide) pour le dernier refrain. En principe, cette chanson étant un hymne, on n'applaudit pas à la fin... Mais si cela nous plaît et nous remue de l'intérieur, pourquoi s'en empêcher ?

PS : Notez que F.MISTRAL n'était absolument pas musicien et même particulièrement mauvais d'après les félibres de son époque. C'est pourquoi il a été obligé d'emprunter un air connu et d'y faire correspondre des paroles dessus. Ou alors l'a-t-il fait pour que les provençaux adhèrent davantage à son hymne en entendant un air célèbre déjà apprécié unanimement ?

Analyse de la mélodie :

Commence sur le temps par un intervalle de quarte qui ouvre ...

Analyse rythmique :

 

* COMPARAISON entre l'Hymne et le Noël :

À noter que le Noël n'a pas refrain ; on s'est arrangé dans l'hymne pour qu'il y ait un refrain que tout le monde reprenne en choeur.

Noël
Points communs
Hymne
  • Pas de refrain
  • Rapide
  • 6 strophes
  • XVIIè s
  • Tonalité Majeure
  • Mélodie
  • Paroles en provençal
  • Forme rondo (alternance de couplets et du refrain )
  • Tempo modéré (voir lent !)
  • 7 couplets (symbolique)
  • 1867

 

+ ANECDOTE AMUSANTE :
Il y a une remarque rigolote à propos du rythme de la mélodie, au milieu du refrain de l'hymne : Les provençaux ne sont jamais d'accord sur le rythme à faire.

En effet, certains font :
Version
1
d'autres font :
V 2
et enfin d'autres font :
V 3

Quelle est la version officielle choisie par F.MISTRAL ?
La bonne solution est bien évidemment la troisième version.
La deuxième étant bancale et en plus totalement illogique ;
et la première version n'étant pas celle écrite sur la partition officielle choisie par F.MISTRAL.

Alors pourquoi cette confusion ?
En fait, tout d'abord, il faut savoir que les 3/4 des gens qui chantent cet hymne sont souvent, comme F.MISTRAL, peu connaisseurs voire ignares en ce qui concerne la musique et ne savent donc pas lire une partition de musique.
Or rappelons que F.MISTRAL a utilisé la mélodie du célèbre noël "Guihaume, Tòni, Pèire", qui a effectivement deux noires à la place du silence suivi d'une croche pointée-double, soit le rythme suivant (correspondant à la version 3) :

Par conséquent, les gens ayant déjà entendu plusieurs fois la mélodie de ce noël sont donc tentés de faire deux noires, c'est-à-dire le bon rythme. Mais le problème est que le tempo de l'hymne est beaucoup moins rapide que celui du noël. Et que ces gens n'ont pas le réflexe du chanteur professionnel qui consiste à prendre assez d'air pour tenir tout le refrain, ou alors de respirer rapidement entre deux notes qui s'enchaînent. Et donc ils rajoutent un temps, ce qui donne une mesure à 5 temps !! (c'est-à-dire la version 2)

Ainsi, à chaque fois que l'on joue l'hymne de "La Coupo Santo", pour les musiciens accompagnateurs, c'est toujours la surprise, et pour ceux qui chantent, c'est toujours le malaise et l'engueulade ... Bref, quand on connaît l'histoire, on rigole !

 

+ Autre remarque amusante :

Comme nous l'avons dit précédemment, pour le dernier couplet, il est coutume de se lever et de le chanter debout. Je me suis donc amusé à chronométrer combien de temps mettait le public à se mettre debout (C'est important pour les musiciens car ils attendent pour enchaîner sur le dernier couplet) : entre 7 et 14 secondes !
La solution est donc de prévoir un arrangement avec une ritournelle, ou une variation, ou un changement de tonalité, ce que j'ai choisi afin de renforcer encore davantage l'aspect solennel et majestueux de l'hymne.

 

+ Voir page spéciale sur "Mistral et la Musique".


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Ecoutes comparatives de plusieurs versions de cette chanson :

Titre
Interprète
Edition Année
Ecoute
Commentaire

Coupo Santo
(1867)

Jean-Bernard PLANTEVIN Association Croupatas
1997
Version grand orchestre regroupant variété, jazz, classique et traditionnel
Patric Aura Occitania
Version : un chanteur + guitare
CD 800492 ou K9754 et CDS 800181
Jan-Nouvè MABELLY Fuzeau
1998?
Version synthétique
Plein de groupes, de chorales et autres interprètes réunis pour l'occasion sur le Vieux Port de Marseille  
Version grand orchestre symphonique (Massilia 2600)
Flotte de Toulon  
Version militaire
Corou de Berra  
  Version choeur mixte
Chorale Elzéar Genêt de Carpentras  
Version chorale
   
Version groupe folklorique (chorale + galoubets-tambourins)
La Capouliero Ensemble folklorique de Martigues
1985 ?
  Version rapide et dynamique
André CHIRON La puce musicale
Canto sempre, 2001?
  Version voix + guitare, un peu swinguée
Collégiens de la Calandrèta de Montpellier       CD Single : "Cansou de la Coupo" chantée en version reggae


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TÉLÉCHARGEMENTS PROPOSÉS :

NB : Pour télécharger certains des fichiers suivants, il vous faut un mot de passe que vous obtiendrez gratuitement en nous écrivant à : zictrad@fr.st
Partition :
Mélodie
Choeur
Galoubet
Fichier midi :
Mélodie
Complet : Noël, hymne
Play-Back

Pour en savoir plus :

+ BONUS : "La Coupo Santo" en sonnerie pour téléphone Nokia >> (tempo=160)

Refrain :
4e2 8f2 2g2 16- 2g2
4e2 8f2 2g2 16- 2g2 8-
2g2 4f2 4e2 2f2
4f2 4f2 4e2 4g2 4f2 4e2 1d2
2c2 4b1 8c2 4d2 8e2 2c2

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Et maintenant, à vous de jouer !

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