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MUSIQUE >> ANALYSE

Frédéric MISTRAL et la Musique

 

Introduction
Mistral grandit en chansons
Pourquoi s'intéresser aux chansons de MISTRAL
Faire chanter Mistral
Prix Nobel de littérature


Analyse de quelques unes de ses chansons



Les chansons des autres Félibres


Création de Thibaut PLANTEVIN à l'occasion du centenaire du Prix Nobel de F. MISTRAL : "Coupo de Mistral"
Discographie
Bibliographie
Liens

 

Frédéric MISTRAL (08/07/1830-25/03/1914) n'était pas musicien. (On dit même qu'il chantait faux.) On en a pour preuves ses nombreuses correspondances avec des félibres de son époque, ses amis (Par exemple, il nomme le galoubet "Le tambourin à bémol"), et également le fait qu'il ne fasse pas lui-même le travail de recherche sur le galoubet-tambourin pour lequel il a sollicité François VIDAL, ...

Néanmoins, on dit qu'il avait une belle voix : “chaude et musicale”, et plus tard “parfois lointaine, mystérieuse et voilée” (comme l'affirme Claude D'ESPLAS).
En outre, il a surtout su s'entourer de gens efficaces capables de le renseigner, de le conseiller et de remplir le rôle de témoin musical. Ainsi, il a toujours contribué à faire perdurer la musique traditionnelle provençale, conscient de l'évidente importance de la musique et des instruments traditionnels comme symbole de la Provence, au même titre que la langue, les costumes, ... Or quoi de plus symbolique que le flûtet-tambourin pour représenter au mieux l'image de l'ancien Comté et même l'ensemble du terroir du Piémont (Flûtet) à la Catalogne (Xistu).
Ainsi, en 1854, le mouvement félibréen, à l'instar de Frédéric MISTRAL, consacre le galoubet-tambourin comme symbole de l'identité provençale. De nombreuses sociétés de tambourinaires se créent, maintiennent et transmettent le répertoire, mais peu à peu avec le développement des groupes folkloriques, la pratique musicale des tambourinaires s'appauvrit et l'on parle même d'une véritable décadence. (Il faut attendre la fin du XXème siècle pour connaître un renouveau de cet instrument ...) Puis en 1862, il demande à François VIDAL d'écrire un livre sur le galoubet-tambourin. Ce qu'il achève en 1864.

En outre, F.MISTRAL a écrit plusieurs paroles de chansons (> voir plus bas) : "O Magali, La cansoun de la Coupo Santo, Lou Cant dóu Soulèu, Lou Renegat, La Cansoun dis Àvi, La Respelido, ..." (paroles qu'il adaptait à des mélodies traditionnelles pré-existantes). Et son oeuvre "Mirèio" (publiée le 02/02/1859), pour laquelle il a obtenu un prix Nobel de littérature (en 1904), a été mise en musique par le compositeur Charles GOUNOD (première représentation le 19/03/1864) dix ans après l'année de la création du Félibrige (21/05/1854).

Remarque : En outre, il faut préciser que si F.MISTRAL a été connu dans le monde littéraire parisien, c'est d'abord grâce à la chanson. En effet, Alphonse DUMAS le recommande à Alphonse de LAMARTINE (1790-1869) dans le cadre d'une enquête sur le chant populaire en Provence.

Citations :

Correspondances écrites par Frédéric MISTRAL concernant la musique :

Lettre de Frédéric MISTRAL
à Jean-Baptiste GAUT
(1819-1891)
le 28/12/1854 :

"Mon très cher ami,
Je suis ravi de (...) vous donner li dès clau dóu Felibrige, préambule à La Lèi :

  1. Lou Felibrige es lou cant en bon vers Prouvençau de tout ce que vèn à la pensado oumenenco.
  2. Un Felibre es dounc un pouèto d'élei que canto sa pensado en Lengo prouvençalo.
  3. Felibreja vou dire s'acampa, cinq o sièi Felibre, pèr tauleja galoiamen ensèn e se dire li cansoun novo que chascun pòu avé fa ; l'amigueta es dounc lou cepoun dou Felibrige.
  4. Un felibrejado es un repassoun entre Felibre em'un gai desfruti de cansoun novo.
  5. (Etc ...)"
   

 

I) POURQUOI S'INTÉRESSER aux chansons faites par Frédéric MISTRAL ou sur des textes de MISTRAL ?

a) Personne à ma connaissance ne s'en est préoccupé de façon précise et exhaustive.

b) C'est par la chanson que Frédéric MISTRAL a découvert la poésie populaire. Par les chansonnettes, berceuses ou sornettes que lui chantait sa mère "sans cesse" ou qu'il entendait autour de lui :
- veillées (cf. Mireille)
- travailleurs
- 1848 > Aix : Marche des Rois (Calendau) + Troubadours (Méjanes)

c) Intéressant de voir comment Frédéric MISTRAL a utilisé la chanson comme vecteur puissant de diffusion de ses textes et de ses idées.

d) Quelques 150 ans après leur écriture, certaines chansons sont encore présentes dans la mémoire des provençaux qui peuvent :
- les reconnaître
- les fredonner
- les chanter par coeur dans leur version intégrale

e) Ces chansons font un lien entre musique populaire et musique savante (cf. GOUNOD, ...) .


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II) OÙ TROUVE-T-ON LES CHANSONS DE F. MISTRAL ? (Bibliographie / Bibliougrafìo)

a) Dans tous les ouvrages relatifs à la chanson d'expression provençale :

b) Dans les revues félibréennes :

c) Dans les ouvrages-mêmes de F. MISTRAL : (Oeuvres classées par ordre chrononologique)

  • Mirèio / Mireille (1859) :
    • Magali
    • Baile subren
  • Calendau / Calendal (1867) :
    • ?
  • Lis Isclo d'or / Les Îles d'or (1876 puis 1889) : Recueil de poésies agencées par genre :
    • Li cansoun / Les chansons :
      • Lou Cant dóu Soulèu / Le chant du soleil
      • Lou Bastimen / Le bâtiment
      • La Cansoun de la Coupo / La Coupe Sainte
      • L'Arlatenco / L'Arlésienne
      • La Coutigo / Le chatouillement
      • Lis Enfant d'Ourfiéu / Les enfants d'Orphée
      • Li bon Prouvençau / Les bons Provençaux
    • Li roumanso / Les romances :
      • Lou Porto-Aigo / L'aqueduc
      • Lou Renegat / Le Renégat
    • Li Sirventès :
      • À la Raço Latino / À la Race Latine
    • Li cant nouviau / Les chants ruptiaux :
      • Li noço de Fèlis GRAS / Les noces de Félix GRAS
      • Li Noço de Pauloun, d'Aubanèu, de Ranquet, de moun nebout, de la felibresso Bremoundo
  • Nerto / Nerthe : 1884 puis 1910
  • La Rèino Jano / La Reine Jeanne (1890 ou 1880 ?) [avec la partition] : "Airs populaires provençaux adaptés aux cantilènes de la Reine Jeanne"
    • Lou galerian (Acte IV)
    • Romance du page (Acte II)
    • Chanson de Mélusine (Acte III)
    • Aufan de Sisteroun (Acte III)
    • Chant des rameurs (Acte IV)
    • Tumulte (Acte V)
    • Doléances (Acte V)
  • Dictionnaire "Lou Tresor dóu Felibrige / Le Trésor du félibrige" : par fascicules de 1878 à 1885, complet en 1886.
  • La genesi
  • Moun espelido. Memòri e raconte / Mes origines. Mémoires et récits (1906)
  • Lou Pouèmo dóu Rose / Le Poème du Rhône (1909)
  • Lis Óulivado / Les Olivades (1912) [avec la musique] : "Airs provençaux traditionnels, anciens, adaptés à l'oeuvre"
    • La Cansoun dis Àvi / La chanson des aïeux
    • La Respelido / La Renaissance
    • La Fèsto Vierginenco / La fête Parthénienne
    • La Crido de Biarn / La criée de Béarn
    • La Terro d'Arle / La terre d'Arles
    • Lou Cinquantenàri dóu Felibrige / Le cinquantenaire du Félibrige
    • La Cansoun dóu Païsan / La chanson du paysan
    • Inne Gregau
  • >>> Prix Nobel en 1904.

NB : Les héros amoureux chez F.MISTRAL :

  1. Mirèio e Vincènt / Mireille et Vincent (dans "Mirèio")
  2. Calendau e Esterello / Calendal et Estérelle (dans "Calendau")
  3. Nerto e Roudrigue / Nerthe et Rodrigue (dans "Nerto")
  4. L'Angloro e Guihèn / Lézard et Guilhen (dans "Lou pouèmo dóu Rose")

d) Dans les ouvrages post-mortem rendant hommage à F.MISTRAL :

e) Et sur Internet évidemment ! www.zictrad.free.fr


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+ Notons que d'autres félibres ont aussi écrit quelques jolies chansons. (>> Voir page spéciale)
> Exemples :

Frédéric MISTRAL grandit en chansons

Dès son enfance Frédéric MISTRAL est charmé par les chants provençaux que sa mère « en filant lui chantait sans cesse ». Ces chansons, complaintes ou sornettes qui bercèrent son « jeune âge d’un balancement de rêve et de poésie émue », donnèrent certainement naissance à sa vocation de poète.
A l’adolescence, le jeune Frédéric s’exercera à la versification aux côtés de J.ROUMANILLE. Dans la période bouillonnante de 1848, F.MISTRAL écrira même des hymnes républicains.
Le talent du poète se révélera précocément puisque c’est à l’âge de 28 ans qu’il présentera son oeuvre majeure "Mirèio". La qualité des oeuvres de Frédéric MISTRAL, et en particulier de ses poèmes empreints d’un lyrisme que d’aucuns ont comparé à Homère, a très rapidement donné au poète provençal une notoriété internationale sous l’impulsion notamment de Jean REBOUL, d’Alphonse DUMAS et surtout d'Alphonse de LAMARTINE (1790-1869).
La poésie versifiée, par ses rimes et ses rythmes, aspire tout naturellement à être chantée. Il ne manque plus qu’à y associer des notes de musique.


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Faire chanter Mistral

On relèvera trois façons de faire chanter les oeuvres de Frédéric MISTRAL :

1- Écrire des musiques sur des textes existants :
F.MISTRAL n’étant pas musicien, il fera quelquefois appel à des compositeurs pour mettre en musique ses chansons (NAGER pour À la Raço Latino).
La chanson est un prolongement naturel de la poésie, l’aboutissement de l’élan spontané du compositeur emporté par la beauté d’un texte. Nombreux seront les musiciens qui composeront sur les vers du poète. Il existe même plusieurs musiques pour le seul texte de À La Raço Latino. Plus récemment (1997), le groupe Tard-quand-dîne a composé des chansons sur des poèmes du recueil des Isclo d’or. Ce recueil construit comme une suite de poèmes indépendants et agencés par genres se prête tout-à-fait à la mise en partition. Puis Stefan MANGANELLI a mis en musique 4 poèmes de F.MISTRAL.

2- Écrire des textes sur des musiques existantes :
Frédéric MISTRAL a souvent écrit à partir d’airs de la tradition orale dans le but de faire connaître ses vers aux gens du peuple, souvent illettrés, de les rendre populaires comme les airs qui les supportent et ensuite de les propager en vue de les pérenniser (« car cante pèr vous, pastre e gènt di mas... »).
C'est le cas pour la plupart des chansons issues de l’oeuvre mistralienne :
- "Le chant de Magali" sur l’air de "Bonjour lou roussignòu" dans Mirèio.
- "Lou galerian" dans La Rèino Jano (1880).
- "La Coupo" et "Li noço de Felis GRAS" sur des airs empruntés aux noëlistes du 17ème siècle dans Lis isclo d’or (1876).
- "La Cansoun dis Àvi" (air populaire noté par Bordes), "La Respelido" (air populaire noté par Jacquier), "La fèsto vierginènco" (sur l’air des Toundèire d’avé), "Lou Cinquantenàri dóu Felibrige" (sur une musique de G. DURAND datée de 1603) dans Lis Oulivado (1912).
- Etc...

3- Écrire en s’inspirant de l’oeuvre originale :
La popularité de Frédéric MISTRAL et la qualité exceptionnelle de son oeuvre reconnue par les plus grands incitera les compositeurs à écrire en puisant directement leur inspiration dans les chefs-d’oeuvre.
C’est le cas de Charles GOUNOD qui crée son opéra Mireille à partir d’un livret en français de BARBIER (1862) et plus récemment de Patrice CONTE (1980) qui écrit son oratorio Mireille sur le texte original.
Aujourd'hui, le groupe Tard Quand Dine, le chanteur Stefan MANGANELLI et le duo CHEOPS ont repris des poèmes de F.MISTRAL qu'ils ont mis en musique.

NB : Liste des textes de F.MISTRAL mis en musique de son vivant : "Lou jujamen darrié" (cantico) (p51), "Miserere" à 2 voix (p94), "Pater" (p106), "Li coumandamen de la gleiso" (p115), "Li coumandamen de Diéu" (p113), "L'anouciado" (p142), "Magnificat" (p203), "Nosto Damo de la Lumiero" (p243), "Sant Sèr de Pei-Loubié" (p288)

Discographie / Discografìo :


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PRIX NOBEL de Littérature 1904 :

"En reconnaissance de l'originalité fraîche et artistique de vos poésies qui reflètent si fidèlement la nature et la vie populaire de la Provence ; l'académie regarde aussi comme un devoir de couronner vos œuvres philologiques.

Med avseende fäst å det ursprungsfriska, snillrika och sant konstnärliga i hans diktning, som troget avspeglar hans hembygds natur och folkliv, samt å hans betydelsefulla verksamhet som provençalsk filolog

In recognition of the fresh originality and true inspiration of his poetic production, which faithfully reflects the natural scenery and native spirit of his people, and, in addition, his significant work as a Provençal philologist."

       


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Analyse de quelques unes de ses plus célèbres chansons :

I) Chants populaires :

O Magali, L'Amiradou, Lou Cant dóu Soulèu, Lou Renegat, La Cansoun dis Àvi, Li noço de Fèlis GRAS, Doléances, Inne Gregau, La cansoun de Melusino, La romance du page, Tan patatan, Tumulte, ...

II) Chants félibréens :

La cansoun de la Coupo Santo, La Respelido, Le chant des félibres, Lou cinquantenàri dóu Felibrige, ...

III) Chants révolutionnaires :

Lou galerian, À la Raço latino, La fèsto vierginènco, La cansoun dóu païsan, ...

IV) Chants religieux
et noëls :

Pater, Miserere, Magnificat, Prouvençau e catouli,
L'anounciado, L'ase de sant Jousè, ...

V) Mirèio :

"Mirèio" >>> Opéra "Mireille".

 

I) Chants populaires :

* O Magali / Ô Magali :

- Présentation de cette chanson : Aubade.
Chant n°3 de son oeuvre littéraire phare nommée "Mirèio" publiée le 02/02/1859. Et la première représentation de l'opéra "Mireille" adaptation de Charles GOUNOD a eu lieu le 19/03/1864, dix ans après l'année de la création du Félibrige (le 21/05/1854).

- Musique : Air de "Bonjour lou roussignòu".
Initialement, cette chanson avait une seconde mélodie, composée par BONAVENTURE-LAURENS de Carpentras, qui ne passera pas à la postérité.

- Paroles : Frédéric MISTRAL a écrit les paroles de cette chanson vers 1855 dans son village de Maillane, inspirées du thème du texte de la chanson à métamorphoses "Margarido ma mio" que F.MISTRAL entendit chanté par un laboureur. Cette aubade de 24 strophes de 4 vers, généralement chantée en duo, est finalement présentée dans "Mirèio" en 1859.

Version originelle de Frédéric MISTRAL :
(en provençal, graphie mistralienne)

Lou drole : "O Magali, ma tant amado,
Mete la tèsto au fenestroun !
Escouto un pau aquesto aubado
De tambourin e de viouloun.

Es plen d'estello aperamount !
L'auro es toumbado ;
Mai lis estello paliran,
Quand te veiran !


La chato : Pas mai que dóu murmur di broundo
De toun aubado iéu fau cas !
Mai iéu m'envau dins la mar bloundo
Me faire anguielo de roucas.


O Magali ! se, tu te fas
Lou pèis de l'oundo.
Iéu lou pescaire me farai,
Te pescarai !


Oh ! mai, se tu te fas pescaire,
Ti vertoulet quand jitaras,
léu me farai l'aucèu voulaire,
M'envoularai dins li campas.


O Magali ! se tu te fas
L'aucèu de l'aire,
Iéu lou cassaire me farai,
Te cassarai.


I perdigau, i bouscarido,
Se vènes, tu, cala li las
Iéu me farai l'erbo flourido
E m'escoundrai dins li pradas.


O Magali ! se tu te fas
La margarido
Iéu l'aigo lindo me farai,
T'arrousarai.


Se tu te fas l'eigueto lindo,
léu me farai lou nivoulas,
E ièu m'enanarai ansindo
À l'Americo, perabas !


O Magali, se tu t'en vas
Alin is Indo.
L'auro de mar iéu me farai,
Te pourtarai !


Se tu te fas la marinado,
léu fugirai d'un autre las;
léu me farai l'escandihado
Dóu grand soulèu que found lou glas !

O Magali ! se tu te fas
La souleiado,
Lou verd limbert iéu me farai
E te béurai !

Se tu te rendes l'alabreno
Que se rescound dins lou bartas,
Iéu me rendrai la luno pleno
Que dins la niue fai lume i masc !


O Magali ! se tu te fas
Luno sereno,
léu bello nèblo me farai
T'acatarai.


Mai se la nèblo m'enmantello,
Tu, pèr acò, noun me tendras;
Iéu, bello roso vierginello
M'espandirai dins l'espinas !


O Magali ! se tu te fas
La roso bello,
Lou parpaioun iéu me farai,
Te beisarai.


Vai, calignaire, courre, courre !
Jamai, jamai m'agantaras.
léu, de la rusco d'un grand roure
Me vestirai dins lou bouscas.


O Magali ! se tu te fas
L'aubre di mourrre,
Iéu lou clot d'èurre me farai,
T'embrassarai !


Se me vos prene à la brasseto,
Rèn qu'un vièi chaine arraparas...
léu me farai blanco moungeto
Dóu mounastié dóu grand Sant Blas !


O Magali ! se tu te fas
Mounjo blanqueto,
léu, capelan, counfessarai,
E t'ausirai !


Se dóu couvènt passes li porte,
Tóuti li mounjo trouvaras,
Qu'à moun entour saran pèr orto,
Car en susàri me veiras !


O Magali ! se tu te fas
La pauro morto,
Adounc la terro me farai,
Aqui t'aurai !


Aro coumence enfin de crèire
Que noun me parles en risènt.
Vaqui moun aneloun de vèire
Pèr souvenènço, o bèu jouvènt !


O Magali, me fas de bèn !
Mai, tre te vèire,
Ve lis estello, o Magali,
Coume an pali !"

Traduction en français :

Ô Magali

Le garçon : "Ô Magali, ma tant aimée,
Mets la tête à la fenêtre ;
Écoute un peu cette sérénade
De tambourin et de violon !
Le ciel est plein d'étoiles là-haut ;
Le vent est tombé,
Mais les étoiles
En te voyant pâliront."

La fille : "- Pas plus que du murmure des branches
De ton aubade je me soucie.
Mais je m'en vais dans la mer blonde
Me faire anguille de rocher."

"Ô Magali, si tu te fais le poisson de l'onde,
Moi, pêcheur je me ferai ;
Je te pêcherai.

- Oh ! Mais si tu te fais pêcheur,
Quand tu jetteras tes filets
Je me ferai l'oiseau qui vole,
Je m'envolerai dans les landes."

"Ô Magali, si tu te fais l'oiseau de l'air,
Je me ferai, moi, le chasseur ;
Je te chasserai.

- Aux perdreaux, aux becs-fins,
Si tu viens tendre tes lacets,
Je me ferai, moi, l'herbe fleurie,
Et me cacherai dans les prés vastes."

"Ô Magali, si tu te fais la marguerite,
Je me ferai, moi, l'eau limpide ;
Je t'arroserai.

- Si tu te fais l'onde limpide,
Je me ferai, moi, le grand nuage,
Et promptement m'en irai ainsi
En Amérique, là-bas, bien loin !"

"Ô Magali, si tu t'en vas aux lointaines Indes,
Je me ferai, moi, le vent de mer ;
Je te porterai.

- Si tu te fais le vent marin,
Je fuirai d'un autre côté ;
Je me ferai l'ardeur du grand soleil
Qui fond la glace. "

"Ô Magali, si tu te fais l'ardeur du soleil,
Je me ferai, moi, le vert lézard,
Et te boirai.

- Si tu te fais la salamandre
Qui se cache sous le hallier,
Je serai, moi, la lune pleine,
Qui éclaire les sorciers la nuit."

"Ô Magali, si tu te fais lune sereine,
Je me ferai, moi, belle brume ;
Je t'envelopperai.

- Mais si la belle brume m'enveloppe,
Pour cela tu ne me tiendras pas ;
Moi, belle rose virginale,
Je m'épanouirai dans le buisson."

"Ô Magali, si tu te fais la rose belle,
Je me ferai, moi, le papillon ;
Je m'enivrerai de toi.

- Va, poursuivant, cours, cours !
Jamais, jamais tu ne m'atteindras.
Moi, de l'écorce d'un grand chêne
Je me vêtirai dans la forêt sombre."

"Ô Magali, si tu te fais l'arbre des mornes,
Je me ferai, moi, la touffe de lierre ;
Je t'embrasserai.

- Si tu veux me prendre à bras le corps,
Tu ne saisiras qu'un vieux chêne...
Je me ferai blanche nonnette
Du monastère du grand saint Blaise."

"Ô Magali, si tu te fais nonnette blanche,
Moi, prêtre, je te confesserai
Et je t'entendrai.

- Si du couvent tu passes les portes,
Tu trouveras toutes les nonnes
Autour de moi errantes,
Car en suaire tu me verras."

"Ô Magali, si tu te fais la pauvre morte,
Donc je me ferai la terre ;
Et là, je t'aurai !

Maintenant, je commence enfin de croire
Que tu ne me parles pas en riant.
Voici mon anneau de verre
En souvenir, ô beau jeune homme !

Ô Magali, tu me fais du bien ! ...
Mais, dès qu'elles t'ont vue,
Ô Magali, vois les étoiles,
Comme elles ont pâli !"

Version des scouts :

Ô Magali

1. Ô Magali, ma tant aimée,
Ecoute un peu quels doux refrains
Sous ta fenêtre encor fermée
Chantent violes et tambourins !
Viens, la grève est de romarins
Tout embaumée
Les astres vont pâlir aux cieux,
Devant tes yeux.

2. Espères-tu que je réponde ?
Non, non, j’échappe en me plongeant
Dans les flots clairs de la mer blonde,
Où je me fais poisson d’argent.
- Si tu deviens poisson nageant
Dans l’eau profonde
Je suis pêcheur ou bien rocher
Pour te pêcher.

3. Tends tes filets, je m’en console,
Car je me fais merle siffleur,
Caille ou perdrix et je m’envole
Au-dessus des halliers en fleurs !
- Ô Magali, crains l’oiseleur,
Oiseau frivole !
Je m’en irai dans les forêts,
Poser les rets.

4. Je suis la brume qui s’efface
Toute blanche au matin vermeil.
- Moi, le vent qui te fais la chasse,
Mon beau nuage au lys pareil !
- Je suis le rayon de soleil
Qui fond la glace :
- Moi, le lézard vert et moiré :
Je te boirai !

5. Je deviens dans la forêt verte
Chêne sombre au bord d’un sentier.
- Moi, le lichen dont est couverte
Ton écorce, ô mon chêne altier !
- Je serai donc sur l’églantier
Rose entr’ouverte
- Moi, papillon sur ton cœur
Mourir, ô fleur !

6. Je ne suis plus la fleur que baise
Ton aile frêle en la frôlant :
Au monastère de Saint-Blaise,
J’ai pris le voile et l’habit blanc.
- Mon amour est resté brûlant,
Bien qu’il se taise :
Je suis prieur triste et fervent
De ton couvent.

7. Viens si tu veux au monastère
Pour y trouver enfin l’oubli,
Car dans ma tombe solitaire,
Je dormirai le front pâli.
- Si pour jamais, ô Magali,
Tu dors sous terre
Je me ferai le sol sacré,
Et je t’aurai !

8. Puis-je écouter froide et sévère,
Ce que tu dis si tendrement ?
Accepte mon anneau de verre
En souvenir de ce moment.
- Ô Magali ! Quel don charmant !
Combien j’espère
Voir pâlir les astres des cieux
Devant tes yeux.

PS : On trouve aussi une variante de Leni ESCUDERO et Robert RIPA, chanteurs Marseillais. Les paroles seraient : "Magali, qu'est-ce qu'il t'a pris de t'en aller au Saintes-Maries de la Mer parce qu'un gitan t'a regardé en faisant trembler sa guitare."

NB : Il est à noter que F.MISTRAL s'est inspiré de thèmes populaires pour écrire les paroles de "Magali". Or aujourd'hui, on trouve les paroles sur au moins six autres mélodies (Aveyron, Canada, ...), dues au succès de cette chanson, l'inspiration s'est renversée !

Bibliographie :

Liens : Escolo dóu Miejour, Dumas et Mireille, Emma CALVÉ, BNF/INRIA/INaLF/CNRS, ...

[Liste des chansons]
[Haut de page]

* La cansoun de la Coupo / La chanson de la Coupe Sainte > Voir page spéciale.

* Lou Cant dóu Soulèu / Le Chant du Soleil :

- Présentation de cette chanson : Écrite en juin 1861 et publiée dans "L'Armana Prouvençau" (p.34) en 1862 puis dans son oeuvre poétique intitulée "Lis Isclo d'Or" (section "Li cansoun" avec la traduction en français en regard) publiée en 1876. Cette marche est aussi simplement appelée "Bèu Soulèu".

- Musique : La mélodie sur laquelle Frédéric MISTRAL a composé son oeuvre est "Le Bivouac". Il s'agit d'une marche du compositeur allemand Friedrich-Wilhelm KUCKEN (1810-1882), auteur de lieder et de deux opéras, chef d'orchestre à Stuttgart de 1851 à 1861.

- Paroles : Ce chant, composé de cinq quatrains d'heptasyllabes, est une ode au soleil, image de la Provence, et à ses pouvoirs... F.MISTRAL a dédié ces paroles à L'Orphéon d'Avignon (ensemble musical qui le popularisa).

Version originelle de Frédéric MISTRAL :
(en provençal, graphie mistralienne)

1. Grand soulèu de la Prouvènço,
Gai coumpaire dóu mistrau, (bis)
Tu qu’escoules la Durènço
Coume un flot de vin de Crau,

REFRIN :
Fai lusi toun blound calèu !
Coucho l’oumbro emai li flèu !
Lèu ! lèu ! lèu ! (ter)
Fai te vèire, bèu soulèu !
(bis)

2. Ta flamado nous grasiho,
E pamens, vèngue l’estiéu, (bis)
Avignoun, Arle e Marsiho
Te reçaupon coume un diéu !

REFRIN

3. Pèr te vèire, li piboulo
Sèmpre escalon que plus aut, (bis)
E la pauro berigoulo
Sort au pèd dóu panicaut.

REFRIN ?

4. Lou soulèu, ami, coungreio
Lou travai e li cansoun, (bis)
E l’amour de la patrìo,
E sa douço languisoun.

REFRIN

5. Lou soulèu fai lume au mounde
E lou tèn caud e sadou... (bis)
Diéu nous garde que s’escounde,
Car sarié la fin de tout !

REFRIN

Traduction en français :

1. Grand soleil de la Provence,
Gai compère du mistral,
Toi qui taris la Durance
Comme un flot de vin de Crau,

REFRAIN :
Fais briller ta blonde lampe (à huile) !
Chasse l'ombre et les fléaux !
Vite ! vite ! vite !
Montre-toi, beau soleil !

2. Ta flamme nous rôtit,
Et pourtant, vienne l'été,
Avignon, Arles et Marseille,
Te reçoivent comme un dieu !

REFRAIN

3. Pour te voir, les peupliers
Montent de plus en plus haut,
Et le pauvre agaric
Sort au pied du charbon.

REFRAIN

4. Le soleil, amis, procrée
Le travail et les chansons,
Et l'amour de la patrie,
Et sa douce nostalgie.

REFRAIN

5. Le soleil éclaire le monde
Et le chauffe et le nourrit...
Dieu nous garde qu'il se cache !
Car ce serait la fin de tout !

REFRAIN

[Liste des chansons]
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* Lou Renegat / Le Renégat :

- Présentation de cette chanson : Signée : "Lou dous d’avoust 1863", c'est-à-dire le 02/08/1863.
Dédiée à "A-n-Ansèume Ricard, proufessour de francès à l’Universita de Prague." (À Anselme RICARD, professeur de français à l'université de Prague).
Publiée en 1864 dans "L'Armana Prouvençau" puis dans le recueil poétique "Lis Isclo d'Or", d'abord dans la section "Li Roumanso" (Les Romances) de l'édition originale de 1876 puis dans la section "Li Cansoun" de l'édition éditée en 1889.

- Musique / Mélodie : La mélodie aurait été composée par Gabriel SAINT-RENÉ-TAILLANDIER (1861-1931), élève de César FRANCK qui résida à Saint-Rémy de Provence ...

- Paroles : Jusqu'à la prise d'Alger de , les côtes méditerranéennes étaient en effet très souvent victimes de razzias effectuées par les corsaires turcs ...

Version originelle de Frédéric MISTRAL :
(en provençal, graphie mistralienne)

I.
Jan de Gounfaroun, pres pèr de coursàri,
Dins li Janissàri
Sèt an a servi :
Fau, encò di Turc, avè la coudeno
Facho à la cadeno
Emai au rouvi.

REFRIN :
Béure l’alegresso
Em’uno mestresso
Es de Mahoumet la felecita ;
Mai sus la mountagno
Manja de castagno
Vau mai que l’amour sènso liberta.

Jan de Gounfaroun perdeguè paciènci,
E de sa counsciènci
Faguè bon marcat ...
Ah ! perdounas-ié, Segnour adourable !
Aquéu miserable
Es un renegat !

REFRIN

Jan de Gounfaroun lèu faguè fourtuno,
Car la Miejo-Luno
I fourban sourris ;
E coupè de còu, belèu mai de milo.
E brulè de vilo
Coume un antecrist.

REFRIN

II.
Dison qu’en estènt generau d’armado,
La tèsto enramado
Emé de lausié,
La fiho dóu réi, poulido e courouso,
E d’éu amourouso,
Un jour ié disié :

« REFRIN »

« Ai dins moun jardin uno verdo teso :
L’auro pounenteso
Ié canto à l’entour,
L’aureto de mar, l’auro fresqueirouso,
Que di tuberouso
Escampo l’óudour.

REFRIN

« I’a, souto la teso, un banquet de mabre
Contro un argelabre :
Te i’ espère aniue.
Iéu te mandarai moun vièi esclau negre :
N’as que de lou segre
En barrant lis iue. »

REFRIN

III.
Quau vous a pas di qu’estènt à l’espèro
De l’ouro prouspèro
Sus lou ribeirés,
Jan, d’un bastimen preste au descampage
Entènd l’equipage
Canta marsihés :

« REFRIN »

Coume l’aigo gisclo, à-n-un cop de remo,
Un flot de lagremo
Crèbo soun cor dur ;
Lou despatria pènso á la patrio.
E se desvario
D’èstre emé li Turc.

REFRIN

E sèns demanda quant vau ni quantcosto,
Vitamen acosto
Lou pichot lahut ;
E laisso la bello à soun banc de mabre,
Lou turban, lou sabre,
E tout lou bahut.

REFRIN

Pièi, coume partié, dre sus la tartano :
« Adiéu , ma sultano !
Diguè lou fena ;
As fa’n paradis de moun purgatòri,
Mai, dóu languitòri,
Me fau enana ».

REFRIN

Car nosto Prouvènço es talamen bello
Que se la rapello
Tau que noun lou crèi ;
Nous amourousis e nous descounsolo,
Levant de cassolo
Li fiho de rèi.

REFRIN

Traduction en français :

I.
Jean de Gonfaron, pris par des corsaires,
Dans les Janissaires
A servi sept ans :
Il faut chez les Turcs, avoir la peau
Faite à la chaîne
Et à la rouille.

REFRAIN :
Boire l'allégresse
Avec une amie
Est de Mahomet la félicité ;
Mais sur la montagne
Manger des chataîgnes
Vaut mieux que l'amour sans la liberté.

Jean de Gonfaron perdit patience
Et de sa conscience
Il fit bon marché ...
Ah ! Pardonnez-lui, Seigneur adorable !
Ce malheureux
Est un "renégat" (A renié sa foi) !

REFRAIN

Jean de Gonfaron fit bientôt fortune
Car le Croissant de lune
Sourit aux forbans ;
Et il coupa des cous, peut-être plus de mille.
Et il brûla des villes
Comme un Antéchrist.

REFRAIN

II.
On dit qu'en étant général d'armée,
Un laurier feuillu
Ombrageant sa tête,
La fille du roi, jolie et brillante,
Et éprise de lui,
Lui disait un jour :

« REFRAIN »

« J'ai dans mon jardin une verte allée ;
Le vent d'Occident
Y chante à l'entour,
Le vent de la mer, la fraîche brise,
Qui des tubéreuses
épanche l'odeur.

REFRAIN

« Il y a sous l'allée un siège de marbre
Au près d'un érable :
Ce soir, je t'y attends.
Moi, je t'enverrai mon vieil esclave noir :
Tu n'as qu'à le suivre,
En fermant les yeux. »

REFRAIN

III.
Or, croiriez-vous qu'étant à l'affût
De l'heure prospère
Sur le rivage,
Jean, d'un bâtiment, prêt à lever l'ancre,
Entend l'équipage
Chanter marseillais :

« REFRAIN »

Comme l'eau jaillit à un coup de rame,
Un flot de larmes
Crève son coeur dur ;
L'expatrié pense à la patrie,
Et troublé se reproche
D'être avec les Turcs.

REFRAIN

Et sans considérer à quel prix le départ,
Il accoste vite
Le petit navire ;
Et il laisse sa belle à son banc de marbre,
Le turban, le sabre,
Et tout l'attirail.

REFRAIN

Puis, comme il partait, debout sur la tartane
« Adieu ma sultane !
Dit le sacripant.
Tu as fait un paradis de mon purgatoire,
Mais de nostalgie
Il faut que je m'en aille ».

REFRAIN

Car notre Provence est tellement belle
Que s'en ressouvient
Tel qui ne le croit ;
Elle nous remplit d'amour et de larmes,
Et supplante même
Les filles de roi.

REFRAIN

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* Lou galerian / Le chant des galériens :

- Musique : Air populaire provençal.
Tempo : Andantino
6/8

- Paroles de F.MISTRAL : Publiées dans "La Rèino Jano" (1880 ou 90 ?) Acte IV ...

Version originelle de Frédéric MISTRAL :
(en provençal, graphie mistralienne)

Iéu ause amount lou gau
Que canto sus lou tèume :
Adiéu, patroun Sigau,
Lou brande de Sant-Èume !

Lou gau o noun lou gau,
Fasen coume se l'èro,
Lanliro, lanlèro,
E vogo la galèro !

Traduction en français :

Moi, j'entends le coq là-haut
Qui chante sur
À Dieu, patron

Le coq ou pas le coq,
Nous faisons comme si c'était lui,
L
Et navigue la galère !

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* La roumanço dóu page / La romance du page :

- Musique : Air populaire provençal.
Tempo : Allegretto moderato
2/4

- Paroles de F.MISTRAL : Publiées dans "La Rèino Jano" (1880) Acte II ...

Version originelle de Frédéric MISTRAL :
(en provençal, graphie mistralienne)

Au camin dis amourous,
Au camin dis amourous,
Un ié perd, l'autre ié gagno, Que regrêt !
Jamai digues toun secrèt.

Traduction en français :

Sur le chemin des amoureux,
Sur le chemin des amoureux,
Un y perd, l'autre y gagne, Quel regrêt !
Jamais

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* Tan patatan, lou chat de l'oustalado / Le chat de la maison :

- Présentation de cette chanson : Chanson traditionnelle populaire catalane. Appelée généralement "Tan patatan", elle a été renommée "Lou Chat de l'Oustalado".

- Musique / Mélodie : Air populaire.

- Paroles : Traduites du Catalan de Francis MATHIEU par Frédéric MISTRAL en Arles, en juin 1908. Cette chanson est alors devenue une cantinelle pour l'éducation des enfants provençaux.

Version originelle de Frédéric MISTRAL :
(en provençal, graphie mistralienne)

COUBLET N°1 :
- Que dounaren au chat de l'oustalado ?
Que dounaren pèr que dorme l'enfant ?
- De noste endré fau ié douna 'no bailo
Pèr l'abari 'mé 'n la de païsan.

REFRIN :
- Tan, patatan, que li figo soun verdo !
- Tan, patatan, mai s'amaduraran.


COUBLET N°2 :
- Que dounaren au chat de l'oustalado ?
Que dounaren, pèr que noun ploure tant ?
- Dounen-ié lèu nòsti cansoun tant douço,
Quau mai soun vièo, au-mai bono saran ;

AU REFRIN

COUBLET N°3 :
- Que dounaren au chat de l'oustalado ?
Que dounaren lou jour dóu batejat ?
- Dounen-ié 'n noum di sant se nosto terro,
Noun que si grand agon deja pourta.

AU REFRIN

COUBLET N°4 :
- Que dounaren au chat de l'oustalado ?
Que dounaren que posque i'agrada ?
- Dounen-ié lèu quàuqui bèlli sourneto :
Proun, emai mai, la bailo n'en saubra.

AU REFRIN

COUBLET N°5 :
- Que dounaren au chat de l'oustalado ?
Que dounaren de bèu pèr i'ensigna ?
- Dounen-ié li preguiero de sa maire ;
D'autre lengage n'en sache pas cap.

AU REFRIN

COUBLET N°6 :
- Que n'en faren, dóu chat de l'oustalado ?
Que n'en faren, un cop que sara grand ?
- Un prouvençau amourous de sa lengo,
Que la patrìo bouie dins soun sang.

Traduction en français :

COUPLET N°1 :
- Que donnera-t-on au chat (l'enfant) de la maison ?
Que donnerons-nous pour que dorme l'enfant ?
- De notre endroit, il faut lui donner une
Pour l'a avec un lait de paysan.

REFRAIN :
- Tan, patatan, que les figues sont vertes !
- Tan, patatan, mais elles mûriront.

COUPLET N°2 :
- Que donnera-t-on au petit enfant de la maison ?
Que donnerons-nous pour qu'il ne pleure pas tant ?
- Donnons-lui vite nos chansons si douces,
Que

AU REFRAIN

COUPLET N°3 :
- Que donnera-t-on au petit enfant de la maison ?
Que donnerons-nous le jour du battage ?
- Donnons-lui un nom des saints de notre terre,
Nom que ses ancêtres aient déjà porté.

AU REFRAIN

COUPLET N°4 :
- Que donnera-t-on au petit enfant de la maison ?
Que donnerons-nous qui puisse lui plaire ?
- Donnons-lui vite quelques belles sornettes :
Assez, et même plus, la nourrice en saura.

AU REFRAIN

COUPLET N°5 :
- Que donnera-t-on au petit enfant de la maison ?
Que donnerons-nous de beau pour lui enseigner ?
- Donnons-lui les prières de sa mère ;
D'autres langages qu'il ne sache pas encore.

AU REFRAIN

COUPLET N°6 :
- Qu'en ferons-nous du petit enfant de la maison ?
Que donnerons-nous, une fois qu'il sera grand ?
- Un Provençal amoureux de sa langue,
Que la patrie bouille dans son sang.

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* Lt / Lt :

- Présentation de cette chanson : S.

- Musique / Mélodie : L...

- Paroles : J...

Version originelle de Frédéric MISTRAL :
(en provençal, graphie mistralienne)

J.

REFRIN :
B.

Ja

REFRIN

P.

Traduction en français :

J.

REFRAIN :
B.

J !

REFRAIN

P.

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* La cansoun de Melusino / La chanson de Mélusine :

- Musique : Air populaire provençal, Mazurka.
Tempo : Moderato
3/4

- Paroles de F.MISTRAL : Publiées dans "La Rèino Jano" (1880) Acte III ...

Version originelle de Frédéric MISTRAL :
(en provençal, graphie mistralienne)

En capo cremesino,
D'acò i'a mai d'un an,
LA fado Melusino Regnavo a Lusignan.
Quand lou soulèu trecolo,
Iéu, amourous despièi,
M'abrive pèr la colo,
Ounte me sèmblo qu'èi.

Traduction en français :

M
Il y a de cela plus d'un an,
L
Quand le soleil
Moi, depuis amoureux,
Je m'
Où il me semble qu'

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* Tumulte :

- Musique : Air populaire provençal
6/8

- Paroles de F.MISTRAL : Publiées dans "La Rèino Jano" (1880 ou 90 ?) Acte V ...

Version originelle de Frédéric MISTRAL :
(en provençal, graphie mistralienne)

Coume es majestouso
Emé sa fierta !
E qu'es amistouso
Dins sa majesta !
Acò's la coulouno
De noste plusaut !
Es la Magalouno
Di vièi Prouvençau !

Traduction en français :

Comme elle est majestieuse
Avec sa fierté !
Et qu'elle est
Dans sa majesté !
C
De notre
C'est la
Des vieux provençaux !

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* Doléances :

- Musique : Air populaire provençal.
Tempo : Moderato
3/4

- Paroles de F.MISTRAL : Publiées dans "La Rèino Jano" (1880) Acte V ...

Version originelle de Frédéric MISTRAL :
(en provençal, graphie mistralienne)

Se ma rèino plouro,
Iéu vole ploura,
Veici la malo ouro,
Sian despoudera.
Emé vous, mestresso,
Iéu m'ère abari,
E, se me sias presso,
Autant vau mouri !

Traduction en français :

Si ma reine pleure,
Moi je veux pleurer,
Voici la mauvaise heure,
Nous sommes
Avec vous, maîtresse,
Moi je m'étais
Et, si vous me
Je vais autant mourir !

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* L'Amiradou / Le belvédère :

- Musique : L

- Paroles de F.MISTRAL : Publiées dans "Lis Isclo d'Or" (09/06/1877) Capitre III "Li Roumanso / Les Romances"

Version originelle de Frédéric MISTRAL :
(en provençal, graphie mistralienne)

1. Au castèu de Tarascoun, i’ a ’no rèino, i’ a ’no fado,
Au castèu de Tarascoun
I’a ’no fado que s’escound.

2. Aquéu que ié durbira la presoun ounte es clavado.
Aquéu que ié durbira,
Belèu elo l’amara.

3. Van veni tres chivalié pèr escalada li tourre,
Van veni tres chivalié,
Valerous, fièr e galié.

4. Lou proumié, l'an acana d’un clapas de pèiro au mourre ;
Lou segound, l'an acana ;
Lou tresen a debana.

5. Pièi desbarco un gros catau que barrulo la prunello,
Pièi desbarco un gros catau
Que trais l’or pèr lou lindau.

6. Ni pèr or ni pèr argènt a gagna la sentinello,
Ni pèr or ni pèr argènt
Se vèndon li bràvi gènt.

7. Sa mandorro dins la man, es vengu ’n pichot troubaire,
Sa mandorro dins la man,
Es vengu coume un amant.

8. A canta tout lou matin li prouësso de si paire,
A canta tout lou matin
Lou trelus dóu sang latin.

9. E la gàrdi dóu castéu, dóu plasé, demoro enclauso ;
E la porto dóu castèu
Laisso courre li pestèu.

10. E lou jouine troubadou canto, canto sènso pauso,
E lou jouine troubadou
Intro dins lou courredou.

11. Mai la fado que parèis ié fai signe de la segre,
Mai la fado que parèi
Lou saludo coume un rèi.

12. E, d’amour desparaula, dins lou grand escalié negre,
E, d’amour desparaula,
Mounton sènso se parla.

13. Quand soun au souleiadou, damount, à la bello cimo,
Quand soun au souleiadou,
Veson tout l’espandidou.

14. Veson lou linde arcounsèu de la creacioun sublimo,
Veson lou linde arcounsèu
Que sus terro fai lou cèu.

15. Veson dins li Segounau la meissoun que s’amaduro,
Veson dins li Segounau
Vanega radèu e nau.

16. Di jardin e di gara veson la marreladuro,
Di jardin e di gara
Li clausèu bèn laboura.

17. Veson li vièi mounumen de l’istòri de Prouvènço,
Veson li vièi mounumen
Emé soun ensignamen.

18. Veson bàrri emai castèu qu’an lacha pèr la defènso,
Veson bàrri emai castèu
Courouna li planestèu.

19. E la fado au troubadou : « Tè, vaqui, dis, moun reinage ! »
E la fado au troubadou
Mostro aquel amiradou.

20. « Tout acò, troubaire, es tiéu: te lou doune en apanage...
Tout acò, troubaire, es tiéu
Autant coume dóu bon Diéu.

21. « Car aquéu que saup legi dins lou libre que dardaio,
Car aquéu que saup legi
Subre tóuti dèu trachi.

22. « E tout ço que soun iue tèn, sènso ges paga de taio,
O, tout ço que soun iue tèn
A bèl èime i’ apartèn. »

9 de jun de 1877.

Traduction en français :

1. Au château de Tarascon, il y a une reine, une fée,
Au château de Tarascon,
Il y a une fée qui se cache.

2. Celui qui lui ouvrira la prison où elle est enfermée,
Celui qui lui ouvrira
Sera peut-être aimée d'elle.

3. Trois chevaliers vont venir pour escalader les tours,
Vont venir trois chevaliers,
Valeureux, fiers et gaillards.

4. Le premier est abattu d'un bloc de pierre à la face ;
Est abattu le deuxième ;
Le troisième est renversé.

5. Puis débarque un matador qui roule la prunelle,
Puis débarque un matador
Qui jette l'or par le seuil.

6. Ni or ni argent n'a gagné la sentinelle,
Ni pour de l'or ni pour de l'argent ;
Les braves gens ne se vendent pas.

7. Sa mandore dans la main, arrive un petit trouvère ;
Sa mandore dans la main,
Il est venu comme un amant.

8. Tout le matin, il a chanté les prouesses de ses pères
Tout le matin il a chanté
La splendeur du sang latin.

9. Et la garde du château, de plaisir, reste charmée ;
Et la garde du château
Laisse courir les pènes des serrures.

10. Et le jeune troubadour chante, chante sans relâche,
Et le jeune troubadour
Entre dans le corridor.

11. Mais la fée qui apparaît lui fait signe de la suivre,
Mais la fée qui apparaît
Le salue comme un roi.

12. Et tous deux muets d'amour, dans le grand escalier noir
Et, tous deux muets d'amour,
Montent sans se parler.

13. Lorsqu'ils sont sur la terrasse, là-haut à la belle cime,
Lorsqu'ils sont sur la terrasse,
Ils voient l'étendue immense.

14. Ils voient le limpide arceau de la création sublime,
Ils voient le limpide arceau
Que le ciel fait sur Terre.

15. Ils voient, dans les Ségonnaux, la moisson qui mûrit
Ils voient, dans les Ségonnaux,
Naviguer radeaux et nefs.

16. Des guérets et des jardins, ils voient le plan en quinconce
Des guérets et des jardins
Les closeaux bien labourés.

17. Ils voient les vieux monuments de l'histoire de Provence
Ils voient les vieux monuments
Avec leur enseignement.

18. Ils voient remparts et châteaux qui ont lutté pour la défense
Ils voient remparts et châteaux
Couronner les terrains plats.

19. Et la fée dit au troubadour : "Tiens, voilà mon royaume !"
Et la fée au troubadour
Montre ce panorama.

20. « Tout cela est à toi, trouvère : Je te le donne en apanage ...
Tout cela est à toi, trouvère,
Autant qu'au bon Dieu.

21. Car celui qui sait lire dans le livre rayonnant,
Car celui qui sait lire
Doit croître au-dessus de tous.

22. Et tout ce que son oeil tient, sans payer aucun impôt,
Oui, tout ce que son oeil tient
Lui appartient sans mesure. »

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* La Cansoun dis Àvi / La chanson des Aïeux :

- Musique : La mélodie qui servit de support à Frédéric MISTRAL est constituée de deux airs populaires réunis par G.BORDES.
Le refrain provient d'une chanson languedocienne ayant pour titre "Mis amour" chantée par une arlésienne en 1900.
(...)

- Paroles de F.MISTRAL : Créées en 1906, publiées en 1907 dans "L'Armana Prouvençau" (p.17) puis en 1912 dans "Lis Óulivado" (recueil poétique de MISTRAL)

Version originelle de Frédéric MISTRAL :
(en provençal, graphie mistralienne)

1. Ounour à nòstis àvi
Tant sàvi, tant sàvi,
Ounour à nòstis àvi,
Qu'avèn pas couneigu !

REFRIN :
An viscu,
An tengu
Nosto lengo vivo ;
An Viscu,
An tengu
Tant coume an pouscu !


2. Soungen qu'avans-courrèire
Li rèire, li rèire,
Soungen qu'avans-courrèire
Pèr nautre, an courregu.

An viscu...

3. Soungen qu'an fa mirando,
E grando, e grando,
Soungen qu'an fa mirando,
Sus lou Rose fourcu.

An viscu...

4. S'avèn aquest terraire
0 fraire, o fraire,
S'avèn aquest terraire,
Es qu'éli l'an agu.

An viscu...

5. S'avèn lou vin de souco
En bouco, en bouco,
S'avèn lou vin de souco
Es lou vin qu'an begu.

An viscu...

6. E manjan la seisseto
Rousseto, rousseto
E manjan la seisseto
Di terro qu'an mougu.

An viscu...

7. E pèr nous douna l'òli,
Tant jòli, tant jòli,
E pèr nous douna l'òli,
Soun gàubi a fougu.

An viscu...

8. Tout ça qu'avèn de voio
Revoio, revoio
Tout ço qu'avèn de voio
D'éli nous es vengu.

An viscu...

9. Au tron de Diéu ferouge,
E rouge, e rouge,
Au tron de Diéu ferouge,
Toustèms an cresegu.

An viscu...

10. Tout ço que nous rènd libre,
Felibre, felibre,
Tout ço que nous rènd libre,
Lis àvi l'an vougu.

An viscu...

11. De joio e d'agradanço
I danso, i danso,
De joio e d'agradanço,
N'avien mai que d'escut.

An viscu...

12. La gràci, fiho gaio
Cascaio, cascaio
La gràci, fiho gaio,
N'a pas li det croucu.

An viscu...

13. Soun cant galoi e mounde
Au mounde, au mounde,
Soun cant galoi e rnounde
Long-tèms a prevaugu.

An viscu...

14. A Jano e Guihaumeto
Mameto, mameto,
A Jano e Guihaumeto
Tambèn an plasegu.

An viscu...

15. Mai d'abord que fai traço,
La raço, la raço,
Mai d'abord que fai traço,
Fasen noste degu.

An viscu...

16. Aparen lou repaire
Di paire, di paire,
Aparen lou repaire
Ounte nous an pascu.

An viscu...

17. Urous lou que pòu viéure
Deliéure, deliéure,
Urous lou que pòu viéure
Aqui mounte es nascu !

An viscu...

18. Se plòu un jour o l'autre
Sus nautre, sus nautre,
Se plòu un jour o l'autre,
Sus éli a plougu !

An viscu...

Traduction en français :

1. Honneur à nos aïeux,
Si sages, si sages,
Honneur à nos aïeux,
Que nous n'avons pas connus !

REFRAIN :
Ils ont vécu,
Ils ont tenu
Vivante notre langue,
Ils ont vécu,
Ils ont tenu,
Autant qu'ils ont pu.

2. Songeons qu'avant-coureurs,
Les ancêtres, les anc^tres,
Songeons qu'avant-coureurs
Ils coururent pour nous.

REFRAIN

3. Et qu'ils ont fait merveille,
Grandement, grandement,
Et qu'ils ont fait merveille
Sur le Rhône fourchu.

REFRAIN

4. Si nous avons ce terroir,
Ô frères, ô frères,
Si nous avons ce terroir
C'est que les aïeux l'ont eu.

REFRAIN

5. Si nous avons le vin de cep
En bouche, en bouche,
Si nous avons le vin de cep,
C'est le vin qu'ils ont bu.

REFRAIN

6. Et nous mangeons le froment,
Rousseau, rousseau,
Et nous mangeons le froment
Des champs qu'ils défrichèrent.

REFRAIN

7. Et pour nous donner l'huile
Si jolie, si jolie,
Et pour nous donner l'huile
Il fallut leur adresse.

REFRAIN

8. Toutes nos énergies
Vivaces, vivaces,
Toutes nos énergies
Nous sont venues d'eux.

REFRAIN

9. Au "tonnerre de l'air" farouche
Et rouge, et rouge,
Au "tonnerre de l'air" farouche
Ils ont cru en tous temps.

REFRAIN

10. Tout ce qui nous rend libres,
Félibres, Félibres,
Tout ce qui nous rend libres,
Les aïeux l'ont voulu.

REFRAIN

11. De joie et de plaisir
Aux danses, aux danses,
De joie et de plaisir,
Ils en avaient plus que d'écus.

REFRAIN

12. La Grâce, fille gaie,
Gazouille, gazouille,
La Grâce, fille gaie,
N'a pas les doigts crochus.

REFRAIN

13. Leur chant joyeux et pur,
Au monde, au monde,
Leur chant joyeux et pur,
Longtemps a prévalu.

REFRAIN

14. À Jeanne et Guillaumette,
Nos mères, nos mères,
À Jeanne et Guillaumette,
Ils ont plu tout de même.

REFRAIN

15. Mais puisqu'elle fait trace,
La race, la race,
Mais puisqu'elle fait trace,
Faisons notre devoir.

REFRAIN

16. Défendons la patrie
Des pères, des pères,
Défendons la patrie
Où l'on nous éleva.

REFRAIN

17. Heureux donc qui peut vivre
Indépendant, indépendant,
Heureux donc qui peut vivre
Là où il est né !

REFRAIN

18. S'il pleut un jour ou l'autre
Sur nous, sur nous,
S'il pleut un jour ou l'autre,
Sur eux il plut aussi !

REFRAIN

[Liste des chansons]
[Haut de page]

* La Fèsto Vierginenco / La fête Parthénienne :

- Présentation de cette chanson : Cette chanson fut chantée le 04/04/1904 au théâtre antique d'Arles en l'honneur des jeunes filles qui avaient pris dans l'année le costume provençal et des communes où ce costume est en usage.

- Musique : Sur l'air des "Toundèire d'avé"

- Paroles de F.MISTRAL : Publiée dans "Lis Óulivado / Les Olivades" (1912)

Version originelle de Frédéric MISTRAL :
(en provençal, graphie mistralienne)

COUBLET 1 :
Canten la glòri
E l'ounour dóu païs
E sa belòri
Que tóuti rejouïs :
Li chato de quinge an,
Es lou fiò de Sant-Jan
Que briho sus l'autour
E fai lume à l'entour

COUBLET 2 :
O segnouresso
D’un pople renadiéu,
Sias li priéuresso
De la Fèsto de Diéu :
Capello en fichu blanc
E revesset galant
Soun li reiau simbèu
De voste brinde bèu.

COUBLET 3 :
Li Rouquetiero
Tènon la flour en man ;
Soun eiretiero
De l’Empèri Rouman.
Trenco-Taio, quand vòu,
Bandis tambèn soun vòu,
Soun vòu de perdigau
E de gaiard pougau.

COUBLET 4 :
Lis Auturenco
Soun fiho de Pallas
E proumierenco
Ournèron Arelas.
Mai Arle, grand lauroun,
Qu’abéuro l’enviroun,
En foro dóu valat
Escampo soun aflat.

COUBLET 5 :
Tarascounenco
Soun damo de castèu ;
Barbentanenco
Porton lou canestèu.
Bèu-Caire es farlouquet,
E sus lou front lisquet
De si calignairis
La denteleto ris.

COUBLET 6 :
Fiho d’Eirago
E de Castèu-Reinard,
Acò’s de frago
Espelido au cagnard. 
De Novo à Moulegés
Soun gènto coume ges ;
Cabano e Sant-Andiòu
Soun li rousset de l’iòu.

COUBLET 7 :
Bourboun, Sant-Pèire,
Verquiero e Rougnounas,
Tant lèu se vèire
Un pau lou bout dóu nas,
Emé lou ribanet
O lou cenchoun banet
Amon de se gansa
Pèr ana lèu dansa.

COUBLET 8 :
En Eigaliero
S’enauron li frisoun
E soun galiero
Li chato de Lançoun.
D’Ourgoun à Sant-Roumié
Lou biais es coustumié
D’aquéu poulit riban
Que pènjo de mié-pan.

COUBLET 9 :
Aquéli d’Istre,
De Grans, de Miramas,
Caucon lou sistre
Enjusquo à Sant-Chamas.
Lou sistre de la Crau
Que danso au vènt-terrau
Coungreio vers Seloun
Li chato à bèu mouloun.

COUBLET 10 :
Mouriés, Maussano,
Li Baus, lou Paradou
E Pelissano,
N’es un souleiadou.
D’un rai de Magali
Font-Vièio es embeli ;
Aureio a si mourroun,
Eiguiero a si tendroun.

COUBLET 11 :
Aurouns, Sant-Mitre,
Fos, Cournihoun, Gafan,
A flour de pitre
Li pichot ple se fan.
Camargo e Vacarés,
L’Aupiho emai lou Gres,
Au noble gaiardet
Podon manda li det.

COUBLET 12 :
Despièi Jarnegue,
Sant-Estève e Lansa,
Fin qu’au Vernegue
Sabon s’estigança :
De vèire aquéu fihan,
Lou grand Sant Safourian
Pire que si felen
N’en perd la tèsto en plen.

COUBLET 13 :
Chasque vilage
A si bello-de-Mai
Qu’entre avé l’age
Se pimpon mai-que-mai :
Senas e Lamanoun
N’an pres soun bon renoum ;
Alen e Malo-Mort
N’en gardon bon record.

COUBLET 14 :
Chasque dimenche,
Entre ausi lou trignoun ;
D’un cop de pienche,
Se quihoun lou tignoun ;
E delicious bouquet
De fièr bericouquet,
Pèu blound, castan o brun,
Embaimon lou clarun.

COUBLET 15 :
Di mas d’Argènso,
À Comb e Doumazan,
I’a’no recènso
De princesso dóu sang.
E toco, tambourin,
Valabrego e Mount-Frin
Mèino, Aramoun, Fournès,
Sargna tout acò n’es.

COUBLET 16 :
Jounquiero e Fourco,
Bello-Gardo tambèn,
À nosto dourgo
Se fardon, lou sabèn :
I’a que de li crida,
E fau pas óublida
Li Santenco eilavau
Que vendran à chivau.

COUBLET 17 :
Gravesounenco,
Chatouno dóu pessu,
E Maianenco
Emé l’estello au su,
Courrés au gai rampèu
Coumpli lou fin troupèu
Que vai representa
L’Arlatenco bèuta.

COUBLET 18 :
La couifo estrecho,
Mirèio la pourtè ;
Sa man adrecho
N’en couneissié l’estè.
Se voulès triounfla,
Chato, counservas-la ;
E voste pur velout,
O rèino, gardas-lou.

Traduction en français :

COUPLET 1 :
Chantons la gloire
Et l'honneur du pays
Et sa parure
Qui de tous fait la joie :
Les filles de quinze ans,
C'est le feu de Saint-Jean
Qui brille sur les cimes
Et éclaire alentour.

COUPLET 2 :
Ô souveraines
D'un peuple renaissant,
Vous êtes les prêtresses
De la fête de Dieu :
Chapelle en fichus blancs
Et cheveux galamment troussés
Sont les royaux symboles
De votre belle allure.

COUPLET 3 :
Celles de la Roquette
Tiennent en main la fleur ;
Ce sont les héritières
De l'Empire Romain.
Trinquetaille, quand il veut,
Lâche aussi sa volée,
Sa volée de perdreaux
Et d'anguilles superbes.

COUPLET 4 :
Celles de l'Auture
Sont filles de Pallas
Et, premières entre toutes, elles ornèrent Arelas ;
Mais Arles, grande source
Qui abreuve l'environ,
En dehors du fossé
Répand son inflkuence.

COUPLET 5 :
Tarasconaises
Sont dames de château ;
Barbentanaises
Portent la corbillon ;
Beaucaire est fashionable,
Et sur le front charmant
De ses filles nubiles
Rit un tour de dentelle.

COUPLET 6 :
Filles d'Eyragues
Et de Châteaurenard,
A
E
De Noves à Molégès
Sont charmantes comme
Cabannes et Saint-Andiol
Sont les

COUPLET 7 :
Boulbon, Saint-Pierre,
Verquières et Rognonas,
Sitôt se voir
Un peu le bout du nez,
Avec le ruban d'Arles
Ou le
Aiment de
Pour aller vite danser.

COUPLET 8 :
À Eygalières
Elles bouffent leurs bouclent ;
Et joviales
Sont les filles de Lançon.
D'Orgon à Saint-Rémy,
Régnante est la coutume
De ce joli ruban
Qui pend d'une main ouverte.

COUPLET 9 :
Celles d'Istres,
De Grans, de Miramas,
C
Jusqu'à Saint-Chamas.
Le
Qui danse a
C
Les filles à beau

COUPLET 10 :
Mouriès, Maussane,
Les Baux, le Paradou
Et Pélissane
Les versent au soleil.
D'un rayon de Magali
Font-Vieille est
Aur
E

COUPLET 11 :
Aurons, Saint-Mitre,
Fos, Cornillon, Cafan,
À fleur de sein
Les petits se font.
Camargue et Vacarès,
Les Alpilles et aussi le Grès,
Au noble
Peuvent

COUPLET 12 :
Depuis Jarnègue,
Sain
F
Savent
De voir
Le grand
Pire que ses
N'en perd complètement la tête.

COUPLET 13 :
Chaque village
A ses "belles de mai"
Qui aussitôt pubères,
Se parent à l'envi.
Sénas et Lamanon
En ont pris renommée ;
Alleins et Mallemort
En gardent bonne souvenance.

COUPLET 14 :
Chaque dimanche,
Au premier carillon, d'un coup de peigne
Elles relèvent leur chignon ;
Et, délicieux bouquet
De coiffures charmantes,
Cheveux blonds, châtains ou bruns,
Embaument la lumière.

COUPLET 15 :
Des mas d'Argense
À Combs et Domazan
C'est bien une revue
De princesses du sang.
Et tape, tambourin !
Valabrègue et Montfrin,
Meyne, Aramon, Fournès,
SArnhac, tout cela en est !

COUPLET 16 :
Jonquières et Fourques,
Et Bellegarde aussi,
À notre cruche
Font leur toilette, c'est connu :
Il n'y a qu'à les héler
Et ne pas oublier
Les Saintes-Maries, là-bas,
Qui viendront à cheval.

COUPLET 17 :
Gravesonaises,
Jeunes filles du
Et Maillan
Avec l'étoile du sud,
Courrez au gai
C
Qui va représenter
La beauté arlésienne.

COUPLET 18 :
La coiffe stricte,
Mireille la porta ;
Sa main adroite
En connaissait le style.
Voulez-vous triompher ?
Jeunes filles, conservez-la,
Et votre pur velours,
Ô reines, gardez-le !

[Liste des chansons]
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* La Cansoun dóu Païsan / La chanson du paysan :

- Musique : Air populaire des vendanges provençales pour les syndicats des paysans de Provence : "Veici la sesoun de l'autouno, Veici la sesoun dóu rasin."
Assez révolutionnaire ...

- Paroles de F.MISTRAL : Publiées dans "Lis Óulivado" (1912)

Version originelle de Frédéric MISTRAL :
(en provençal, graphie mistralienne)

COUBLET 1 :
Lou païsan, ounte que siegue,
Es lou cepoun de la nacioun ;
Auran bèu faire d'envencioun,
Fau que la terro se boulegue :
Tant que lou mounde noun aura pres fin,
Faudra que i'ague de pan e de vin.

COUBLET 2 :
Laisso-lèi courre vers la vilo,
Aquéli qu'an li costo en long :
A l'espitau veiras, moun bon,
Qu'à la fin tout acò defilo ;
Mai dins lou champ lou païsan es rèi
E cènt cop mai urous que noun se crèi.

COUBLET 3 :
Qu's que la passo mai galiero,
Mai libro que lou païsan ?
Quand lou soulèu crèmo lou sang,
Éu tout descaus danso sus l'iero ;
E dins l'ivèr, quand la nèu toumbo à flo,
De paio mouflo éu garnis sis esclop.

COUBLET 4 :
Li travaiaire de la terro
Se couchon d'ouro, quand soun las ;
De bon matin bouton coulas
E, quand sa bèsti se desferro,
Tout en passant davans lou manescau
Chimon la gouto e fan ferra tout caud.

COUBLET 5 :
Li païsan, nous fau tout saupre,
Counèisse au tèms em'au travai,
Counèisse quand la luno fai,
Quouro la terro pòu reçaupre
Un bon cóutu que fugue tempouriéu
Pèr la semenço e lou bèu blad de Diéu.

COUBLET 6 :
Li moussu passa sus la raco
Emé li marchand d'estampèu
Tambèn nous lèvon lou capèu
Pèr ié vira sa pouso-raco :
Mai, rebusa de si pater bourret,
Saupren un jour emplega nòsti dre.

COUBLET 7 :
Vèngue aquéu jour que, tóuti sage,
En sendicat saren uni,
Tóuti d'acord pèr manteni
Nosto Prouvènço e sis usage,
Li braguetian e li falibustié,
Ié counseian de chanja de mestié.

Traduction en français :

COUPLET 1 :
Le paysan, en tous pays,
Est le support de la nation ;
On aura beau chercher, beau inventer,
Il faut que se remue la terre :
Et, tant que le monde n'aura pas pris fin,
Il faut qu'il y ait et du pain et du vin.

COUPLET 2 :
Laisse-les courir vers la ville,
Ceux dont les côtes sont en long :
À l'hospice, mon bon, tu verras
Qu'à la fin tout cela défile ;
Mais aussi dans le champ le paysan est roi
Et cent fois plus heureux qu'on peut le croire.

COUPLET 3 :
Qui donc la passe plus joyeuse,
Plus libre, que le paysan ?
Quand le soleil brûle le sang,
Lui tout
Et dans l'hiver, quand la neige tombe à flot,
De paille

COUPLET 4 :
Les travailleurs et la terre,
Se couchent tôt, lorsqu'ils sont las ;
De bon matin
Et, quand leur bête
Tout en passant devant le
C tout chaud.

COUPLET 5 :
Les paysans, il nous faut tout savoir :
Connaître au temps et au travail,
Connaître la nouvelle lune
Et quand le sol peut recevoir
Une culture qui soit bonne et propice
Pour la semence et le beau blé de Dieu.

COUPLET 6 :
Aussi bien les messieurs râpés
Et certains faiseurs d'embarras
Parfois nous ôtent le chapeau
Pour nous atteler à leurs puits :
Mais, ravisés contre leurs patenôtres,
Un jour nous saurons employer nos droits.

COUPLET 7 :
Vienne ce jour où, tous sages,
En syndicat nous serons réunis,
Tous d'accord pour maintenir
Notre Provence et ses usages,
Les
Y conseillent de changer de métier.

[Liste des chansons]
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* Inne Gregau / Hymne :

- Musique : Musique de G. BOREL.

- Paroles de F.MISTRAL : Publiées dans "Lis Óulivado" (1912)

Version originelle de Frédéric MISTRAL :
(en provençal, graphie mistralienne)

1. S

REFRIN :
S

2.

REFRIN

3. L

Traduction en français :

1. N

REFRAIN :
N

2. E

REFRAIN

3. L

[Liste des chansons]
[Haut de page]

* Li noço de Fèlis GRAS / Les noces de Félix GRAS :

- Musique : Air du noël "Pèr noun langui long dóu camin" du 17ème siècle ...

- Paroles de F.MISTRAL : Publiées dans "Lis Isclo d'Or" en 28/05/1878 ...

Version originelle de Frédéric MISTRAL :
(en provençal, graphie mistralienne)

1. Contro lou Riau, à Sant-Roumiè,
I’ a ’no jouino bruneto
Que dins li prat, souto un poumié,
Cerco de campaneto.

REFRIN :
Canten l’amour, canten l’amour,
L’amour que nous marido !
Canten l’amour, l'amour, l'amour,
L’amour e sa flourido !

2. Vèn à passa ’n fièr meissounié,
Emé lou cor tout flame,
Que di mountagno s’envenié,
Brandant soun grand voulame.

REFRIN

3. Lou meissounié, tout espanta
De vèire aquelo bello,
Contro lou Riau s’es aplanta
E pièi se descapello.

REFRIN

4. Em’ acò lèu, tout sourrisènt,
Ié dis : « Bello mignoto,
Se vos que faguen sóuco ensèn,
Porge-me ta manoto.

REFRIN

5. Te menarai pereilalin
Ounte lou soulèu raio,
E dins li blad fougous e clin
Durbiren uno draio.

REFRIN

6. Iéu couparai, tu ligaras
La tousello caieto ;
De tèms en tèms pièi me faras
Béure à la gargaieto.

REFRIN

7. Meissounarai à plen dedau
Raioun e farfantello ;
Pièi jitarai dins toun faudau
Uno garbo d’estello.

REFRIN

8. La bello chato a respoundu :
« Fau lou dire à moun paire,
E belèu bèn te voudra tu,
Car vòu un acampaire. »

REFRIN

9. E tout acò s’acoumpliguè,
Tau qu’uno causo escricho :
Lou Felibrige flouriguè...
E ma cansoun es dicho.

REFRIN

22 de mai 1878.

Traduction en français :

1. Contr
Il y a une jeune brunette
Qui dans le pré, sous un pommier,
Cherche de

REFRAIN :
Chantons l'amour, chantons l'amour,
L'amour qui nous marie !
Chantons l'amour, chantons l'amour,
L'amour et sa

2. Vient à passer
Avec le
Qu
B

REFRAIN

3. Le
De
Contr
Et puis

REFRAIN

4. Avec
L
Si
P

REFRAIN

5.

REFRAIN

6. Moi je couperai, toi tu
La
De temps en temps puis tu me feras
Boire à la

REFRAIN

7. M
R
Puis
Une

REFRAIN

8. La belle fille a répondu :
« Il faut le dire à mon père,
Et peut-être bien
Car . »

REFRAIN

9. Et tout cela
T
Le félibrige
Et ma chanson

REFRAIN

[Liste des chansons]
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II) Chants félibréens :

* La Respelido / La Renaissance :

- Musique : L'air populaire d'origine inconnue, fut noté par Étienne JACQUIER (1843-1910) compositeur arlésien ...

- Paroles de F.MISTRAL : Chantée pour la premièe fois lors de la Sainte-Estelle de Maguelone le 27/05/1900, cette pièce sera publiée dans "L'Armana Prouvençau" de 1901 (p.33) puis intégrée dans "Lis Isclo d'Or" en 28/05/1878 et enfin dans le recueil "Lis Óulivado" (1912) ...

Version originelle de Frédéric MISTRAL :
(en provençal, graphie mistralienne)

1. Nautre en plen jour
Voulèn parla toujour
La lengo dóu Miejour ;
Vaqui lou Felibrige !
Nautre en plen jour
Voulèn parla toujour
La lengo dóu Miejour
Qu'acò 's lou dre majour.

REFRIN :
La maire Prouvènço qu'a batu l'aubado,
La maire Prouvènço que tèn lou drapèu,
L'a panca crebado,
La pèu
Dóu rampèu !

2. Fiéu animous
Dóu Lengadò famous,
Fasès giscla lou moust
De vòsti vigno fièro ...
Fiéu animous
Dóu Lengadò famous,
Fasès giscla lou moust
Di vigno de Limous.

REFRIN

3. Li bèu cousin
Dóu noble Limousin,
Vendrés entre vesin
Nous pourgi vosto ajudo,
Li bèu cousin
Dóu noble Limousin,
Vendrés entre vesin
Coupa nòsti rasin.

REFRIN

4. Li bon garçoun
E manjo-pastissoun,
Que sabès li cansoun
De la ciéuta Moundino,
Li bon garçoun
E manjo-pastissoun,
Que sabès li cansoun
Cantas à l'unissoun :

REFRIN

5. Li Cevenòu,
Rouergas, Carsinòu, ...
Planen e mountagnòu,
Veici la respelido !
Li Cevenòu,
Rouergas, Carsinòu, ...
Planen e mountagnòu,
Fau faire sang de nòu !

REFRIN

6. Li Cantalès,
Enfant di vièi Galès,
Fau bèn que davalès
Emé la carlamuso,
Li Cantalès,
Enfant di vièi Galès,
Fau bèn que davalès
E que nous regalès !

REFRIN

7. Anen, anen,
Li bràvi Dóufinen,
Au brande miejournen
Adusés vòsti drolo ;
Anen, anen,
Li bràvi Dóufinen,
Au brande miejournen
Venès, que li menen !

REFRIN

8. Brandin-brandant,
Gascoun e Givaudan,
Biarnés e Bigourdan,
Fasen la farandoulo ;
Brandin-brandant,
Gascoun e Givaudan,
Biarnés e Bigourdan,
Tóuti vous counvidan.

REFRIN

9. Nautre en plen jour
Voulèn parla toujour
La lengo dóu Miejour ;
Vaqui lou Felibrige !
Nautre en plen jour
Voulèn parla toujour
La lengo dóu Miejour
Qu'acò 's lou dre majour.

Traduction en français :

1. Nous autres, en plein jour,
Nous voulons parler toujours
La langue du Midi,
Voilà le Félibrige !
(...)
Car c'est le droit majeur.

REFRAIN :
La mère Provence qui a battu l'aubade,
La mère Provence qui tient le drapeau,
Ne l'a pas crevée encore,
La peau
Du rappel !

2. Fils courageux
Du Languedoc fameux,
Faites jaillir le moût
De vos vignes superbes,
(...)
Des vignes de Limoux.

REFRAIN

3. Les beaux cousins
Du noble Limousin,
Vous viendrez entre voisins
Nous donner votre aide,
(...)
Couper nos raisins.

REFRAIN

4. Les bons garçons
Mangeurs de petits pâtés,
Qui savez les chansons
De la cité raymondine,
(...)
Chantez à l'unisson :

REFRAIN

5. Les Cévenols,
Rouergats, Quercinois,
Gens de la plaine et des montagnes,
Voici la renaissance !
(...)
Il faut faire corps neuf !

REFRAIN

6. Les Cantaliens,
Enfants des vieux Gaulois,
Vous descendrez aussi
Avec la cornemuse,
(...)
Et nous régalerez.

REFRIN

7. Allons, allons,
Les braves Dauphinois,
Au branle du Midi
Amenez vos filles ;
(...)
Venez, que nous leur donnions la main !

REFRIN

8. Les bras ballants,
Gascons et Gévaudans,
Béarnais, Bigourdans,
Faisons la farandole ;
(...)
Nous vous convions tous.

REFRIN

9. Nous autres, en plein jour
Nous voulons parler toujours
La langue du Midi,
Voilà le Félibrige !
(...)
Car c'est le droit majeur. (NB : 9. idem que le 1.)

REFRAIN

[Liste des chansons]
[Haut de page]

* Lou cant di Felibre / Le chant des félibres :

- Musico / Musique : L ?

- Paraulo / Paroles : De F.MISTRAL. Créées en 1954 parues dans "Memòri e Raconte / Mémoires et récits" > "L’Almanach Provençal pour le Bel An de Dieu 1855 parut la même année avec ses cent douze pages. À la première, en belle place, tel qu’un trophée de victoire, notre Chant des Félibres exposait le programme de ce réveil de sève et de joie populaire". Sur la première page du premier exemplaire de l'Armana Prouvençau, se trouve les paroles de ce chant qui comporte 14 couplets ! C'est un chant d'amitié : "pèr afreira li felibre" (pour faire fraterniser les félibres) ; et un chant d'amour pour la langue provençale.

Version originelle de Frédéric MISTRAL :
(en provençal, graphie mistralienne)

Traduction en français :

COUBLET 1 :
Sian tout d’ami, sian tout de fraire,
Sian li cantaire dóu pais !
Tout enfantoun amo sa maire,
Tout auceloun amo soun nis :
Noste cèu blu, noste terraire,
Soun pèr nous-autre un paradis.

REFRIN :
Sian tout d’ami galoi e libre,
Que la Prouvènço nous fai gau ;
Es nàutri que sian li felibre,
Li gai felibre prouvençau !

2. En prouvençau ço que l’on pènso
Vèn sus li bouco eisadamen :
O douço lengo de Prouvènço,
Vaqui perqué fau que t’amen !
Sus li frejau de la Durènço
N’en fasèn vuei lou sarramen !

AU REFRIN : Sian tout d’ami, etc...

3. Li bouscarleto, de soun paire
Jamai óublidon lou piéuta ;
Lou roussignòu l’óublido gaire,
Ço que soun paire i’a canta ;
E lou parla de nòsti maire,
Poudrian nautre l’óublida ?

AU REFRIN

4. Enterin que li chatouneto
Danson au brut dóu tambourin,
Lou dimenche, souto l’oumbreto
D’uno figuiero vo d’un pin,
Aman de faire la gousteto
E de chourla ‘n flasquet de vin.

AU REFRIN

5. Alor, quand lou moust de la Nerto
Sautourlejo e ris dins lou got,
De la cansoun qu’a descuberto
Tre qu’un felibre a larga’n mot,
Tóuti li bouco soun duberto
E la cantan tóutis au cop.

AU REFRIN

6. Di chatouno escarrabihado
Aman lou rire enfantouli ;
E se quaucuno nous agrado,
Dins nòsti vers achatourli
Es pièi cantado e recantado
Emé de mot mai que poulit.

AU REFRIN

7. Quand li meissoun saran vengudo,
Se la sartan fregis souvènt,
Quand chaucharés vèsti cournudo,
Se lou rasin moustejo bèn,
E que vous faugue un pau d’ajudo,
I’anaren tóuti en courrènt.

AU REFRIN

8. Di farandoulo sian en tèsto ;
Pèr Sant Aloi turtan lou got ;
Quand fau lucha, quitan la vèsto;
Vèngue Sant Jan, sautan lou fiò ;
E pèr Calèndo, la grand fèsto,
Pausan ensèn lou cacho-fiò.

AU REFRIN

9. Quand au moulin se vèn desfaire,
Li sa d’óulivo, se vesès
D’agué besoun d’un barrejaire,
Poudès veni, sian toujour lèst :
Atrouvarés de galejaire
Qu’en ges de part n’i’ a panca dès.

AU REFRIN

10. Se ‘n cop fasès la castagnado,
Apereiça vers Sant Martin,
S’amas li conte de vihado,
Apelas-nous, bràvi vesin,
E vous n’en diren talo astiado
Que n’en rirés jusquo au matin.

AU REFRIN

11. Vous manco un priéu pèr vosto voto ?
Quouro que fugue, sian eici...
E vous, nouvieto cafinoto,
Un gai coublet vous fai plesi ?
Counvidas-nous: n’avèn, mignoto,
N’avèn pèr vous cènt de chausi.

AU REFRIN

12. Quouro que sagatés la trueio,
Manquessias pas de nous souna !
Quand s’atrouvèsse un jour de plueio,
Tendren la co pèr la sauna :
Un bon taioun de fricassueio,
I’a rèn de tau pèr bèn dina.

AU REFRIN

13. Fau que lou pople se satire ;
Toujour, pecaire, acò ‘s esta...
Eh! se jamai falié rèn dire,
N’i’aurié, bon goi, pèr ié peta !
Fau que n’i’’ague pèr lou fai rire,
Fau que n’i’ ague pèr ié canta !

Sian tout d’ami galoi e libre
Que la Prouvènço nous fai gau
Es nàutri que sian li felibre,
Li gai felibre prouvençau !

De la Grand Felibrairié de Font-Segugno
Li Felibre assembla lou 21 de mai 1854

COUPLET 1 :
Nous sommes tous des amis, nous sommes tous des frères,
Étant les chanteurs du pays !
Tout jeune enfant aime sa mère,
Tout oisillon aime son nid :
Notre ciel bleu, notre terroir
Sont, pour nous autres, un paradis.

REFRAIN :
Nous sommes tous des amis, joyeux et libres,
De la Provence tous épris,
C’est nous qui sommes les félibres,
Les gais félibres provençaux !

2. En provençal ce que l’on pense
Vient sur les lèvres aisément.
O douce langue de Provence,
Voilà pourquoi nous t’aimerons !
Sur les galets de la Durance
Nous le jurons tous aujourd’hui !

AU REFRAIN : Nous sommes tous des amis, etc...

3. Les fauvettes n’oublient jamais
Ce que leur gazouilla leur père,
Le rossignol ne l’oublie guère,
Ce que son père lui chanta ;
Et le langage de nos mères,
Pourrions-nous l’oublier, nous autres ?

AU REFRAIN

4. Cependant que les jouvencelles
Dansent au bruit du tambourin,
Le dimanche, à l’ombre légère,
A l’ombre d’un figuier, d’un pin,
Nous aimons à goûter ensemble,
A humer le vin d'un flacon.

AU REFRAIN

5. Alors, quand le moût de la Nerthe
Dans le verre sautille et rit,
De la chanson qu’il a trouvée
Dès qu’un félibre lance un mot,
Toutes les bouches sont ouvertes
Et nous chantons tous à la loi.

AU REFRAIN

6. Des jeunes filles sémillantes
Nous aimons le rire enfantin ;
Et, si quelqu’une nous agrée,
Dans nos vers de galanterie
Elle est chantée et rechantée
Avec des mots plus que jolis.

AU REFRAIN

7. Quand les moissons seront venues,
Si la poêle frit quelquefois,
Quand vous foulerez vos vendanges,
Si le suc du raisin foisonne
Et que vous ayez besoin d’aide,
Pour aider, nous y courrons tous.

AU REFRAIN

8. Nous conduisons les farandoles ;
A la Saint-Éloi, nous trinquons ;
S’il faut lutter, à bas la veste ;
De saint Jean nous sautons le feu ;
A la Noël, la grande fête,
Ensemble nous posons la Bûche.

AU REFRAIN

9. Dans le moulin lorsqu’on détrite
Les sacs d’olives, s’il vous faut
Des lurons pour pousser la barre,
Venez, nous sommes toujours prêts
Vous aurez là des gouailleurs comme
Il n’en est pas dix nulle part.

AU REFRAIN

10. Vienne la rôtie des châtaignes
Aux veillées de la Saint-Martin,
Si vous aimez les contes bleus,
Appelez-nous, voisins, voisines :
Nous vous en dirons des brochées
Dont vous rirez jusqu’au matin.

AU REFRAIN

11. A votre fête patronale
Faut-il des prieurs, nous voici...
Et vous, pimpantes mariées,
Voulez-vous un joyeux couplet ?
Conviez-nous: pour vous, mignonnes,
Nous en avons des cents au choix !

AU REFRAIN

12. Quand vous égorgerez la truie,
Ne manquez pas de faire signe !
Serait-ce par un jour de pluie,
Pour la saigner on lie la queue :
Un bon morceau de la fressure,
Rien de pareil pour bien dîner.

AU REFRAIN

13. Dans le travail le peuple ahane :
Ce fut, hélas! toujours ainsi...
Eh! s’il fallait toujours se taire,
Il y aurait de quoi crever !
Il en faut pour le faire rire,
Et il en faut pour lui chanter !

Tous des amis, joyeux et libres,
De la Provence tous épris,
C’est nous qui sommes les félibres,
Les gais félibres provençaux !

[Liste des chansons]
[Haut de page]

* Lou cinquantenàri dóu Felibrige / Le cinquantenaire du félibrige :

- Musique : Mélodie de Gilles DURAND datée de 1603.

- Paroles de F.MISTRAL : Publiées dans "Lis Óulivado" (1912)

Version originelle de Frédéric MISTRAL :
(en provençal, graphie mistralienne)

Traduction en français :

1. S

REFRIN :
S

2.

REFRIN

3. L

1. N

REFRAIN :
N

2. E

REFRAIN

3. L

[Liste des chansons]
[Haut de page]

* À la Raço Latino / À la "race" latine :

- Musique : NAGER

- Paroles de F.MISTRAL : Publiées dans "Lis Isclo d'or" (PÈÇO DICHO A MOUNT-PELIÉ, SUS LA PLAÇO DÓU PEIROU, LOU 25 DE MAI DE 1878 / Cette ode fut déclamée lors des jeux floraux de Montpellier de mai 1878 où le Roumain Vasile Alecsandri est couronné pour son Chant du Latin > 25/05/1878)

Version originelle de Frédéric MISTRAL :
(en provençal, graphie mistralienne)

Traduction en français :

REFRIN :
Aubouro-te, raço latino,
Souto la capo dóu soulèu !
Lou rasin brun boui dins la tino,
Lou vin de Diéu gisclara lèu.

COUBLET 1 :
Emé toun péu que se desnouso
A l’auro santo dóu Tabor,
Tu siés la raço lumenouso
Que viéu de joio e d’estrambord,
Tu siés la raço apoustoulico
Que sono li campano à brand :
Tu siés la troumpo que publico
E siés la man que trais lou gran.

AU REFRIN : Aubouro-te, raço latino, etc.

COUBLET 2 :
Ta lengo maire, aquéu grand flume
Que pèr sèt branco s’espandis,
Largant l’amour, largant lou lume
Coume un resson de Paradis,
Ta lengo d’or, fiho roumano
Dóu Pople-Rèi, es la cansoun
Que rediran li bouco umano,
Tant que lou Verbe aura resoun.

AU REFRIN

COUBLET 3 :
Toun sang ilustre, de tout caire,
Pèr la justiço a fa rajòu ;
Pereilalin ti navegaire
Soun ana querre un mounde nòu ;
Au batedis de sa pensado
As esclapa cènt cop ti rèi...
Ah! se noun ères divisado,
Quau poudrié vuei te faire lèi ?

AU REFRIN

COUBLET 4 :
A la belugo dis estello
Abrant lou mou de toun flambèu,
Dintre lou mabre e sus la telo
As encarna lou subre-bèu.
De l’art divin siés la patrìo,
E touto gràci vèn de tu :
Siés lou sourgènt de l’alegrìo
E siés l’eterno jouventu !

AU REFRIN

COUBLET 5 :
Di formo puro de ti femo
Li panteon se soun poupla ;
A ti triounfle, à ti lagremo
Tóuti li cor an barbela ;
Flouris la terro, quand fas flòri ;
De ti foulié cadun vèn fòu ;
E dins l’esclùssi de ta glòri
Sèmpre lou mounde a pourta dòu.

AU REFRIN

COUBLET 6 :
Ta lindo mar, la mar sereno
Ounte blanquejon li veissèu,
Friso à ti pèd sa molo areno
En miraiant l’azur dóu cèu.
Aquelo mar toujour risènto,
Diéu l’escampè de soun clarun
Coume la cencho trelusènto
Que dèu liga ti pople brun.

AU REFRIN

COUBLET 7 :
Sus ti coustiero souleiouso
Crèis l’óulivié,l'aubre de pas,
E de la vigno vertuiouso
S’enourgulisson ti campas :
Raço latino, en remembranço
De toun destin sèmpre courous,
Aubouro-te vers l’esperanço,
Afrairo-te souto la Crous !

REFRIN :
Aubouro-te, raço latino,
Souto la capo dóu soulèu !
Lou rasin brun boui dins la tino,
Lou vin de Diéu gisclara lèu.

REFRAIN :
N

COUPLET 1 :
N

AU REFRAIN

COUPLET 2 :
E

AU REFRAIN

COUPLET 3 :
L

AU REFRAIN

Enregistrements :
- CD "Trésors d'Occitanie" d'Armand MEFFRE (Aura, 1999 ; ISRC : FR79E9900090)
- CD "Provence - Polyphonies provençales" (World collection, Polygram, ASIN : B00004S6OK)
- DVD "Amo de moun Païs" par l'Ensemble Vocal Comtadin (2006)
[Liste des chansons]
[Haut de page]

IV) Chants religieux : (+ Voir page spéciale Messe en provençal)

* Lou Pater / Le Notre Père : (dans "Lis Isclo d'Or")

- Paroles de F.MISTRAL : Publiées dans "Lis Isclo d'or" (1878 ?)

- Musique : J

- Harmonisation pour choeur à 4 voix : Patrick de BELLEVILLE, Monique SARRADE

Version originelle de Frédéric MISTRAL :
(en provençal, graphie mistralienne)

COUBLET 1 :
Que toun noum se santifique,
Paire que siés dins lou cèu ;
Que toun règne pacefique
Sus la Terro vèngue lèu.

COUBLET 2 :
Que ta voulounta se fague
Eiçavau coum' eilamount ;
Que ta gràci vuei nous trague
Lou pan que nous fai besoun.

COUBLET 3 :
Coume perdounan, perdouno
Tóuti nòsti mancamen ;
E, pauras, quand nous pounchouno,
Gardo-nous dóu mau ! Amen.

Traduction en français :

COUPLET 1 :
Que ton nom soit sanctifié,
Père, toi qui es dans le ciel ;
Que ton règne pacifique
Sur la Terre vienne vite.

COUPLET 2 :
Que ta volonté soit faite
Ici-bas comme là-haut ;
Que ta Grâce aujourd'hui nous apporte
Le pain dont nous avons besoin.

COUPLET 3 :
Comme nous pardonnons, il pardonne
Tous nos manquements ;
Et, pauvres de nous, quand il nous pique,
Garde-nous du mal ! Amen.

* Miserere :

- Musique : FAURY

- Paroles de F.MISTRAL : Publiées dans "Lis Isclo d'or" (1878 ?)

- Harmonisation pour choeur à 4 voix : Monique SARRADE

Version originelle de Frédéric MISTRAL :
(en provençal, graphie mistralienne)

COUBLET 1 :
O moun Diéu aguès pecaire !
Misericòrdi pèr iéu,
Car sias bon e perdounaire,
Mai que mai O Segne Diéu. (bis)

REFRIN :
Perdounas vòstis enfant,
Que noun sabon ço que fan,
Perdounas vòstis enfant,
Que noun sabon ço que fan.

COUBLET 2 :
De tant d’amo repentido
Vous qu’avès agu pieta
De moun cor e de ma vido
Escafas l’iniquita. (bis)

COUBLET 3 :
Rendes-me la douço joio
Que restauro li malaut
E reviscoulas ma voio
Emé l’esperit d’en aut. (bis)

COUBLET 4 :
À Sioun, Diéu salutàri
Douno ta benedicioun !
Rebatisse nòsti bàrri
Sus la colo de Sioun. (bis)

Traduction en français :

COUPLET 1 :
Ô mon Dieu ayez pitié !
Miséricorde pour moi,
Car vous êtes bon et vous pardonnez,
Plus que plus Ô Seigneur Dieu. (bis)

REFRAIN :
Pardonnez vos enfants,
Qui ne savent pas ce qu’ils font,
Pardonnez vos enfants,
Qui ne savent pas ce qu’ils font.

COUPLET 2 :
De tant d’âmes repenties
Vous qui avez eu pitié
De mon cœur et de ma vie
Vous avez effacé l’iniquité. (bis)

COUPLET 3 :
Rendez-moi la douce joie
Qui guérit tous les malades
Et restaurez mon chemin
Avec l’esprit d’en haut. (bis)

COUPLET 4 :
À Sion, Dieu salutaire
Donne ta bénédiction !
Rebâtis nos remparts
Sur la colline de Sion. (bis)

* Magnificat :

- Musique : Joseph HAYDN

- Paroles de F.MISTRAL : P

Version originelle de Frédéric MISTRAL :
(en provençal, graphie mistralienne)

COUBLET 1 :
Moun amo canto e glourifico
Li grand miracle dóu Segnour,
Moun esperit qu’éu santifico
A trefouli dins soun amour.

COUBLET 2 :
De sa servanto vergougnouso
A regarda la basso man :
Vaqui perqué « la Benurouso »
Tóuti li pople me diran.

COUBLET 3 :
A fa pèr iéu de gràndi causo
Lou pouderous qu’es eilamount
Vaqui perqué ma voues lou lauso
Sant e mai Sant fugue soun noum.

COUBLET 4 :
Car a proumès à nòsti paire
À-n-Abraham à si felen
Que se fara noste sauvaire
E dins li siècle eternamen.

Traduction en français :

COUPLET 1 :
Mon âme chante et glorifie
Les grands miracles du Seigneur,
Mon esprit qui lui sanctifie,
A tressailli dans son amour.

COUPLET 2 :
De sa servante honteuse
Il a regardé la « basse main »
Voici pourquoi la « bien heureuse »
Tous les peuples me diront.

COUPLET 3 :
Il a fait pour moi de grandes choses
Le puissant qui est là-haut
Voilà pourquoi ma voix le loue
Saint et plus que Saint fût son nom.

COUPLET 4 :
Car il a promis à notre père
À Abraham, à ses petits-enfants
Qu’il se fera notre sauveur
Et dans les siècles, éternellement.

* Prouvençau e catouli / Provençaux et catholiques :

Également appelée : "À Nosto Damo de Prouvènço" (1875).
Contrairement à ce qu'on dit, ce chant n'est pas de F.MISTRAL !

Médaillon avec "Prouvençau e catouli nosto fe n'a pas fali".

- Paroles : Malachie FRIZET / Malaquio FRIZET (03/11/1849-28/10/1909) est né à Pernes dans la grande maison du Cours qui porte le nom de son père, Charles. Tout en faisant son droit à l'Université d'Aix-en-Provence, ce passionné de poésie provençale fréquente tous les Félibres et en particulier Frédéric MISTRAL qui le nourrit de ses œuvres. En 1877, il devient secrétaire de rédaction au journal félibréen « Lou Prouvençau » et fait preuve de grande qualité quant à la rigueur de l'écriture mais aussi comme prosateur. M.FRIZET devient également un poète exquis qui n'a laissé que peu d'œuvres. Il devient célèbre grâce à son cantique « Prouvençau e Catouli », de son véritable titre « Cantique à Notre-Dame de Provence ». Grâce à ce cantique écrit pour l'inauguration de la chapelle élevée à Notre-Dame de Provence à Forcalquier en 1875, Malachie FRIZET eut le premier prix et reçut une fleur d'or des mains de F.MISTRAL. Il ne la garde pas pour lui mais « en fit l'hommage pieux à la Vierge en l'accrochant au manteau bleu de la statue ». F.MISTRAL, T.AUBANEL et J.ROUMANILLE assistent à la cérémonie, puis aux jeux floraux. M.FRIZET devait quitter Aix-en-Provence pour entrer dans la Magistrature, juge suppléant à Tarascon. Or ce grand succès populaire marque la fin de sa carrière de poète/juge et le démarrage, pour M.FRIZET, d'une remarquable carrière de journaliste à Montpellier. En 1883, il devient rédacteur en chef du journal royaliste « L'Eclair » pendant 25 ans.

- Musique : Le grand succès du jour d'inauguration de la chapelle Notre-Dame de Provence à Forcalquier en 1875, fut le cantique, pour lequel, (Georges ???) GRANIER, Conseiller à la Cour d'Appel d'Aix-en-Provence, avait composé une musique fort entrainante. Le cantique accompagné par la musique du 112ème de ligne fut chanté par la foule et connut là un succès qui ne s'est jamais démenti.

Version originelle de Frédéric MISTRAL :
(en provençal, graphie mistralienne)

1. La Prouvènço te suplico
Dins soun vièi e dous parla,
La Prouvènço es catoulico ;
Nosto-Damo, escouto-la !

REFRIN :
Prouvençau e catouli,
Nosto fe, nosto fe n'a pas fali ;
Canten, tóuti trefouli,
Prouvençau e catouli !

2. Autre-tèms devers Toulouso
Quand l'aurige se levè,
D'uno fin espetaclouso
Toun rousàri nous sauvè.

3. Li felen, coume li rèire,
Te saran toujour fidèu ;
Creiren tout ço qu'es de crèire
E viéuren coume se dèu.

4. Nòsti fiéu, o bono Maire,
Gardo-lèi di faus savènt ;
Manten-ié la fe di paire,
Car s'aubouro un marrit vènt !

5. Se dóu nord l'auro glaçado
Sus si champ vèn mai boufa,
S'armaren pèr la crousado
Vers l'autar que t'avèn fa.

6. Mai esvarto tron e guerro
Liuen di paire, liuen di fiéu
E flourigue nosto terro
Dins la douço pas de Diéu.

7. Sousto adounc, o Ciéutadello,
Tóuti li generacioun ;
Pièi acampo o Rèino bello
Tout toun pople dins Sioun.

Traduction en français :

1. La Provence te supplie
Dans son vieux et doux parler,
La Provence est catholique ;
Notre-Dame, écoute-la !

REFRAIN :
Provençaux et catholiques,
Notre foi, notre foi n'a pas fané (failli) ;
Chantons, tous fous de joie,
Provençaux et catholiques !

2. Autrefois vers Toulouse,
Quand la bourrasque se leva,
D’une fin spectaculaire
Ton rosaire nous sauva !

3. Les petits enfants, comme les aïeux,
Te seront toujours fidèles ;
Nous croirons tout ce qu'il faut croire
Et vivrons comme il se doit.

4. Nos fils, ô Bonne-Mère,
Garde-les des faux savoirs ;
Maintiens-leur la foi des Pères
Car se lève un mauvais vent !

5. Si du nord le vent glacé
Sur ses champs vient souffler
Nous nous armerons pour la croisade
Vers l’autel que nous t’avons fait.

6. Mais il détourne tonnerre et guerres
Loin des pères, loin des fils
Et fleurit notre terre
Dans la douce paix de Dieu.

7. Abrite donc, ô citadelle,
Toutes les générations ;
Puis réunis, ô belle Reine,
Tout ton peuple dans Sion (montagne de Jérusalem).

[Liste des chansons]
[Haut de page]


ANALYSE DE "COUPO DE MISTRAL" (Oeuvre de Thibaut PLANTEVIN 2004)

Écouter le fichier midi :

Cette oeuvre a été composée par Thibaut PLANTEVIN à l'occasion de la St Estelle qui a lieu le samedi 22 mai 2004 à Châteauneuf-de-Gadagne pour fêter le 100ème anniversaire du Prix Nobel de Frédéric MISTRAL et le 150ème anniversaire de la fondation du Félibrige > C'est donc une oeuvre basée sur toute une panoplie de symboles :

Pour Mistral :
Pour Thibaut :
7
9
7
4
5
11
  • Nombre de lettres :
    • MISTRAL ou mistrau
    • Frederi
    • Vincent
    • Galoubé
    • Felibre
  • Etoile à 7 branches
  • Les sept félibres fondateurs du Félibrige à Font-Ségugne étaient : Frédéric MISTRAL, Joseph ROUMANILLE, Théodore AUBANEL, Jean BRUNET, Paul GIERA, Anselme MATHIEU, Alphonse TAVAN.
  • Nombre de lettres :
    • Felibrige
    • Tambourin
    • Prouvènço
  • N
  • Nombre de lettres :
    • Thibaut
    • Lou Thib
    • symbole
    • MISTRAL, AUBANEL, MATHIEU
    • Ségugne
  • Mesure en 7 4
  • Nombre de mesures : 147 (14=2*7)
  • Nombre de notes : do, ré, mi, fa, sol, la, si
  • Interprété par 7 tambourinaires
  • Né en 1977
  • Nombre de lettres :
    • Font
    • Coup
  • Rythme swing à 4 temps
  • Nombre de mesures : 147
  • Hommage à BACH
  • Date : 1864, 1904, 22/05/2004,
  • Nombre de lettres :
    • Nobel
    • Temps
    • tempo
    • Coupo Santo
    • GIERA, TAVAN
  • Nombre de mesures : 147
  • Date :
    • 1904 > 5
    • 1864 + 1904 + 2004 > 1+5+6 soit 7 et 5 !
    • Mai <> 5
  • Les 5 piliers de l'Islam
  • 7 + 4 = 11
  • Nombre de lettres :
    • Felibrige=9 + 2 (mon chiffre porte bonheur)
    • Font-Ségugne = 4 + 7
  • 1 + 1 = 2 (mon chiffre porte-bonheur)

Cette pièce est composée de 4 mélodies différentes :

Instrument en détail : Galoubet n°1 > Recherche de difficulté technique ; Thibaut PLANTEVIN demande au tambourinaire de jouer des notes qui n'existent pas, ce sont des harmoniques forcées grâce à des doigtés spéciaux : si bécarre, do et ré bémol suraigu ...

Le texte rythmé :

COUPO DE MISTRAL

E / tout lou mounde dis / de boulega / boulega lou pèd ?
E / tout lou mounde dis / de bèn blaga / boulega lou bè ?
E / tout lou mounde dis / de boulega / boulega li det ?
E / tout lou mounde dis / de bèn jouga / ‘mé lou galoubet ?

E / tout lou mounde dis / degun pòu nous / coupa lou caquet !
E / tout lou mounde dis / boulegadis*/ fau garda la fe !
E / tout lou mounde dis / que lou païs / dèu garda si dre !
E / tout lou mounde dis / boulegas-vous / fau landa* tout dre !

* boulegadis : mouvement de contestation, manifestation, émeute.
* landa : courir, décamper.

NB : Cette pièce s'intitule COUPO DE MISTRAL en hommage à F.MISTRAL bien sûr mais aussi à M. FOUQUE, célèbre santonnier d'Aix-en-Provence, qui inventa le fameux santon de "Coup de Mistral" ...

+ PS : Ne pas confondre avec "Coup de Mistral" composé par Daniel BIMBI (Concerto pour Flûte et Orchestre d'Harmonie dédié à la flûtiste Sandrine MAGGIOLINO) . Ni avec "Coup 2 mistral / Coude Mistral" !

 

Liens / Liame :

Pour nous écrire / Pèr escriéure : >> N'hésitez pas à nous faire part de vos remarques ou des informations supplémentaires afin d'améliorer cette analyse...

À TRIER :

F.MISTRAL écrit dans ses "Mémoires et récits" : "Mon village, Maillane, en avant des Alpilles, tient le milieu de la plaine, une large et riche plaine, qu'en mémoire peut-être du consul Caïus Marius on nomme encore Le Caieou. (...)
Quoique nos voisins nous traitent de manjo-granouio
(mange-grenouilles), les Maillanais convinrent toujours que, sous la chape du soleil, il n'est pas de pays plus joli que le leur et, un jour qu'ils m'avaient demandé quelques couplets pour la chorale du village, voici les vers que je leur fis " :

Version originelle de Frédéric MISTRAL :
(en provençal, graphie mistralienne)

Maiano es bèu, Maiano agrado,
E se fai bèu toujour que mai ;
Maiano s'óublido jamai,
Car es l'ounour de l' encountrado
E tèn soun noum dóu mes de Mai.

Fugue à Paris e fugue à Roumo,
Pàuri couscri, rèn vous fai gau ;
Trouvas Maiano sènso egau ;
I'amarias mai manja 'no poumo
Que dins Paris un perdigau.

Nosto patrìo n'a pèr bàrri
Que li grand lèio de ciprès
Que Dieu pèr elo a facho esprès ;
E quand s'enauro un vènt countràri,
Tant soulamen brando lou brès.

Tout lou dimenche se caligno ;
Pièi au travai, sènso cala,
Se l'endeman se fau gibla,
Bevèn lou vin de nòsti vigno,
Manjan lou pan de nòsti blad.

Traduction en français :

Maillane est beau, Maillane plaît,
Et se fait beau de plus en plus ;
Maillane ne s'oublie jamais,
Il est l'honneur de la contrée
Et tient son nom du mois de Mai.

Que vous soyez à Paris ou à Rome,
Pauvres conscrits, rien ne vous charme ;
Maillane est pour vous sans pareil ;
Et vous aimeriez mieux y manger une pomme
Que dans Paris un perdreau.

Notre patrie n'a pour remparts
Que les grandes haies de cyprès
Que Dieu fit tout exprès pour elle ;
Et quand se lève le mistral,
Il ne fait que branler le berceau.

Tout le dimanche on fait l'amour ;
Puis au travail, sans trêve,
S'il faut le lendemain se ployer,
Nous buvons le vin de nos vignes,
Nous mangeons le pain de nos blés.


[Remonter]

© PLANTEVIN.