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MUSIQUE >> ANALYSE

Les chansons de villages en Provence

I) Vaucluse :
84

Le Mont-Ventoux

Autour du Ventoux
(côté sud)

Autour du Ventoux
(côté nord)

Autre

II) Drôme provençale :
26

III) Bouches-du-Rhône :
13

IV) Var :
83

V) Gard :
30

VI) Sud-Ouest :

La Provence (en général) :

+ Comptines enfantines

+ Chants religieux

Les chefs de musique des différents villages

 

Introduction :

"Chansons de village" peut signifier trois choses différentes :

  1. Des chansons issues d'un village
  2. Des chansons qui parlent d'un ou plusieurs village(s)
  3. Des chansons écrites par un auteur/compositeur de la région

Vous ne trouverez sur cette page que les 2 premiers cas.

 


0) Chansons originaires de Provence, en Général :

Voici tout d'abord un canon populaire sur le vin qui nomme plusieurs villages célèbres pour leurs crus :

"Li vendèmi / Li vendenjo / Les vendanges"

"Minervois, Jurançon, Châteauneuf-du-Pape, Beaujolais, Gigondas et Monbazillac !
Madiran, Château Laffitte, Muscadet, Saint-Émilion.
La, la la, la la, vive la vigne ; La, la la, la la, vive le vin !"

"Gigoundas, Seguret, Castèu-Nòu-dóu-Papo, Vaqueiras, Bedouin e la Crous di Pin !
Sant Jóusè, Baumo, Cairano, Mazan e Perno-li-Font.
La, la la, e planto la vigno ; La, la la, e osco lou vin !"

Canon à 3 voix "Pour les vendanges".
Canon à 3 voix "Li vendèmi".


[Remonter]

* Lou pastre dóu Ventour / Le berger du Ventoux :

- Présentation de cette chanson : Cette chanson daterait de 1794, écrite suite au massacre qui eut lieu à Bedoin (63 hommes morts, 80 maisons explosées à la poudre ainsi que le toit de l'église du village, ...) Elle fut ensuite adaptée pour la guerre de 1870, puis celle de 1914-18... C'est un peu une sorte de "Bella ciao" en Provence, un chant de lutte contre l'oppresseur, une chanson pour la liberté et pour les droits et valeurs de la République. [Collectée et reconstituée de 2007 à 2009 auprès d'Éliane REYNARD et grâce aux enregistrements de Jean MARCELLIN dit Lou Mòsi (1912-2001) par Paulin REYNARD et Thibaut PLANTEVIN].

NB :
* Origines possibles de cette chanson :
- Première Terreur (1792) : arrestation du roi et massacres de septembre.
- Seconde Terreur (1793-1794) : règlements de compte entre républicains.
- Terreur blanche (1815) : excès commis par les royalistes dans le midi de la France durant l’été qui suivit la seconde abdication de Napoléon 1er).
L'hypothèse la plus probable est la deuxième. Dans tous les cas, l'auteur de cette chanson aurait pour but de réconcilier les blancs et les rouges.
* Et qui sont les personnages cités ?
- Le tyran de la chanson pourrait être Napoléon Bonaparte ou plutôt Maximilien de ROBESPIERRE (cf. appui du fils de Louis XVI ; En mars 1794, il obtient de la Convention l'élimination des "enragés" ou hébertistes (Nom donné en 1792-1793 aux révolutionnaires extrémistes (comme J. Roux, Varlet), qui réclamaient l'égalité non seulement civile et politique mais économique et sociale, et exigeaient la taxation et la réquisition des denrées, une redistribution des fortunes en faveur des indigents, et l'expropriation au profit de l'État.))

- Paroles : Milet PICHOD (Émile).

- Musique : Fernand BURLE ?

Version originelle
(1794) :

Manuscrit n°1

Version originelle
(1870) :

Manuscrit n°2

Version corrigée
(1870, en provençal graphie mistralienne) :

Traduction en français :

REFRIN :
Célébrèn lou depart de nosti camarado
Vené vous adressa ma dernière cansoun
Jamaäi n’entendrès plus tant bello sérénado
Lou pastré dou ventour vaï quitta Mourmeiroun

COUBLET N°1 :
Dins sa cansoun nous dit fasès l’amour en brave
Vous escartas jamaï dou camin de l’amour
Rappelaas vous toujours dou tins qué calignavé
Dune jouéno beuta mainteniou si favour
Tenès ben li secret gardas vosti promesso
Juras jamaï de ren la nieü li cat soun gris
Fugès li patricot aurès força mestresses
E sarès li dieu dou païs

AU REFRIN

COUBLET N°2 :
Ei fier républicains ie digué prenès garda
Un tartuffe seunt loaïn gouverno lou païs
D’un jeuno regétoun arbouras la coucardo
Auprès di très coulour brillio la flour dé lis
Y gens fanatisa sein li crédavo
Se dédins loup aïs regnavo la terrour
Al’auro dou dangié a la testo di bravo
Vei rès lou Pastre dou Vèntour

AU REFRIN

COUBLET N°3 :
Bèn lou vérès regna la pas dins la famillio
Dé vosté dévisioun counneisséres l’autour
Ben leu vendra lou teihs qué li poulidé filla
Cercaran li garçoun par ié faire la cour
Alor li cafpélan faran la farandoulo
Li paure gitaran l’argens dou cauel
E peï las de joui partirens touti en foula
E prendren lou camin dou ciel.

AU REFRIN

COUBLET N°4 :
Quand se sépararien dégué d’une vouès forto
Unange einé lou dé nous mostro lou camin
N’entendis pas roula la vaguo qué n’emporte
E traco d’avant ieu un aveni s’en fin
D’avant li gens vendu courbas jamaï la testo
Per l’amour dou païs marchas amé fierta
En faço du tiran tant qu’un soufflo vous resto
Cridès : « VIVO LA LIBERTA »

AU REFRIN (bis)

COUBLET N°1 :
Dins sa cansoun nous dis, fasès l’amour en bravé
Vous escartas jamai dóu camin de l’ounour
Rapelas vous toujour dóu téms que calignave
D'uno jouvo béuta, outeniéu li favour
Gardas bén lou sécret, tenès vosti proumesso
Juras jamaï de rès, la nièu li cat soun gris
Fugués li patricot, aurés forço mestresso
E sarès li dieu dóu païs.

REFRIN :
Celebren lou despart de noste cambarado
Que ven vous adreissa sa darièro cansoun
Jamai n’entendrès plus tant bello serenado
Lou pastre dóu Ventour vai quita Mourmeiroun.

COUBLET N°2 :
Ben lèu, veirès regna la joio dins li famiho
De vosti decisioun, recouneirès l’autour
Ben lèu vendra lou tèms que li poulido fiho
Cercaran li garçoun par i faire l'amour
Alors li capelan faran la farandoulo
Li paure jitaran l’argènt dóu Casuel
Nautre las de jouï, parten toutis en foulo
En prenen lou camin dóu cèu.

AU REFRIN

COUBLET N°3 :
I fier republican i disès : prenés garda
Un tartufo sau mau gouverna lou païs
D’un jouve rejetoun arbouran la coucarda
Auprès di très coulour, brihoun li flour d'èlis
D’avans li gèns vendu, courbas jamai la tèsta
Pèr l’ounour dóu païs, marchas amé fierta
En faço du tiran, tant qu’un soufle vous resta
Cridas : viva la liberta !!

AU REFRIN

COUBLET N°4 :
Quand nous separaren, disié d’uno vouas forto
Un ange amé lou det, ma moustra lou camin
Mai vesès pas coula lou sagoun que m'importo
Au souveni de iéu, cridas Cèrebelin : (chavirari ?)
Sieguès fanatisa, sèns cesso, nous cridara
Sé, dedins lou païs resounié la terrour
Dins li jour de dangié à la testo di brava
Veirès lou pastre dóu Ventour

AU REFRIN (bis)

+ Il est précisé :
* Patricot : intrigue
* Casuel : revenu des ecclésiastiques

REFRIN :
Celebren lou depart de nòsti camarado
Venèn vous adreissa sa darnièro cansoun
Jamai n'entendrés plus tant belli serenado
Lou pastre dóu Ventour vai quita Mourmeiroun.

COUBLET N°1 :
Dins sa cansoun, nous dis : « Fasès l’amour en brave,
Vous escartas jamai dóu camin de l’ounour.
Rapelas-vous toujour dóu tèms que calignave ;
D'uno jouino bèuta óuteniéu si favour.
Gardas bèn lou secrèt, tenès vòsti proumesso,
Juras jamai de rèn, la niue li cat soun gris.
Fugués li patricot, aurés forçi mestresso
E sarés li diéu dóu païs."

AU REFRIN

COUBLET N°2 :
Ei (I ?) fièr republican, ié disié : « Prenès gardo !
Un tartufo saup mau gouverna (soubran gouverno) lou païs
D’un jouine rejetoun aubouran (arbouras ? erbouro ?) la coucardo,
Auprès di tres coulour briho la flour de lis ».
I gènt fanatisa sèns cesso li cridave :
« Se dedins lou païs regnavo la terrour,
À l’auro dóu dangié à la tèsto di brave,
Veirés lou Pastre dóu Ventour ».

AU REFRIN

COUBLET N°3 :
Bèn lèu, veirés regna la pas dins la famiho
De vòsti divisioun couneisserés l’autour ;
Bèn lèu vendra lou tèms que li poulídi fiho
Cercaran li garçoun pèr ié faire la cour.
Alor li capelan faran la farandoulo,
Li paure jitaran l’argènt dóu casuel (casuèu ?)
E pièi, las de jouï, partiren tóutis en foulo
E prendren lou camin dóu ciel (cèu ?).

AU REFRIN

COUBLET N°4 :
Quand se separaren, digué d’uno voues forto :
« Un ange emé lou det nous mostro lou camin ».
N’entendrés pas roula la vago (lou vagoun ?) que m’emporto
E traço davans iéu un aveni sèns fin.
Davans li gènt vendu, courbas jamai la tèsto ;
Pèr l’amour dóu païs, marchas emé fierta ;
En faço di tiran, tant qu’un soufle vous rèsto,
Cridès : « VIVO LA LIBERTA » !

AU REFRIN (bis)

REFRAIN :
Célébrons le départ de nos camarades ;
Nous venons vous adresser leur dernière chanson.
Jamais vous n'entendrez plus de tant belle sérénade,
Le berger du Ventoux va quitter Mormoiron.

COUPLET N°1 :
Dans sa chanson, il nous dit : « Faites l'amour en braves,
Ne vous écartez jamais du chemin de l’honneur.
Rappelez-vous toujours du temps où je jouais les amoureux ;
D’une jeune beauté j'obtenais les faveurs.
Gardez bien le secret, tenez vos promesses,
Ne jurez jamais de rien, la nuit, les chats sont gris.
Soyez les patriotes (ou fuyez les intrigues), vous aurez beaucoup de maîtresses
Et vous serez les dieux du pays."

AU REFRAIN

COUPLET N°2 :
Aux fiers républicains, il leur disait : « Prenez garde !
Un tartufe sait mal gouverner (supérieur gouverne) le pays ;
D’un jeune rejeton, remonte (met de la verdure à) la cocarde,
Auprès des trois couleurs, brille la fleur de lys ».
Aux gens fanatisés, sans cesse, je leur criais :
« Si dans le pays, régnait la terreur,
À l’aube du danger, à la tête des courageux,
Vous verriez le berger du Ventoux ».

AU REFRAIN

COUPLET N°3 :
Bien vite, vous verrez régner la paix dans les familles
De vos divisions, vous connaîtrez l’auteur ;
Bien vite viendra le temps où les jolies filles
Chercheront les garçons pour leur faire la cour.
Alors les prêtres feront la farandole,
Les pauvres jetteront l’argent du casuel (revenu attaché aux fonctions ecclésiastiques ou bas de laine),
Et puis, las de jouer, ils partiront en foule (nous partons tous ensemble)
Et rejoindront (nous rejoignons) le chemin du ciel.

AU REFRAIN

COUPLET N°4 :
Lorsque nous nous séparerons, vous direz d’une voix forte :
« Un ange avec le doigt nous montre le chemin ».
Vous n'entendrez pas rouler la vague (le wagon ?) qui m’emporte
Et trace devant moi un avenir sans fin.
Devant les gens vendus, ne courbez jamais la tête ;
Pour l’amour du pays, marchez avec fierté ;
En face des tyrans, tant qu’un souffle vous reste,
Criez : « VIVE LA LIBERTÉ » !

AU REFRAIN (bis)

Sources : 2 manuscrits inconnus, 3 enregistrements, 3 collectages oraux.

Lien : Phonothèque d'Aix-en-Provence : "La vie d'un berger".


[Remonter]

* Li travaiaire dóu Ventour / Les travailleurs du Ventoux :

- Présentation de cette chanson : Chaque couplet met en valeur un métier pratiqué dans le Ventoux. On retrouve également cette chanson dans la Drôme provençale. On la trouve dans l'Armana dóu Ventour publié entre 1899 et 1913, ce qui donne une date approchée pour sa création.

- Paroles : Louis CHARASSE (25/08/1868-27/10/1927) (originaire de Beaumont-du-Ventoux)
Louis CHARASSE, fils d’agriculteurs de Beaumont-du-Ventoux, devient instituteur. Nommé à Sérignan, il y rencontre Jean-Henri FABRE avec qui il se lie d’amitié. En 1899, il crée l’Armana dóu Ventour qui paraîtra pendant 15 ans. Il publie aussi un bulletin trimestriel intitulé Lou bon samenaire, qui sera l’organe de l’Escolo dóu Ventour pendant 30 ans. Il collabore à un grand nombre de revues et de journaux provençaux. Sa poésie est couronnée dans de nombreux concours. Il devient alors majoral du Félibrige en 1913. L’action de Louis CHARASSE s’inscrit complètement dans la démarche de la « respelido prouvençalo » (renouveau provençal) impulsée par Frédéric MISTRAL dans la seconde moitié du 20ème siècle.
Cette chanson décrit les différents corps de métiers évoluant dans le Ventoux : les bergers (dont témoignent encore aujourd’hui les nombreuses bergeries : « jasso »), les charbonniers, les bûcherons, les paysans et même les écoliers (clin d’œil de Louis CHARASSE instituteur !)
Anecdote : le titre « Li travaiaire », c’est-à-dire les travailleurs, emploie un mot très peu usité en provençal, utilisé ici pour sa connotation politique. N’oublions pas que l’Escolo dóu Ventour rassemble des félibres « rouges » ; pour s’en persuader, il suffit de noter la place donnée dans l’Armana dóu Ventour aux traductions en provençal de la littérature soviétique…

- Musique : Óugèni GOBELIN / Eugène GOBELIN vers 1910 [Retranscrite par M.PAUVIN puis T.PLANTEVIN]. Tempo de marche.

Version originelle :

COUBLET N°1 :
Aperamount, sus lis grands mourre,
Un tros de l'angardan l'avè.
Li loup mostron gaire lou mourre,
Tant nòsti chin fan soun dévé.

PONT / TRANSICIOUN N°1 :
(tristement) S'un galoubet nous ser de libre,
(fierement) Tout parlo o canto à noste entour ;

REFRIN (bis) :
S'aven pas trop d'escut, sian libre...
Sian li bon pastre dóu Ventour.

Version en provençal :

COUBLET N°1 : "Li pastre"
Aperamount, sus lis grand mourre,
Un tros de l'an gardan l'avé,
Li loup mostron gaire lou mourre,
Tant nòsti chin fan soun devé.
S'un galoubet nous sèr de libre,
Tout parlo e canto à noste entour ;
S'avèn pas trop d'escut, sian libre,
Sian li bon pastre dóu Ventour.

COUBLET N°2 : "Li bouscatié"
Dins li pège aut coume de tourre,
Nautre, manejan la destrau.
Escabassan li pin, li roure,
Mai que lou tron e lou mistrau.
D'enterin, l'umblo ferigoulo
Nous regalo de sa sentour.
Noste bos fai gargouia l'oulo...
Sian li bouscatié dóu Ventour.

COUBLET N°3 : "Li carbounié"
Se sian bouchard coume de Mourre,
De qu'enchau ? Avèn la santa.
Emai que la coufo se bourre,
Vai bèn, sufis. Poudèn canta.
Se vivèn d'aigo e de poulènto,
De noste carboun, la calour
Coui pamens proun causo eicelènto,
Sian li carbounié dóu Ventour.

COUBLET N°4 : "Li païsan"
La terro fau que se lavoure ;
Es à-n-acò que s'óucupan,
Acampo rèn quau fai que courre,
Nosto susour baio lou pan.
Se, pèr aro, sian la basaco,
Gouvernaren à noste tour.
Pèr tóuti, noste blad s'ensaco...
Sian li bon païsan dóu Ventour.

COUBLET N°5 : "Li escoulan"
Fau que lou cor sèmpre s'auboure
E que vuei prepare deman
Pèr que se rigue e noun se ploure,
Li Felibre an la liro en man.
À nosto Maire la Prouvènço
Van nòsti cant, sènso countour...
Aman d'amour l'Art, la jouvènço,

Sian lis Escoulan dóu Ventour.

Traduction en français :

COUBLET N°1 : "Les bergers"
Par là-haut, sur les grandes collines,
Une partie de l’année, nous gardons le troupeau,
Les loups ne montrent guère le museau,
Tant nos chiens font leur devoir.
Si un galoubet nous sert de livre,
Tout parle et chante autour de nous ;
Si nous n’avons pas trop d’argent (guère d'écus), nous sommes libres,
Nous sommes les bons bergers du Ventoux.

COUBLET N°2 : "Les bûcherons"
Dans les troncs d’arbres hauts comme des tours,
Nous, nous manions la hache.
Nous abattons les pins, les chênes,
Plus que le tonnerre et le mistral.
Pendant ce temps, l’humble thym
Nous régale de sa senteur.
Notre bois fait bouillonner la marmite…
Nous sommes les bûcherons du Ventoux.

COUBLET N°3 : "Les charbonniers"
Si nous sommes barbouillés comme des Nègres
(Si nous avons la bouche noircie comme des Maures),
Qu'importe ? Nous avons la santé.
Pourvu que le panier de charbon se remplisse
(Et même si nous en avons plein le dos),
Ça va bien, ça suffit. Nous pouvons chanter.
Si nous vivons d’eau et de polenta (pâte de farine),
De notre charbon, la chaleur
Cuit pourtant bien des choses excellentes,
Nous sommes les charbonniers du Ventoux.

COUBLET N°4 : "Les paysans"
La terre, il faut qu’elle soit labourée ;
C’est à cela que nous nous occupons,
Il ne ramasse rien celui qui ne fait que courir,
Notre sueur nous donne le pain.
Si, pour l’instant, nous sommes les souffre-douleurs,
Nous gouvernerons à notre tour.
Pour tous, notre blé se met en sac…
Nous sommes les bons paysans du Ventoux.

COUBLET N°5 : "Les écoliers / étudiants"
Il faut que le cœur toujours se lève
Et qu’aujourd’hui prépare demain
Pour que l’on rie et non que l’on pleure,
Les Félibres ont la lyre en mains.
À notre Mère la Provence
Nos chants vont sans détour…
Nous aimons d’amour l’Art, la jeunesse,
Nous sommes les écoliers du Ventoux.

Sources : Carnet de Julin CHAUVIN, extrait de L'Armana dóu Ventour, "Chansons traditionnelles de la Drôme" pages 171 à 173 (Culture et langue d'oc, 2005, ISBN : 2-9513813-4-4).


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I) Chansons originaires du Vaucluse :

* Li boudin de Bedouin / Les boudins de Bedoin :

- Présentation de cette chanson : Bedoin est un village provençal situé au pied du Mont-Ventoux, dans le Vaucluse (84). Cette chanson nous parle d'une bonne recette de cuisine ou est-ce de l'humour au second degré ?
La partition originale est dédiée "À Charloun, Loui, Pau, Ze, Bert, Drien, Jouve Milo, Clovis Babau Pannianot e tutti quanti.
Vautri, en quau disoun la tierro
Di Renegat, di tant marrid,
De luen sièu sempre vostre ami
Poudés marcha la tésto fierro...
Diguen plus ren ; boufe moun lume,
Fau pas tuia tout ço quei gras,
Vau mai badau que groussieras...
A bèn lèu, un segound voulume.
En tóuti tant que sias.
Joió santa soulas."

Mais il n'y a aucune indication de date sur la partition.

- Musique : Óugèni GOUBELIN (Eugeno GAUBELIN ?) / Eugène GOBELIN vers 1930 (Reconstitution et arrangement en 2007 : Thibaut PLANTEVIN et Paulin REYNARD). Le tempo est noté "Allegretto" et le caractère "Galòi" donc cela signifie qu'il faut chanter cette chanson de manière très rapide et avec joie.

- Paroles : Carle BOUNETTI / Charles ou Carlo BONETTI.
Remarquez les accents qui sont parfois aigus parfois graves pour un même mot (exemple : pièi / piéi) ainsi que le verbe être qui est parfois écrit sous la forme "es" et parfois sous la forme "ei" sur le même document. Enfin que le "i" de Bedouin est écrit avec un tréma afin que le chanteur fasse bien la diérèse et non une seule syllabe du son "douin".

Version originelle :

Li Boudin de Bedouïn

Version corrigée,
en provençal
graphie mistralienne :

Li Boudin de Bedouïn

Traduction en français :

Les boudins de Bedoin

COUBLET N°1 :
Dins chasque païs per la voto
Vo bèn li jour que fan riboto,
A l'auberjo coume is oustau,
Ia toujour'n plat tradiciounau.
A Caroumb es de sauciceto
A Mourmeiroun es de lapin.
Mai Bedouïn ié fai lingueto
A lou renoun di bon boudin.

REFRIN (bis) :
S'anas li boudin (Li bon boudin)
Amourous e fin (De Bedouïn)
Lèu a Bedouïn
Venes cambarado
Tant li trouvares
Agoustous e fres
Que n'en manjares
Uno sartanado.

2emé COUPLET :
Quand se coui sous la chamineio
Mescla éme la fricasseio,
Lou boudin a un tau parfum
Que de lieun n’en sentés lou fum
Aquèu que li tasto se lipo
Ia ren de meiour quand ei frés,
Det a cha det touto uno tripo
Ié passo quand sias dous o trés.

3emé COUPLET :
Per déjuna li jour de casso
Ia ren de tau qu’uno fricasso
De miejo-lieuro de boudin
D’un pan long e pechie de vin.
Piéi sé fasés uno ripaio
Que fuguè papan (papard ?) vo moussu
Oublides pas la boudinaio,
Aqueu plat passo per dessus

4eme COUPLET :
Li bon boudin es un afaire
Que tout lou mounde saup pas faire
E vejo-eici d’après ma grand
De la maniéro que se fan 
Fasés bouli en marmelado
Touto la testo deu pourquet
Piéi ié métés lis ensalado,
Lou sang, lis iòu e lou bouquet

+ (bis)
E quand tout ei lest,
Lis emboutissés
E piéi li métés
Per li faire couire
Dins un grand peiroir,
Escura de noir
Après vous li fau
Métre dins un douire

Dans les couplets, certains passages
pouvaient être parlés
mais en gardant le rythme de la mesure.

COUBLET N°1 :
Dins chasque païs pèr la voto,
O bèn li jour que fan riboto,
À l'auberjo coum'is oustau,
I'a toujour'n plat tradiciounau.
À Caroumb, es de saussisseto,
À Mourmeiroun, es de lapin.
Mai Bedouin ié fai lingueto
A lou renoum di bon boudin.

REFRIN (bis) :
S'amas li boudin (Li bon boudin)
Amourous e fin (De Bedouin)
Lèu à Bedouin
Venès cambarado ;
Tant li trouvarès
Agoustous e fres,
Que n'en manjares
Uno sartanado.

COUBLET N°2 :
Quand se coui sout la chaminèio
Mescla emé la fricassèio,
Lou boudin a un tau prefum
Que de liuen n’en sentès lou fum.
Aquéu que li tasto, se lipo
I’a rèn de meiour quand es fres,
Det à cha det tout’ uno tripo
Ié passo quand sias dous o tres.

COUBLET N°3 :
Pèr dejuna li jour de casso,
I’a rèn de tau qu’uno fricasso
De miejo-lieuro de boudin
D’un pan long e pichié de vin.
Pièi se fasès uno ripaio
Que fuguè papan (papard ?) vo moussu,
Oublidès pas la boudinaio,
Aquéu plat passo pèr dessus.

COUBLET N°4 :
Li bon boudin es un afaire
Que tout lou mounde saup pas faire.
E vej’-eici d’après ma grand
De la maniero que se fan :
Fasès bouli en marmelado
Touto la tèsto dóu pourquet
Pièi ié métès lis ensalado,
Lou sang, lis iòu e lou bouquet.

DARNIÉ REFRIN (bis) :
E quand tout ei lest,
Lis emboutissés
E pièi li metés
Pèr li faire couire
Dins un grand peiroir,
Escura de noir,
Après vous li fau
Metre dins un douire.

COUPLET N°1 :
Dans chaque pays pour la fête votive,
Ou bien les jours quand on fait ribote (excès de repas)
À l'auberge comme dans les maisons,
Il y a toujours un plat traditionnel.
À Caromb, ce sont des saucissettes,
À Mormoiron, c'est du lapin.
Mais Bedoin leur fait ombre
Car il a le renom des bons boudins.

REFRAIN (bis) :
Si vous aimez les boudins (Les bons boudins)
Désirables et fins, (De Bedoin)
Vite à Bedoin
Venez à grandes enjambées (ou Venez camarades) ;
Tellement vous les trouverez
Goûteux et frais,
Tellement que vous en mangerez
Une pleine poêlée.

COUPLET N°2 :
Quand il se cuit dans la cheminée
Mélangé avec la fricassée,
Le boudin a un tel parfum
Que de loin on en sent la fumée.
Celui qui les goûte a l’eau à la bouche
Il n’y a rien de meilleur quand c’est frais !
Petit à petit toute une tripe
Y passe quand vous êtes deux ou trois.

COUPLET N°3 :
Pour déjeuner les jours de chasse,
Il n’y a rien de tel qu’une fricasse (familier pour « fricassée »)
D’une demi-livre de boudin
D’un pain long et d’un pichet de vin.
Puis on se fait une ripaille
Qui fut bouillie pour les enfants oui monsieur,
N’oubliez pas de manger du boudin,
Ce plat passe par-dessus. (est le meilleur de tout !)

COUPLET N°4 :
Cuisiner de bons boudins est une affaire
Que tout le monde ne sait pas faire.
Et voyez ici d’après ma grand-mère
La manière dont ils se font :
Faites bouillir en marmelade
Toute la tête du porcelet
Puis mettez-lui les salades
Le sang, les œufs et le bouquet.

DERNIER REFRAIN (bis) :
Et quand tout est prêt,
Emboutissez-les ;
Et puis mettez-les,
Pour les faire cuire,
Dans un grand peiroir,
Escura de noir.
Après, il vous faut les
Mettre dans un douire.

Sources : Manuscrit original avec partition et un autre manuscrit anonyme avec seulement le texte.


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* Lou vin de Bedouin / Le vin de Bedoin :

- Présentation de cette chanson : Chanson qui rend hommage au bon vin du village de Bedoin (dans le Vaucluse, 84) fabriqué avec coeur et joie de vivre.
"Puissions-nous encore longtemps
Chanter le vin de Cros et des Crans
Comme l'ont fait nos parents !"

- Musique : Eugeno GAUBELIN / Eugène GOBELIN vers 1920 (Reconstitution et arrangement en 2008 : Thibaut PLANTEVIN et Paulin REYNARD)

- Paroles : Lois de BABALOUN / Louis de BABELON (Reconstitution en 2008 : Brigitte COUTELEN, Gilles CALAMEL et Thibaut PLANTEVIN)

Version originelle :

LO VIN DE BEDOIN

Version corrigée, en provençal, graphie mistralienne :

LOU VIN DE BEDOUIN

Traduction en français :

LE VIN DE BEDOIN

COUBLET N°1 :
Bedoin a dins son terraire
Pron de terras sabla ou gres
Onte lo cotrier 'mé l’araire
Se permenan soventei fes.
Quand dins la man tenèm lo veire
Regraciam nostei bòns reires
D’aver plantat per seis enfants
Aquelei plants de Canaan.

REFRIN :
Vin d’amor, vin de poesia
Vin dei Crans, versatz l’embrosia
Vin de Cròs, beguèm à plen tràuc
Lo vin de Bedoin ei pertot sens egau.

COUBLET N°2 :
Nòste vin dona l’alegressa
E la vigor e la santat
E lei potons e lei caressas
Es eu pereu que fai cantar.
Amics beguèm per Sant Jeròme
Que lo vin ei lo sang de l’òme
Beguèm lo pur beguèm lo ras
Eu solet, balha lo solaç

AU REFRIN

COUBLET N°3 :
Lei beus rasims de nòstei socas
Fan un vin dos coma lo meu
Que vos mete l’aiga a la boca
Mai que gatia lo cerveu.
Tamben lo vertadier beveire
Quora lo chima dins son veire
Mies qu’amé ‘queu de Casteneunòu
Bresilha coma un rossinhòu.

AU REFRIN

COUBLET N°1 :
Bedouin a dins soun terraire
Proun de terro, (de) sablo o grès,
Ounte lou coutrié 'mé l’araire
Se permenon souvènti-fes.
Quand (Gran) dins la man, tenèn lou vèire,
Regracian nòsti bon rèire
D’avé (D'agué) planta pèr sis enfant
Aquéli plant de Canaan.

REFRIN :
Vin d’amour, vin de pouësìo,
Vin di Crans, verses l’ambrousìo
Vin de Cro, beguen (bevèn) à plen trau,
Lou vin de Bedouin es pertout sens egau.

COUBLET N°2 :
Noste vin douno l’alegresso,
E la vigour e la santa
E li poutoun e li caresso,
Es éu peréu que fai canta.
Ami, beguen pèr sant-Jirome
Que lou vin es lou sang de l’ome,
Beguen-lou pur, beguen-lou ras,
Éu soulet (Au soulèu), baio lou soulas

AU REFRIN

COUBLET N°3 :
Li bèu rasin de nòsti souco
Fan un vin dous coume lou mèu
Que vous met(e) (lèu) l’aig’ à la bouco
Mai que gatiho (vous gasto) lou cervèu.
Tambèn lou vertadié bevèire,
Quouro lou chimo (Qu’aura bèn chima) dins soun vèire,
Miés qu’amé ‘quéu de Castèunòu,
Bresiho coum’un roussignòu.

AU REFRIN

COUPLET N°1 :
Bedoin a dans son terroir
Assez de terre, de sable ou de grès,
Où la charrue (sans avant-train) avec l’araire
Se promènent quelquefois.
Quand (Grain) dans la main, (nous) tenons le verre,
Remercions nos bons ancêtres
D’avoir planté pour leurs enfants
Ces plants de Canaan.

REFRAIN :
Vin d’amour, vin de poésie,
Vin des Crans (quartier de Bedoin), verse l’ambroisie
Vin de Cro (autre quartier de Bedoin), buvons à plein trou (cul sec),
Le vin de Bedoin est partout sans égal.

COUPLET N°2 :
Notre vin donne l’allégresse,
Et la vigueur et la santé,
Et les bisous et les caresses,
C'est lui aussi qui fait chanter.
Amis, buvons à saint Jérôme
Que le vin est le sang de l’homme,
Buvons-le pur, buvons-le à ras,
Lui seul (Au soleil), il (leur) donne l'ivresse (la consolation, le plaisir).

AU REFRAIN

COUPLET N°3 :
Les beaux raisins de nos souches
Font un vin doux comme le miel
Qui vous met (vite) l’eau à la bouche
Mais qui chatouille (vous use) le cerveau.
Aussi le vrai buveur,
Quand il le hûme (Qui aura bien siroté) dans son verre,
Mieux qu’avec celui de Châteauneuf-du-Pape,
Il gazouille comme un rossignol.

AU REFRAIN

Sources : Texte tapé à la machine à écrire en graphie classique. Mélodie reconstituée à partir de 3 collectages réalisés en 2008 dans le village.


[Remonter]

* Lou vin de Castèu-Nòu-dóu-Papo / Le vin de Châteauneuf-du-Pape :

- Présentation de cette chanson : Chanson qui rend hommage à l'excellentissime grand cru : le vin du village de Châteauneuf-du-Pape (dans le Vaucluse, 84) qui a fait tourner les têtes de nombreux poètes...

- Paroles : Ansèume MATHIÉU / Anselme MATHIEU dit Lou Felibre di Poutoun (21/04/1828-08/02/1895) (né à Châteauneuf-du-Pape !)
Publiées dans le recueil "La Farandole" (1862) ou dans "L'Armana prouvençau" de 1896 ?

- Musique : ?

Version originelle :

REFRIN :
Li forço, au vènt-terrau, vènon ravoio
L’aiòli douno au cor la bono imour ;
Li bello de vint an dounon l’amour ;
Lou vin de Castèu-Nòu douno la voio,
Emai lou cant, emai l’amour, emai la joio !

Traduction en français :

REFRAIN :
Le mistral ravive les forces,
L'aïoli donne au coeur la bonne humeur ;
Les belles de vingt ans donnent l'amour,
Le vin de Châteauneuf donne l'énergie (la voix),
Et le chant, et l'amour, et aussi la joie !


[Remonter]

* Li fiho de l'arroundimen / Les filles de l'arrondissement :

- Présentation de cette chanson : Chaque couplet de cette chanson fait référence aux filles de tous les villages autour du Ventoux, chacune en prend pour son grade...

- Paroles et Musique : Aimé CARLE (Reconstitution et arrangement en 2009 : Thibaut PLANTEVIN et Paulin REYNARD)

Version originelle :

LEI FIHO DE L'ARROUNDISSAMEN

Version corrigée
en graphie mistralienne :

LI FIHO DE L'AROUNDIMEN

Traduction en français :

LES FILLES DE L'ARRONDISSEMENT

COUBLET N°1 :
Lie fiho de Bedouvin
N'an pas l'air d'estre pressado,
Mai se gurnia mai de vingt
Que voudrien estr' maridado,
E li fiho de Caroun
Que penson la mémo causo,
Mostron pas si bouteu round
Perlis iu dei cacalauso.

REFRIN :
Maridas vous Bravi garcoun,
Despachas vous que sias din l'iage,
E chousissès din ma cansouns,
S'aves ideio au mariage.

COUBLET N°2 :
Se li fiho de Mounteu
Couiffon Santa Catarino,
An qu'à faire un escriteu
E lou pourta sus l'esquino ;
À Mazan n'an pas besoun,
Tré qu'un garçoun se présento,
Se méton à la raisoun,
Surtout s'adu quauqui rento.

COUBLET N°3 :
Se vouien ben m'escouta
Li bravi fiho d'Entraigo,
Que se couiffon de cousta
Se miraien dedin l'aigo ;
E li fiho d'Aubignan
Que soun pas grando de resto,
Se faren en se pignan,
Lou chignoun dessus la testo.

COUBLET N°4 :
N'ia qu'an besoun de counsen
Mai pas li fiho de Perno,
An d'iu coume lis ouceu,
N'an pas besoun de lanterno
D'autro vous fan qu'escapa,
Coumo li fiho de Vielo,
Quand voules lis arrapa,
S'esquihon coumo d'anguielo.

COUBLET N°5 :
Lei fiho de Mourmeiroun
Quand veson soun calignaire
Fan coume li passeroun
Se fourron dedins un caïre
E li fiho de Blouva,
De Flassan e de San Peïre,
De pou de n'en gis trouva,
Au countrari se fan veïre.

COUBLET N°6 :
Lei fiho de Carpentras
Soun poulido e pas trop fiero
Se voules n'en rescountra
Anas iè un jour de fiero.
A San Leydié Valleroun.
N'ia de primo e mai de grosso ;
Coumo que n'ane n'ia proun
Per pousgué faïre uno noço.

COUBLET N°7 :
Ei Paluds coumo à Crilloun,
Au Barroux coumo à Moudeno,
Fan coumo li parpaïoun
Acerca, prenon proun peno
A Loriou, à Sarrian,
De co qui ia fan la paumo
Quand veson qu'un galapian
N'en vai cerca uno à Baumo.

COUBLET N°8 :
A Mounieu e mai à Sault
Dison qu'an proun tems per faire
Per faïre lou subre-saut,
Aco lei soucìo gaïre ;
A Venasco à Malemort
Volon se metre en famiho
E ieu dise qu'an pas tort
Li garçoun soun per li fiho.

COUBLET N°9 (facultatiéu) :
Lei fiho de Verdoulié
E d'Aureu, an a l'ideio
Que soun coumo de panié
De panié senso maneio ;
A San-Christou, San Terni
Din l'espoir qu'anon li querre
Languisson qu'agnon feni
Lou famous camin de ferre.

COUBLET N°10 :
S'aves pou de vous néga,
Marida vous à la Roco
A qui se fan pas prega
Brulon tré que l'on li toco,
Ou chousisses Methamis,
Lou Beaucet Sant-Hippolyte
Ounte veirès mis amis
Que lou bonhur vous invito.

COUBLET N°1 :
Li fiho (chatouno) de Bedouin
N'an pas l'èr d'èstre pressado,
Mai segur n'i'a mai de vint
Que voudrien èstr' maridado,
E li fiho de Caroun
Que penson la memo causo,
Mostron pas si boutèu round
Pèr lis iue di cacalauso.

REFRIN :
Maridas-vous bràvi garçoun,
Despachas-vous que sias dins l'age,
E chausissès dins ma cansoun,
S'avès idèio au maridage.

COUBLET N°2 :
Se li fiho de Mountèu
Couifon santo-Catarino,
An qu'à faire un escritèu
E lou pourta sus l'esquino ;
À Mazan, n'an pas besoun,
Tre qu'un garçoun se presènto,
Se meton à la resoun,
Surtout s'adu quàuqui rènto.

COUBLET N°3 :
Se voulien bèn m'escouta
Li bràvi fiho d'Entraigo,
Que se couifon de coustat,
Se miraiènt dedins l'aigo ;
E li fiho d'Aubignan
Que soun pas grando de rèsto,
Se faran en se pignant,
Lou chignoun dessus la tèsto.

COUBLET N°4 :
N'i'a qu'an besoun de counsèu (o de counsènt ?)
Mai pas li fiho de Perno,
An d'iue coume lis aucèu,
N'an pas besoun de lanterno.
D'àutri vous fan qu'escapa,
Coumo li fiho de Vielo,
Quand voulès lis arrapa,
S'esquihon coumo d'anguielo.

COUBLET N°5 :
Li fiho de Mourmeiroun,
Quand veson soun calignaire,
Fan coume li passeroun :
Se fourron dedins un caire.
E li fiho de Blouva,
De Flassan e de Sant-Pèire,
De pòu de n'en gis trouva,
Au countràri se fan vèire.

COUBLET N°6 :
Li fiho de Carpentras
Soun poulido e pas trop fiero.
Se voulès n'en rescountra
Anas ié un jour de fiero.
À Sant-Leidié, Veleroun,
N'i'a de primo e mai de grosso ;
Coumo que n'i'ague, n'i'a proun
Pèr pousqué faire uno noço.

COUBLET N°7 :
Ei Palud coumo à Crihoun,
Au Barrous coumo à Moudeno,
Fan coume li parpaioun :
À cerca, prenon proun peno.
À Louriòu, à Sarrian,
De cop que i'a fan la paumo
Quand veson qu'un galapian
N'en vai cerca uno à Baumo.

COUBLET N°8 :
À Mounièu e mai à Saut,
Dison qu'an proun tèms pèr faire...
Pèr faire lou subre-saut ;
Acò li soucìo gaire.
À Venasco, à Malo-mort,
Volon se metre en famiho ;
E iéu dise qu'an pas tort,
Li garçoun soun pèr li fiho.

COUBLET N°9 (facultatiéu) :
Li fiho de Verdoulié
E d'Aurèu, an à l'idèio
Que soun coumo de panié,
De panié sènso manèio ;
À Sant-Cristòu, Sant-Ternit,
Dins l'espèr qu'anon li querre,
Languisson qu'agnon fini
Lou famous camin de ferre.

COUBLET N°10 :
S'avès pòu de vous nega,
Maridas-vous à la Roco ;
Aqui se fan pas prega,
Brulon tre que l'on li toco.
O chausissès Metàmis,
Lou Baucet, Sant-Ipoulite,
Ounte veirés mis ami
Que lou bonur vous invito.

COUPLET N°1 :
Les jeunes filles de Bedoin
N'ont pas l'air d’être pressées,
Mais sûr qu'il y en a plus de vingt
Qui voudraient être mariées,
Et les filles de Caromb
Qui pensent la même chose,
Ne montrent pas leurs mollets ronds
Pour les yeux des escargots.

REFRAIN :
Mariez-vous braves garçons,
Dépêchez-vous car vous êtes en âge,
Et choisissez(-en une) dans ma chanson,
Si vous avez l'idée de vous marier.

COUPLET N°2 :
Si les filles de Monteux
Mettent la coiffe de sainte-Catherine,
Elles n’ont qu’à faire un écriteau
Et le porter sur le dos ;
À Mazan, elles n’en ont pas besoin :
Dès qu’un garçon se présente,
Elles deviennent raisonnables,
Surtout s’il amène quelques rentes.

COUPLET N°3 :
Si elles voulaient bien m’écouter
Les braves filles d’Entraigues
Qui mettent leur coiffe de côté,
Elles se mireraient dans l’eau ;
Et les filles d’Aubignan
Qui ne sont pas si grandes que ça,
Se feront en se peignant,
Le chignon sur la tête.

COUPLET N°4 :
Il y en a qui ont besoin de conseils (ou de complices)
Mais pas les filles de Pernes-les-Fontaines,
Elles ont des yeux comme les oiseaux,
Elles n’ont pas besoin de lanterne.
D’autres ne font que vous échapper
Comme les filles de Villes-sur-Auzon ;
Quand vous voulez les attraper,
Elles s'esquivent (s’échappent en glissant) comme des anguilles.

COUPLET N°5 :
Les filles de Mormoiron,
Quand elles voient leur amoureux,
Elles font comme les moineaux :
Elles se fourrent dans un coin.
Et les filles de Blauvac,
De Flassan et de Saint-Pierre-de-Vassols,
De peur de n’en trouver aucun,
Au contraire elles se font voir.

COUPLET N°6 :
Les filles de Carpentras
Sont jolies et pas trop fières (hautaines).
Si vous voulez en rencontrer,
Allez-y un jour de fête.
À Saint-Léger du Ventoux, à Velleron,
Il y en a des minces (jeunes sveltes) et aussi des grosses ;
De toute façon (Peu importe combien il en aille), il y en a assez
Pour pouvoir faire une noce.

COUPLET N°7 :
Aux Paluds comme à Crillon-le-Brave,
Au Barroux comme à Modène,
Elles font comme les papillons :
À chercher, elles se fatiguent beaucoup.
À Loriol-du-Comtat, à Sarrians,
Parfois, elles ouvrent de grands yeux
Quand elles voient qu’un garnement
Va en chercher une à Beaumes-de-Venise.

COUPLET N°8 :
À Monieux et aussi à Sault,
Elles disent qu’elles ont le temps pour faire...
Pour faire le grand saut ;
Cela ne leur importe guère.
À Venasque, à Malemort-du-Comtat,
Elles veulent se mettre en famille ;
Et moi je dis qu’elles n’ont pas tort,
Les garçons sont pour les filles.

COUPLET N°9 (facultatif) :
Les filles de Verdolier
Et d’Aurel, ont à l’idée
Qu’elles sont comme des paniers,
Des paniers sans anses ;
À Saint-Christol, Saint-Trinit,
Dans l’espoir qu’on aille les chercher,
Elles ont hâte (se languissent) qu’on ait fini
Le fameux chemin de fer.

COUPLET N°10 :
Si vous avez peur de vous noyer,
Mariez-vous à la Roque-sur-Pernes (ou la Roque-Alric ou au Rocher-des-Doms en Avignon) ;
Là-bas, elles ne se font pas prier,
Elles brûlent dès que l’on les touche.
Ou choisissez Méthamis,
Le Beaucet, Saint-Hippolyte-le-Graveyron,
Où vous verrez, mes amis,
Que le bonheur vous invite !

NB : Dans cette chanson, 34 villages autour du Ventoux (côté sud) sont cités : Aubignan, Aurel, Bedoin, Blauvac, Caromb, Carpentras, Crillon-le-Brave, Entraigues, Flassan, La Roque-Alric, La Roque-sur-Pernes, Le Barroux, Le Beaucet, (Althen-)Les Paluds, Loriol-du-Comtat, Malemort-du-Comtat, Mazan, Méthamis, Modène, Monieux, Monteux, Mormoiron, Pernes-les-Fontaines, Saint-Christol, Saint-Hippolyte-le-Graveyron, Saint-Léger-du-Ventoux, Saint-Pierre-de-Vassols, Saint-Trinit, Sarrians, Sault, Velleron, Venasque, Verdolier, Villes-sur-Auzon, ...


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* La bello de Carpentras / La belle de Carpentras :

- Présentation de cette chanson : Les Carpentrassiens assis sur un banc du centre-ville regardent passer la belle... Histoire étrange, sorcellerie ou rêve...

- Paroles et Musique : P. AUBINAUD

Version originelle :

Traduction en français :

COUBLET N°1 :
S'en es parla,
S'en parlara
D'aquelo que van counta
Lou dramo afrous,
Espetaclous,
D'uno chato trop bello...

REFRIN :
Nautre que sian
De Carpentras,
Avèn de banc
Pèr s'asseta ;
Pèr s'asseta
E n'en parla
Sout li platano
À Carpentras.

COUBLET N°2 :
À tèms passa,
Dins Carpentras,
Restavo un poulit tendroun.
Fasié ploura
Tóuti li chat ;
Ié disien Anabello...

AU REFRIN

COUBLET N°3 :
Un bèu dilun
Dóu mes de Jun,
Sus lou camin de Banai,
Lou paure Jan
S'espacejant,
Rescountrè la crudèlo...

AU REFRIN

COUBLET N°4 :
D'amour blesi,
Subre-chaupi,
Fuguè tout d'uno enmasca :
Rintra au siéu,
Em'un fusiéu,
S'espetè li cervello...

AU REFRIN

COUBLET N°5 :
Tout en plourant,
La bello enfant,
Lou cor crussi de remors,
Anè prega
E suplica
Sant Gènt dins sa capello...

AU REFRIN

COUBLET N°6 :
En poudènt pas
Lou reviéuda,
Au cros de Jan s'aplantè.
S'estandeguè
E mouriguè
En plegant si parpello.

AU REFRIN

COUBLET N°7 :
Tant porto esfrai
Un tau degai
Qu'i chato de vuei dirai :
"Ges de façoun,
Digués pas noun,
E sigués pas crudèlo"...

DARNIÉ REFRIN :
Nautre que sian
De Carpentras,
Nous suffis pas
De s'asseta !
S'avèn de banc
À Carpentras,
Es subretout
Pèr caligna !

COUPLET N°1 :
Il s'en est parlé,
Il s'en parlera
De celle dont ils vont vous raconter
Le drame affreux,
Spectaculaire,
D'une jeune fille trop belle...

REFRAIN :
Nous qui sommes
De Carpentras,
Nous avons des bancs
Pour nous asseoir ;
Pour s'asseoir
Et parler
Sous les platanes
À Carpentras.

COUPLET N°2 :
Au temps passé,
Dans Carpentras,
Habitait un joli tendron (jeune fille encore tendre).
Elle faisait pleurer
Tous les jeunes hommes ;
Nous l’appelions Anabelle…

AU REFRAIN

COUPLET N°3 :
Un beau lundi
Du mois de juin,
Sur le chemin de Banai (entre Mazan et Carpentras),
Le pauvre Jean
En se promenant (s’aérant),
Rencontra la cruelle…

AU REFRAIN

COUPLET N°4 :
Transi d’amour,
Subjugué,
Ce fut tout d’une sorcellerie :
Rentré chez lui,
Avec un fusil,
Il se fit exploser la cervelle…

AU REFRAIN

COUPLET 5 :
Tout en pleurant,
La belle enfant,
Le cœur déchiré de remords,
Alla prier
Et supplier
Saint-Gens dans sa chapelle…

AU REFRAIN

COUPLET N°6 :
En ne pouvant pas
Le faire ressusciter,
À la fosse (au trou où est enterré le cercueil) de Jean, elle se tînt.
Elle s’étendit
Et mourut
En fermant ses paupières.

AU REFRAIN

COUPLET N°7 :
Tant elle porte l’effroi,
Un tel ravage
Qu’aux filles d’aujourd’hui elle dirait :
« Pas de façon,
Ne dîtes pas non,
Et ne soyez pas cruelles »…

DERNIER REFRAIN :
Nous qui sommes
De Carpentras,
Il ne nous suffit pas
De nous asseoir !
Si nous avons des bancs
À Carpentras,
C’est surtout
Pour « s’amouracher » (se bécoter, s'embrasser) !


[Remonter]

* À moun Barrous / À mon Barroux :

- Présentation de cette chanson : Ce célèbre chercheur de truffes, Marius JOUVE, adorait son village du Barroux. Il lui a rendu hommage en chanson...

- Paroles et Musique : Marius JOUVE

Version originelle :

COUBLET N°1 :
Artisto qu'amas la Prouvènço,
Adraias-vous
Vèrs lou Barrous.
Jouiau requist pèr vosto scienço,
Li gènt soun galant e leiau
Dònon soun amo
À quau lis amo,
Si cor soun pas fa d'un caiau.

COUBLET N°2 :
S'assejarés sus lis auturo
Pèr renifla
Bèn à l'aflat
Soun aire pur que vous escuro.
Aurés un pèd sus lou Ventour,
D'uno encambado
Bèn aubourado,
Veirés dóu Coumtat l'esplendour.

COUBLET N°3 :
Au bèu mitan de sa placeto,
I'a uno font
Que douno proun
D'aigo lindo aboundanto e fresco.
Ma grand i'anavo proun souvènt ;
Senso dire de mau,
Parlavo bèn un pau
De la plueio emai dóu bèu tèms.

COUBLET N°4 :
Dins si pichoto roco nuso,
Atrouvarés
De caire fres
E de bon sèti pèr la muso.
L'estiéu, subre soun vièi castèu,
Mounto la foulo
En farandoulo
Pèr èstre mai proche dóu cèu.

COUBLET N°5 :
Sis óulivié, si pin verdastre,
Vous parlaran,
Vous dounaran
L'envèjo de faire li pastre.
Aqui tout canto e tout souris,
Laissas la vilo
Jamai tranquilo,
Anas coure emé li perdris.

Traduction en français :

COUPLET N°1 :
Artistes qui aimez la Provence,
Mettez-vous en chemin
Vers le Barroux,
Joyau requis pour votre science,
Les gents sont aimables et loyaux,
Ils donnent leur âme
À qui les aime,
Leur coeur n'est pas fait d'une pierre.

COUPLET N°2 :
Vous vous assiérez sur les hauteurs
Pour respirer
Bien aux caresses du vent
Leur air pur qui vous débarrasse les bronches,
Vous aurez un pied sur le Ventoux ;
D’une enjambée
Bien levée,
Vous verrez la splendeur de la Comtat.

COUPLET N°3 :
Au beau milieu de sa petite place,
Il y a une fontaine
Qui donne à profusion
De l'eau limpide, abondante et fraîche.
Ma grand-mère y allait assez souvent ;
Sans dire de mal,
Elle parlait bien un peu
De la pluie et du beau temps.

COUPLET N°4 :
Dans ses petites roches nues,
Vous trouverez
Des endroits (caillouteux) frais
Et de bons sièges pour la muse (pour écrire de la poésie)
L’été, jusqu’à son vieux château,
Monte la foule
En farandole
Pour être plus proche du ciel.

COUPLET N°5 :
Ses oliviers, ses pins vert foncé,
Vous parleront,
Vous donneront
L'envie de devenir bergers.
Ici, tout chante et tout sourit ;
Laissez la ville,
Jamais tranquille,
Allez courir avec les perdrix.


[Remonter]

* Vivo lou Mèro dóu Crestet / Vive le Maire du Crestet :

- Présentation de cette chanson : Le Crestet est une petite commune du Vaucluse, située à côté de Vaison-la-Romaine. Cette chanson est humoristique...

- Musique : Anonyme

- Paroles : Anonyme

Version originelle :

REFRIN :
Rego dóu quiéu, casqueto à boufet
Li counscrit d'aquèst an
Soun pas d'ome, soun pas d'ome
Rego dóu quiéu, casqueto à boufet
Li counscrit d'aquèst an
Soun pas d'ome, soun d'enfant.

Traduction en français :

REFRAIN :
Raie du cul, casquette à soufflet,
Les conscrits de cette année
Ne sont pas des hommes, ne sont pas des hommes ;
Raie du cul, casquette à soufflet,
Les conscrits de cette année
Ne sont pas des hommes, ce sont des enfants.


[Remonter]

* Deux chansons en l'honneur du Marquis de Sade (02/06/1740-02/12/1814) à sa première venue en son château dans le village de Lacoste en avril 1763 :

N°1)

- Présentation de cette chanson : Chantée par 3 bergers de Lacoste pour faire honneur au Marquis (Donatien-Alphonse-François dit Louis-Aldonze-Donatien) de Sade, au moment où il descendit du carrosse accompagné, non pas de sa jeune épouse Renée-Pélagie de Montreuil, mais de sa nouvelle maîtresse Mlle de Beauvoisin (une ex-danseuse de l'opéra).

- Musique : Sur l'air de "Couci-Couça" (retrouvée grâce à Serge BEC, André GABRIEL et Thibaut PLANTEVIN).

- Paroles : Villageois de Lacoste ?

Version originelle :

COUBLET N°1 :
1 bergié :
La joua la pus entiero
Es din nouste cartié
Un Bergié
S'unis a sa Bergiero
Devines qu sarié...
2ème berger :
Hélas beleou
Es lou Beou
Bergié de nouoste troupeou

COUBLET N°2 :
Dous bergié :
O la nouvelo hurouso
Que venoun d'anounssa
Derida
Nouoste Marquis espouso
Uno jouino Beouta
Couci Couça
Veleissa
Anen lou felicita

COUBLET N°3 :
Député des bergers tenant un agneau fleuri et "enrubanté" :
Venes jouinos fillelos
Prendre par a la joua
Derida
Restarias li souletos
De vous li temoigna
Venes anen
Tous enssen
Piei apres limitaren

COUBLET N°4 :
Tous ensemble :
Bates tambours troumpetos
Din les airs resounes
Esclates
Eis aubois ei musetos
Fou que vous unissés
Anen canten
Exprimen
Lou plesi que ressenten

COUBLET N°5 :
Tous :
O Seignour trop aimable
Recebes de souves
Fach espres...
Sias tro bouon trop affable
Vian que li recebes
Ah!... qu'hounour
Que plesi
De pousque vous leis ouffri

Version provençale :

COUBLET N°1 :
1 bergié :
La joio la pus entiero
Es dins noste quartié
Un bergié
S'unis à sa bergiero
Devines qu sarié...
2ème berger :
Hélas belèu
Es lou bèu
Bergié de noste troupèu.

COUBLET N°2 :
Dous bergié :
Oh la nouvello urouso
Que venon d'anounsa
Derida
Noste Marquis espouso
Uno jouino bèuta
Couci-couça
Veleissa
Anen lou felicita.

COUBLET N°3 :
Député des bergers tenant un agneau fleuri et "enrubanté" :
Venes jouino fiheto
Prendre part à la joio
Derida
Restarias li souleto
De vous li temougna
Venes anen
Tous ensèn
Pièi après limitarèn

COUBLET N°4 :
Tous ensemble :
Batès tambour troumpeto
Dins lis èr resounes
Esclates
Is auboi i museto
Fau que vous unissés
Anen canten
Exprimen
Lou plesi que ressenten

COUBLET N°5 :
Tous :
Ô Segnour trop amable
Recebes de souves
Fa espres...
Sias trop bon trop afable
Venes que li recebes
Ah !... Qunt ounour
Que plesi
De pousque vous lis oufri

Traduction en français :

COUPLET N°1 :
1er berger :
La joie la plus entière
Est dans notre quartier :
Un berger
S'unit à sa bergère,
Devinez qui c'est...
2ème berger :
Hélas peut-être
C'est le beau
Berger de notre troupeau.

COUPLET N°2 :
Deux bergers :
Oh l'heureuse nouvelle
Qu'on vient d'annoncer
Dérida,
Notre Marquis épouse
Une jeune beauté
Couci-couça,
Les voilà,
Allons le féliciter.

COUPLET N°3 :
Député des bergers tenant un agneau fleuri et "enrubanté" :
Venez jeunes fillettes
Prendre part à la joie
Dérida.
Vous resteriez bien les seules
À ne pas la leur témoigner.
Venez allons,
Tous ensemble
Puis après nous limiterons.

COUPLET N°4 :
Tous ensemble :
Battez tambours, trompettes,
Dans les airs, résonnez,
Éclatez !
Aux hautbois et musettes,
Il faut que vous vous unissiez.
Allons chantons,
Exprimons
Le plaisir que nous ressentons.

COUPLET N°5 :
Tous :
Ô Seigneur trop aimable,
Recevez nos souhaits
Faits exprès...
Vous êtes trop bon, trop affable.
Venez pour les recevoir
Ah ! Quel honneur,
Quel plaisir
De pouvoir vous les offrir !

Puis N°2)

- Présentation de cette chanson : Suite à la chanson précédente, cette chanson fut chantée par une chorale des habitants du village de Lacoste. À la suite de cette chanson, tout le monde applaudit et rentra dans le château de Lacoste à la suite du Marquis et de Mlle de Beauvoisin aux sons des fifres et des tambourins.

- Musique : ?

- Paroles : Villageois de Lacoste ou de Mazan ?

Version originelle :

COUBLET N°1 :
Nouoste beou marquis,
Qu pourié lou creire ?
Es din lou pais
Enfin nous ven veiré

REFRIN :
Ah
Canten tous enssen
Que vive que vive
Ah
Canten tous enssen
Que vive lon tem

COUBLET N°2 :
Sias lou ben vengu
Nouoste futur mestre
Erias attendu
Tan que se pou estre

AU REFRIN

COUBLET N°3 :
De soun cher papa
Eou suivè la traço
E segur fara
Pa menti la raço

AU REFRIN

COUBLET N°4 :
Lou pere es gari
L'enfan nous l'assuro
Que double plesi
Qhurouso avanturo

REFRIN N°2 :
Ah
Canten tous enssen
Qu'aven nouosteConté
Ah
Canten tous enssen
Que se pouorto ben

COUBLET N°5 :
Disien qu'ero mouor
Erian din lalarmo
Planian nouoste sor
Verssavian de larmo

REFRIN N°3 :
May
Rejouissen nous
Reprenen leis armo
Mai
Rejouissen nous
D'un sor tan hurous

COUBLET N°6 :
Sabian que la mouor
N'esparnio perssouno
Qui n'a gis de couor
E que tou meissouno

REFRIN N°4 :
Mai
N'a paugia touca
Aquelo fripouno
Mai
N'a paugia touca
Qû la crenié pa

COUBLET N°7 :
De que pou tramblavian
Sabian plu que fairé
Semblavian denfan
Que plouroun soun païrié

REFRIN N°5 :
Ah
Nous a ben fa pou
Aquelo coumaire
Mai... sian sensso mou

COUBLET N°8 :
Qu'a lou couor counten
Fai fouosso gambado
Acourden se ben
Anen fen chamado

REFRIN N°6 :
Ah
Canten tous enssen
Que vivoun lei fado
Ah
Canten tous enssen
Vivo aquelei gen

Version provençale :

COUBLET N°1 :
Noste bèu marquis,
Qu pourié lou creire ?
Es dins lou pais,
Enfin nous ven vèire.

REFRIN :
Ah
Canten tóuti ensen
Que vive, que vive,
Ah
Canten tóuti ensen
Que vive lontèms !

COUBLET N°2 :
Sias lou ben vengu
Noste futur mestre,
Erias atendu
Tant que se pòu èstre.

AU REFRIN

COUBLET N°3 :
De soun car papa
Èu suivè la traço
E segur fara
Pas menti la raço.

AU REFRIN

COUBLET N°4 :
Lou paire es gari,
L'enfant nous l'assuro,
Que double plesi,
Qunto urouso aventuro
!

REFRIN N°2 :
Ah
Canten tóuti ensen
Qu'aven noste Comte,
Ah
Canten tóuti ensen
Que se pouorto ben.

COUBLET N°5 :
Disien qu'èro mort,
Erian dins l'alarmo,
Planian noste sort,
Versavian de larmo,

REFRIN N°3 :
Mai
Rejouissen-nous,
Reprenen lis armo,
Mai
Rejouissen-nous
D'un sort tant urous.

COUBLET N°6 :
Sabian que la mort
N'espargnio persouno,
Que n'a gis de cor
E que tout meissouno.

REFRIN N°4 :
Mai
N'a paugia touca
Aquelo fripouno,
Mai
N'a paugia touca
Qu que la crenié pas.

COUBLET N°7 :
De que pou tramblavian,
Sabian plus que faire,
Semblavian d'enfant
Que plouron soun paire.

REFRIN N°5 :
Ah
Nous a ben fa pòu
Aquelo coumaire,
Mai... sian senso mau.

COUBLET N°8 :
Qu'a lou cor counten
Fai fouosso gambado.
Acourden se ben,
Anen faire chamado.

REFRIN N°6 :
Ah
Canten tóuti ensen,
Que vivon li fado,
Ah
Canten tóuti ensen,
Vivo aquéli gènt !

Traduction en français :

COUPLET N°1 :
Notre beau marquis,
Qui pourrait le croire ?,
Est dans le pays,
Enfin il vient nous voir.

REFRAIN :
Ah
Chantons tous ensemble
Qu'il vive, qu'il vive,
Ah
Chantons tous ensemble
Qu'il vive longtemps !

COUPLET N°2 :
Vous êtes le bienvenu
Notre futur maître,
Vous étiez attendu
Autant qu'on peut l'être.

AU REFRAIN

COUPLET N°3 :
De son cher papa
Il a suivi la trace
Et pour sûr il ne fera
Pas mentir la race.

AU REFRAIN

COUPLET N°4 :
Le père est guéri,
L'enfant nous l'assure,
Quel double plaisir,
Quelle heureuse aventure !

REFRAIN N°2 :
Ah
Chantons tous ensemble
Car nous avons notre Comte,
Ah
Chantons tous ensemble
Qui se porte bien.

COUPLET N°5 :
On disait qu'il était mort,
Nous étions en larmes,
Nous plaignions notre sort,
Nous versions des larmes.

REFRAIN N°3 :
Mais
Réjouissons-nous,
Reprenons les armes,
Mais
Réjouissons-nous
D'un sort si heureux.

COUPLET N°6 :
Nous savions que la mort
N'épargne personne,
Qu'elle n'a pas de coeur
Et qu'elle moissonne tout.

REFRAIN N°4 :
Mais
Elle n'a pas osé toucher
Cette friponne,
Mais
Elle n'a pas osé toucher
Celui qui ne la craignait pas.

COUPLET N°7 :
Nous tremblions de peur,
Nous ne savions plus que faire,
Nous ressemblions à des enfants
Qui pleurent leur père.

REFRAIN N°5 :
Ah
Il nous a bien fait peur
Cette commère,
Mais... Nous sommes sans mal.

COUPLET N°8 :
Qui a le coeur content
Ne cesse de gambader.
Accordons-nous bien,
Allons faire chamade.

REFRAIN N°6 :
Ah
Chantons tous ensemble,
Que vivent les fées,
Ah
Chantons tous ensemble,
Vivent ces gents !

NB : Sade est resté enfermé 12 ans à Vincennes, Charenton puis Bastille. C'est au cours de son emprisonnement à la forteresse de Vincennes qui a duré 11 ans que le Marquis de Sade s'est piqué de vouloir apprendre le provençal. "Je ne l'ai jamais parlé en Provence qu'avec mes paysans.", écrit-il à Marie-Dorothée de Rousset (dite Milli) qui fut sa confidente épistolaire et chargée de son apprentissage de la langue au cours de l'année 1779. (Sources : Le poète Serge BEC, André BOUËR ancien propiétaire du château de Lacoste, et le 2ème tome du livre "Sade vivant" de J.J. PAUVERT Éd. Robert Laffont). (PS : bien loin de ses oeuvres sadiques).


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* "La riviera enversa" / La rivière inverse :

- Présentation des chansons : En 2005, une pièce de théâtre intitulée "La riviera inversa" fut créée et jouée par la troupe L'albatros, La Chourmo dis Afouga et le TRAC à Pernes-les-Fontaines, qui raconte l'histoire du Canal de Carpentras construit par Louis GIRAUD (14/06/1805-30/11/1883) entre 1849 et 1857. Plusieurs chansons ont été créées pour cette pièce de théâtre : "Lou chantié", "Processioun", "Lou roucas", "Courre l'aigo bello", ...

- Musique : Juin 2005, Thibaut PLANTEVIN

- Paroles : Mai 2005, Roger PASTUREL

Un exemple : "Courre l'aigo bello / Cours la belle eau"

Version originelle :

INTRODUCTION PARLÉE :
Duerbe te, Terro Coumtadino,
Pèr acuelhi l’aigo dis Aup.
Es l’age d’aur que s’encamino
Entre li ribas dóu canau…

REFRIN (CHANTÉ) :
Courre, courre l’aigo bello,
Vene, ven’ à plen canau
Emplena li canestello,
Li gourbin e li garbello,
Aigo bello, bello, bello,
Courre, courr’ à plen canau !

Traduction en français :

INTRODUCTION PARLÉE :
Ouvre-toi, Terre Comtadine,
Pour accueillir l’eau des Alpes.
C'est l’âge d’or qui s’achemine
Entre les talus du canal…

REFRAIN (CHANTÉ) :
Cours, cours la belle eau,
Viens, viens à plein canal
Remplir les mannes,
Les paniers en osier et les corbeilles,
Eau belle, belle, belle,
Cours, cours à plein canal !


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II) Chansons originaires de la Drôme provençale (26) :

* La fanfaro de Rochofourchat / La fanfare de Rochefourchat :

- Présentation de cette chanson : Rochefourchat (26340) est un minuscule village (environ 7 maisons). Officiellement, c'est la commune la moins peuplée de France (1 seul habitant au recensement de 1999) et pourtant, elle est célèbre pour sa fanfare (composée d'un baryton, un trombone, une contrebasse et 84 pistons) qui, en 1900, aurait gagné le 1er prix de France !

- Musique : Émile MAILLEFAUD (agent-voyer cantonal de la Motte-Chalancon) en 1900.

- Paroles : Émile MAILLEFAUD (Issues d'un collectage réalisé par Jean-Bernard PLANTEVIN et Jean-Louis RAMEL sur les chansons de la Drôme provençale).

Version originelle
en occitan, graphie classique :

La fanfaro de Rotchofourchat

REFRIN :
La fanfaro de Rotchofourchat
A rempourta lou prumier prix dé Franche
Leï soun lestes coumo dé tchats
A la fanfaro de Rotchefourchat.

COBLET 1 :
La fanfaro sé coumposavo
Dé quatré vinn quatré pistouns
Et quanto lou pistoun dounavo
Infouncavo Lou barytoun.

COBLET 2 :
Fayo oyir la coutrébasse
Quand dounavo dinn lou fourbi
Fajio uno tello grimacho
Qué encrenillavo lou arpions

COBLET 3 :
A Coumbovi coucouriguéroun
Rempourtèrouns leu prumier prix
A chasqué mujicien dounérouns
Quatré ou chinn pairès de perdrix

COBLET 4 :
Coumo lour mairè règalavo
Dévalérouns tous chou soun pourtau
A chascu dé zélou bélèrouns
Un caïou dè quatré quinntaou

COBLET 5 :
Quo lou douné un téou couradgé
Un Béou caïou chou lou bras
Fagguérouns lou tour dauou villadgé
In jouguin un pas redoubla.

Version originelle
en graphie mistralienne :

La fanfaro de Rochofourchat

 

Traduction en français :

La fanfare de Rochefourchat

REFRAIN :
La fanfare de Rochefourchat
A remporté le premier prix de France :
Ils sont lestes comme des chats
Dans la fanfare de Rochefourchat.

COUPLET 1 :
La fanfare se composait
De quatre vingt quatre pistons,
Et quand le trombone donnait,
Il enfonçait le baryton.

COUPLET 2 :
Il fallait entendre la contrebasse
Quand il donnait dans l’instrument,
Il faisait une telle grimace
Qu’il en fronçait les sourcils.

COUPLET 3 :
À Combevin où ils commencèrent,
Ils remportèrent le premier prix.
À chaque musicien, on donna
Quatre ou cinq paires de perdrix.

COUPLET 4 :
Comme le maire régalait,
Il descendit de chez lui.
À chaque musicien, il offrit
Un cochon de quatre quintaux (à Combovin).

COUPLET 5 :
Cela leur donna un tel courage
D’avoir le cochon sous le bras,
Qu’ils firent le tour du village
En jouant un pas redoublé.


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III) Chansons originaires des Bouches-du-Rhône (13) :

* Lou móussi / Le mousse :

- Présentation de cette chanson : S'agit-il de Frédéric Henry Napoléon Louis PELABON (né le mardi 8 février 1814 à Toulon (83)), engagé en 1828 il dans la Marine et devenu mousse à bord d'un navire de guerre, ayant participé au combat naval de Navarin, que Frédéric MISTRAL avait surnommé "lou Moussi de Navarin" ?

- Paroles et Musique : L.

Version originelle :

Traduction en français :

COUBLET N°1 :
Soun tres veissèu dedins Marsiho (bis)
Que van parti pèr Pourtugau,
Liroun fa la lireto,
Que van parti pèr Pourtugau,
Liroun fa la lira.

COUBLET N°2 :
An bèn resta sèt an sus l'aigo (bis)
Sénso pousqué terre abourda.
Liroun fa la lireto,
Sénso pousqué terre abourda.
Liroun fa la lira.

COUBLET N°3 :
Quand i'a sèt an que soun sus l'aigo (bis)
Lou pan, lou vin, tout a manca.
Liroun fa (...)

COUBLET N°4 :
An tira'Ior, la courto-paio (bis)
Quau sara lou proumié manja.
Liroun fa (...)

COUBLET N°5 :
Lou mèstre qu'a parti li paio, (bis)
Bèn la pu courto i'es resta.
Liroun fa (...)

COUBLET N°6 :
Quau sara lou tant valènt móussi (bis)
Que la vide me vòu sauva ?
Liroun fa (...)

COUBLET N°7 :
Té doune uno de mi tres fiho (bis)
Em'un veissèu subre-daura
Liroun fa (...)

COUBLET N°8 :
Bèn, sara iéu, moun capitàni (bis)
Que la vido vous vau sauva.
Liroun fa (...)

COUBLET N°9 :
Ah ! mounto, mounto, valènt móussi, (bis)
Mounto, à la poumo dóu grand mat.
Liroun fa (...)

COUBLET N°10 :
Quand lou móussi es sus li crouseto (bis)
Lou móussi s'es mes à ploura.
Liroun fa (...)

COUBLET N°11 :
Ah ! De que ploures, valènt móussi, (bis)
Veses pas quauque port de mar ?
Liroun fa (...)

COUBLET N°12 :
Noun ! vese que lou cèu e l'aigo (bis)
Emé lis erso de la mar.
Liroun fa (...)

COUBLET N°13 :
Ah ! mounto, mounto, valènt móussi, (bis)
Un pau plus aut te fau mounta.
Liroun fa (...)

COUBLET N°14 :
Quouro es esta dessus la poumo, (bis)
Lou móussi s'es mes à canta.
Liroun fa (...)

COUBLET N°15 :
Ah ! de que cantes, valènt móussi, (bis)
Veses-ti quauque port de mar ?
Liroun fa (...)

COUBLET N°16 :
Vese Touloun, vese Marsiho (bis)
Nosto-Damo de la Ciéutat.
Liroun fa (...)

COUBLET N°17 :
Vese tres jouini damisello, (bis)
Que proumenon long de la mar.
Liroun fa (...)

COUBLET N°18 :
Ah ! canto, canto, valènt móussi, (bis)
Aro as bèn proun de que canta;
Liroun fa (...)

COUBLET N°19 :
As gagna 'no poulido fiho (bis)
Em'un -veissèu subre-daura.
Liroun fa (...)

COUPLET N°1 :
Ils sont trois vaisseaux dans Marseille (bis)
Qui vont partir vers le Portugal,
Liron fa la lirete,
Qui vont partir vers le Portugal,
Liron fa la lira.

COUPLET N°2 :
Ils ont demeuré sept ans sur l’eau (bis)
Sans pouvoir amarrer,
Liron fa la lirete,
Sans pouvoir amarrer,
Liron fa la lira.

COUPLET N°3 :
Quand depuis sept ans, ils sont sur l’eau (bis)
Le pain, le vin, tout vient à manquer.
Liron fa, (…)

COUPLET N°4 :
Ils ont alors tiré à la courte paille (bis)
Qui sera le premier mangé.
Liron fa, (…)

COUPLET N°5 :
Le maître qui a préparé les pailles (bis)
A lui, la plus courte lui est restée.
Liron fa, (…)

COUPLET N°6 :
Qui sera le plus vaillant mousse (bis)
Dont  la vie me sauvera ?
Liron fa, (…)

COUPLET N°7 :
Je te donne une de mes trois filles (bis)
Avec un bateau doré
Liron fa, (…)

COUPLET N°8 :
Bien, ce sera moi, mon capitaine (bis)
Dont la vie, vous sauvera.
Liron fa, (…)

COUPLET N°9 :
Ah ! Monte, monte, vaillant mousse, (bis)
Monte à la pointe du grand mât.
Liron fa, (…)

COUPLET N°10 :
Quand le mousse est sur les croisettes (bis)
Le mousse s’est mis à pleurer.
Liron fa, (…)

COUPLET N°11 :
Ah ! Pourquoi pleures-tu, vaillant mousse, (bis)
Ne vois-tu pas quelque port de mer ?
Liron fa, (…)

COUPLET N°12 :
Non ! Je ne vois que le ciel et l’eau (bis)
Avec les vagues de la mer.
Liron fa, (…)

COUPLET N°13 :
Ah ! Monte, monte, vaillant mousse (bis)
Un peu plus haut tu dois monter.
Liron fa, (…)

COUPLET N°14 :
Quand il a été en haut du mât, (bis)
Le mousse s’est mis à chanter.
Liron fa, (…)

COUPLET N°15 :
Ah ! Que chantes-tu, vaillant mousse, (bis)
Vois-tu quelque port de mer ?
Liron fa, (…)

COUPLET N°16 :
Je vois Toulon, je vois Marseille (bis)
Notre-Dame de la Cité.
Liron fa, (…)

COUPLET N°17 :
Je vois trois jeunes demoiselles, (bis)
Qui promènent le long de la mer.
Liron fa, (…)

COUPLET N°18 :
Ah ! Chante, chante vaillant mousse, (bis)
Maintenant, cela te suffit bien de chanter ;
Liron fa, (…)

COUPLET N°19 :
Tu as gagné une charmante fille (bis)
Et un bateau doré.
Liron fa, (…)

Sources : www.site-marius-autran.com


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* La farandoulo de Tarascoun / La farandole de Tarascon :

- Présentation de cette chanson : L.

- Paroles et Musique : L.

Version originelle :

Traduction en français :

COUBLET N°1 :
L.

COUBLET N°2 :
L.

COUBLET N°3 :
L.

COUBLET N°4 :
L.

COUPLET N°1 :
L.

COUPLET N°2 :
L.

COUPLET N°3 :
L.

COUPLET N°4 :
L.

Sources : w


[Remonter]

* L / Le :

- Présentation de cette chanson : L.

- Paroles et Musique : L.

Version originelle :

Traduction en français :

COUBLET N°1 :
L.

COUBLET N°2 :
L.

COUBLET N°3 :
L.

COUBLET N°4 :
L.

COUPLET N°1 :
L.

COUPLET N°2 :
L.

COUPLET N°3 :
L.

COUPLET N°4 :
L.

Sources : w


[Remonter]

* L / L :

- Présentation de cette chanson : L.

- Paroles et Musique : L.

Version originelle :

Traduction en français :

COUBLET N°1 :
L.

COUBLET N°2 :
L.

COUBLET N°3 :
L.

COUBLET N°4 :
L.

COUPLET N°1 :
L.

COUPLET N°2 :
L.

COUPLET N°3 :
L.

COUPLET N°4 :
L.

Sources : w


[Remonter]

+ Les chansons - opérettes d'Henri ALIBERT et Vincent SCOTTO : "Adieu Venise Provençale" (1934), "À Marseille un soir" (1937), "Bonjour bonsoir, Adieu Marseille", "Cane...Cane..Canebière" (1935), "Sur le Vieux-Port", ...
+ "Ça c'est Marseille" (DRÉAN), "Marseille" (Andrée TURCY), "Marseille... Mon pays" (Tino ROSSI), "Ô Marseille" (Yvonne GEORGES), "Sur le port de Marseille" (Cora Madou), ...
+ "Entre Marseille et Toulon" (Mireille PONSARD)


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IV) Chansons originaires du Var (83) :

* Lei fiheto de Touloun / Les filles de Toulon :

- Présentation de cette chanson : Les filles de Toulon.
Remarquer le "Lei" de la Côte d'Azur.

- Paroles et Musique : Le premier couplet de cette chanson, recueilli par LETUAIRE, figure dans le recueil de Damase ARBAUD. Les autres ont été composés par le « targaire » Émile PLAN.

Version originelle :

COUBLET N°1 :
Lei fiheto de Touloun
Aimon lei cachoflo ;
Si manejon lou mentoun
Dien que n'an pas proun.
Ma tanto Nourado
Fasié la salado ;
Maridè sa fiho
'm 'un tambour major .
Lei fiheto de Touloun
Aimon lei cachoflo
Si manejon lou mentoun
Dien que n'an pas proun.

COUBLET N°2 :
Lei fiheto de Touloun
An bouano tournuro
Dóu coutet fin qu'ei taloun
An bouano façoun :
An la cambo fino,
La caviho primo,
La taio ben drecho
Un poulit mourroun.
Lei fiheto de Touloun
An bouano tournuro
D'ou coutet fin qu'ei taloun
An bouano façoun.

COUBLET N°3 :
Lei fiheto de Toulon
Soun pas lengo mudo ;
S'un galejaire lei poun,
Li tournon resoun.
Car se soun courouso
Soun gaire crentouso
E qu lei coutigo
Si n'aviso proun
Lei fiheto de Toulon
Soun pas lengo mudo ;
S'un galejaire lei poun,
Li tournon resoun.

COUBLET N°4 :
Lei fiheto de Toulon
Coumo lei cigalo,
De voulèu et de cansoun
N'an jamai soun proun.
Que lavon bugado
Touto la journado
Va bèn qu'en faucado
Fagon rejauchoun.
Lei fiheto de Toulon
Coumo lei cigalo,
De soulèu et de cansoun
N'an jamai soun proun.

COUBLET N°5 :
Lei fiheto de Toulon
Aimo bèn la danso ;
Van dansa lou rigaudoun
Emé lei garçoun.
Sei gent clignaire
An toùt per li plaire,
An bello paraulo
E l'argènt mignoun.
Lei fiheto de Toulon
Aimo bèn la danso ;
Van dansa lou rigaudoun
Emé lei garçoun.

COUBLET N°6 :
Lei fiheto de Toulon
An la renoumado
D'escoucha sènso façoun
Leissant lei cantoun.
Mai acò 's nasco
Pèr lei vièii masco
An bèn mi de gàubi
E mai de resoun.
Ei fiheto de Toulon
Degun fa la figo
Tout lusis dins sei meisoun
Meme lei cantoun.

Traduction en français :

COUPLET N°1 :
Les filles de Toulon
Aiment les artichauts :
Elles s'activent le menton
Et disent qu'elles n'en ont pas assez.
Ma tante Norade
Faisait la salade ;
Elle maria sa fille
Avec un tambour-major.
Les filles de Toulon
Aiment les artichauts
Elles s'activent le menton
Et disent qu'elles n'en ont pas assez.

COUPLET N°2 :
Les filles de Toulon
Ont belle allure :
De la nuque jusqu'aux talons,
Elles ont belle façon.
Elles ont la jambe fine,
La cheville alerte,
La taille bien plantée,
Un joli minois.
Les filles de Toulon
Ont belle allure :
De la nuque jusqu'aux talons,
Elles ont belle façon.

COUPLET N°3 :
Les filles de Toulon
Ont la langue bien pendue :
Si un railleur leur lance des pointes,
Elles ont la réplique vive.
Car si elles sont polies,
Elles ne sont guère timides ;
Celui qui les chatouille
L'apprend vite à ses dépens.
Les filles de Toulon
Ont la langue bien pendue :
Si un railleur leur lance des pointes,
Elles ont la réplique vive.

COUPLET N°4 :
Les filles de Toulon
Comme les cigales
De soleil et de chansons
N'ont jamais leur saoul.
Qu'elles lavent la lessive
Toute la journée
Ou bien qu'au cours d'une sortie en famille
Elles fassent un pique-nique
Les filles de Toulon
Comme les cigales
De soleil et de chansons
N'ont jamais leur saoul.

COUPLET N°5 :
Les filles de Toulon
Aiment bien la danse
Elle vont danser le rigaudon
Avec les garçons.
Leurs charmants prétendus
Ont tout pour leur plaire
Ils ont la parole aisée
Et la bourse facile
Les filles de Toulon
Aiment bien la danse
Elle vont danser le rigaudon
Avec les garçons.

COUPLET N°6 :
Les filles de Toulon
Ont la renommée
De balayer sans façon
En oubliant les coins.
Mais ce sont des mensonges
Dignes de vieilles sorcières
Elles ont bien plus de savoir faire
Et plus de raison.
Aux filles de Toulon
Personne ne fait la pige
Tout brille dans leurs maisons
... même les coins !

Sources : www.site-marius-autran.com


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* Toulon / Toulon :

- Présentation de cette chanson : Chanson de marins, chantée a cappella.

- Paroles et Musique : Chanson traditionnelle, anonyme.

Version originelle en français :

COUPLET N°1 :
Quand nous partîmes de Toulon
pour faire la pêche au poisson
nous étions notre équipage
dix-sept jeunes matelots
qui ne craignaient point l'orage
la mer ces terribles flots.

COUPLET N°2 :
Nous n 'étions pas montés à bord
que nous pensions tous à la mort
embrassant nos bonnes amies
que nous aimions si tendrement
notre pauvre coeur qui soupire
leur dit adieu en pleurant.

COUPLET N°3 (facultatif) :
Les ayant toutes embrassées
elles se mirent toutes à pleurer
fallait avoir bien du courage
mais nous étions bien forcés
car notre doux langage
n'a pas pu les consoler.

COUPLET N°4 :
Le Capitaine qui pleurait
parlait à sa bien-aimée :
"Oh ma mie ma douce amie
implore le dieu d'amour
qu'il nous conserve la vie
nous ramène auprès de vous !".

COUPLET N°5 :
Nous n'avions pas fait 600 lieues
qu'entre la mer et les cieux
on entend gronder le tonnerre
tout le ciel est en clarté :
"Matelots que faut-il faire
voilà notre bateau percé !".

COUPLET N°6 :
Voilà toutes nos voiles perdues
et notre grand mât rompu
matelots prenons courage
forçons notre bâtiment
voilà la mer qui abonde
vite à la pompe il faut pomper !

COUPLET N°7 :
Celui qui faisait son quart
ne pouvait plus tenir la barre
il dit à son capitaine
attachez-moi sous les bras
ah voyez quelle tristesse
j'ai souffert mille combats !

COUPLET N°8 :
Celui qui nous a sauvés
c'est un capitaine anglais
navigant sur La Rochelle
faisant sonner carillon
la tempête nous ramène
tout droit au port de Toulon.

Sources : http://babord.amures.info


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+ Les chansons - opérettes d'Henri ALIBERT et Vincent SCOTTO : "À Toulon" (1933), ...


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V) Chansons originaires du Gard (30) :

* Filheto d'Aramoun / Les petites filles d'Aramon :

- Paroles et Musique : Paroulo de Rameye et Salles maistre d’escolo

- Interprètes : Pépin, Bobècho, Rouvious, Maxi, Bruneù.

- Présentation de cette chanson : Chanson créée en 1905 ou 1906, à Aramon (dans le Gard, 30), dans les ateliers de vergan.

Version originelle :

PROUMIÉ COUPLET :
Sian cinq o sièis, amatou de musico
Voulèn canta li beutà d’Aramoun
D’abord soun pount, si pilo magnifico
Si paisagé et soun Rose proufoun
Si belle filho à la grâço divino
Que fan brilla li festo de l’endré.
Voulèn la nieu quan la luno s’esbigno
Voulèn canta nosti beù révié.

REFRIN :
Filhetto, filhetto venés entendre la casoun
Que cantoun, que cantoun li joious d’Aramoun


SEGOUND COUPLET :
Avén enfin sallo de conférènço
Qu’es éclairado à l’électricità
Coumençavian a perdro un paù patienço
Maï en fini par i arriva.
Aqui, entendrèn li ouratour célébri
Que diran pas rèn que de vérità,
Nous parloun bèn maï couneissoun d’algèbre
Aissi finissoun toujou par nous troupa.

AU REFRIN

TRESEN COUPLET :
Aqueù couplet a vous filho s’adreisse
Reino d’amour, de graço et de beùtà
Sias lou bouqué de touti nosti festo
Que rehaussa, que fasès bèn brilla
Vous admirèn quan en grando toiletto
Anas au bal, i aréno, pertout
Mesfias vous ô, gentilho filhetto
Di amourous que vous cercoun toujou

AU REFRIN

Version corrigée,
en graphie mistralienne :

COUBLET N°1 :
Sian cinq o sièis amatour de musico ;
Voulèn canta li beutà d’Aramoun
D’abord soun pont, si pilo magnifico,
Si païsage e soun Rose proufoun,
Si bello fiho à la gràço divino
Que fan briha li fèsto de l’endré.
Voulèn la niue, quand la luno s’esbigno,
Voulèn canta nòsti bèu revihet

REFRIN :
Fiheto, fiheto venés entendre la cansoun
Que canton, que canton li joious d’Aramoun.


COUBLET N°2 :
Avèn enfin sallo de conferènço
Qu’es eclairado à l’electricità,
Coumençavian à perdro un pau patienço
Mai en fini par i arriva.
Aqui, entendrèn lis ouratour celèbri
Que diran pas rèn que de verità,
Nous parlon bèn mai couneisson d’algèbre,
Aissi finisson toujour pèr nous troupa.

AU REFRIN

COUBLET N°3 :
Aquéu coublet à vous fiho s’adreisse,
Reino d’amour, de gràço et de bèuta,
Sias lou bouqué de tóuti nòsti fèsto
Que rehaussa, que fasès bèn briha.
Vous admirèn quand en grando toiletto
Anas au bal, is aréno, pertout.
Mesfias-vous, ô gentiho fiheto,
Dis amourous que vous cercon toujour.

AU REFRIN

Traduction en français :

COUPLET N°1 :
Nous sommes cinq ou six amateurs de musique ;
Nous voulons chanter les beautés d'Aramon.
D'abord son pont, ses magnifiques,
Ses paysages et son Rhône profond,
Ses belles filles à la grâce divine
Qui font briller la fête de l'endroit.
Nous voulons la nuit, quand la lune décampe,
Nous voulons chanter nos belles sérénades.

REFRAIN :
Fillettes, fillettes, venez entendre la chanson
Que chantent, que chantent les joyeux d'Aramon.

COUPLET N°2 :
A

AU REFRAIN


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VI) Chansons originaires du Sud-Ouest :

* La Dagtenco / L'Agathoise :

- Paroles et Musique : C'est au Docteur Jean BEDOS, Maire d'Agde de 1900 à 1919 et poète reconnu que l'on doit le texte de "La Dagtenco" qui deviendra rapidement l'hymne de tous les Agathois.
Barthélémy RIGAL musicien de talent a signé la musique sur l'air entraînant d'une mélodie légère et si riche en tonalité.

- Présentation de cette chanson : Hymne du Cap d'Agde. C'est ce même hymne que l'on chante encore aujourdhui lors des fêtes locales à l'occasion des fêtes de la Mer, du Vin nouveau ou encore lors des traditionnels tournois de Joutes.

Version originelle :

REFRIN :
Fiéro Citat
Ô ma vielho vilo d'Agté
Vole canta
Et toun sarret, e toun clouquié ! e ta beùtat
Maï siagues nègro, ieù de t'aïme me flatte
Ô ma vilo, o moun Agté !
Reino de Mar de tout' antiquitat


PROUMIÉ COUPLET :
S.

AU REFRIN

SEGOUND COUPLET :
Aa.

Prumiè Couplet
Quand ven lou tems loù pus bel de l'annado
En Agoust, en Agoust avant lou vi nouvel
Quand sur l' Eraù et sus la promenado
Lou festenaù brounzino aù grand sourel,
Lou traval très jours s'arresto
E cadun dins soun cantou
Fo couri la joio de la festo
Tout en cantent caùquo belo cansou
( Ai Refrin )

Segound Couplet
Quand per sarra ou per carga la velo
Tout courent, tout courent lou moussi monto d'haùt,
Quand la mar lindo après la pesco belo
Permet à l'home un moument de repaù,
Su'l bateù que s'encamino
Lou marin quitto Brescou
Per gagna lou plan de la marino
Tout en cantentcaùquo belo cansou
( Ai Refrin )

Troisièmé Couplet
Et quand besen, Agatenco poulido
Toun sarret, toun sarret dentelo de laùié
Se rappelan daù tems qu'à la cùlido
I Abio lou blat, la vigno et l'oulivié.
S'aben pas tant bel recaté
Restaren fiers de l'ounou
De garda toun noum o vilo d'Agté
Tout en cantent nostro belo cansou
( Ai Refrin )

Traduction en français :

REFRAIN :
Fière Cité
Ô ma vieille Ville d'Agde
Je veux chanter
Et ton sarret ! et ton clocher ! et ta beauté
Bien que tu sois noire, de t'aimer je me flatte
Ô ma ville ! Ô mon Agde
Reine de mer dans toute l'Antiquité.

COUPLET N°1 :
Quand vient le temps le plus beau de l'année
En Août, en août, avant le vin nouveau
Quand sur l'Hérault et sur la promenade
La fête bourdonne au grand soleil
Le travail trois jours s'arrête
Et chacun dans son petit coin
Fait courir la joie de la fête
Tout en chanson quelque belle chanson.

AU REFRAIN

COUPLET N°2 :
Quand pour serre ou pour carguer la voile
En courant, en courant, le mousse grimpe là-haut
Quand la mer limpide après la pêche belle
Permet à l'homme un moment de repos
Sur le bateau qui s'achemine
Le marin quitte Brescou
Pour gagner le plan de la Marine
Tout en chantant quelque belle chanson 

AU REFRAIN

COUPLET N°3 :
Et quand nous voyons Agathoise jolie,
Ton sarret, ton sarret dentelle de laurier
Nous nous rappelons le temps ou la cueillette
Nous offrait le blé, la vigne et l'olivier
Si nous n'avons pas si belle richesse
Nous resterons fiers de l'honneur
De garder ton nom Ô ville d'Agde
Tout en chantant notre belle chanson.

AU REFRAIN

 

Et pour compliquer un peu l'affaire,
il est a noter que dans le Languedocien parlé en Agde,
le « v » se prononce « b »;
le « r » se prononce « d ».
Exemple : « vilo » se dit « bilo;
« marin » se dit « madin »;
« restaren « se dit « restaden »

Sources : www herault-tribune.com


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Les chefs de musique des différents villages

Au début du 20ème siècle, chaque village possédait un petit orchestre.


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Bibliographie :

Liens :

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© PLANTEVIN.